Le misainier de Porzh Riagat

porzh riagatPorzh Riagat

Porzh (port) Riagat, n’avait rien d’un port, c’était uniquement une petite anse entre les rochers de « Beg ar Guellec » et ceux de Karrek Kreiz » (la roche du milieu) qui servait d’abri aux chaloupes lorsque le vent soufflait du nord ouest ou du sud-ouest (suroit).

Le nom de Riagat est l’hagiotoponyme de « Ri » qui veut dire: Roi et de « Cat » : Combat.

Riagat signifierait « Combattant Royal ».

Au cinquième siècle, un abbé irlandais, « Saint Riagat » pris possession de cet endroit de côte sauvage (de nombreux ecclésiastiques irlandais vinrent s’installer dans le Finistère et le Morbihan chassés de leur pays d’origine). Plusieurs noms de villages découlèrent du nom de l’abbé, comme Léchiagat et Tréffiagat.

porzh riagat king

Aquarelle du Peintre Officiel de la Marine (POM) Michel King

Une source coulait au fond de cette anse, comme un don du ciel, et ce miracle fut aussitôt attribué à Saint Riagat. Les bigoudènes des quartiers de Pontruche et de la Palud venaient laver leurs linges sales (au sens propre comme au figuré) dans cette eau tout en « conchénant » (qui signifie en breton, discuter de choses et d’autres). La douceur de l’eau de la source permettait sans doute d’adoucir un peu les dissensions. Lorsque la mer montait trop haut le lavoir improvisé était pollué par l’eau de mer. L’eau saumâtre n’étant pas compatible avec une bonne lessive, les bigoudènes devaient tenir compte des heures de marée pour se rendre au lavoir de Porzh Riagat encore appelé Porzh ar Fuenten (le port de la fontaine). Plus tard, un muret fut édifié pour protéger le lavoir des marées et des tempêtes.

porzh riagat de nos joursAprès quelques jours de repos, Yann de Langoguen consacre l’essentiel de son temps à naviguer à la pêche aux crustacés sur les petites chaloupes qui sillonnent la côte.

Pendant ses moments de repos, à la faible lumière d’une lampe à pétrole, il effectue les croquis d’une chaloupe, pas n’importe laquelle, car ce sera la sienne. Il compte investir une bonne partie de l’argent qu’il a durement gagné au cours de ses campagnes en Amérique dans son propre bateau. Le reste servira à la construction d’une petite maison face à la mer sur un terrain que lui ont cédé ses parents.

Il commence par dessiner la quille qui aura une longueur de 7 mètres hors tout, d’un seul tenant.

A cette quille, Yann rajoute les couples, une étrave et un étambot. Il donne à l’étambot une inclinaison vers l’arrière de 30 degrés pour pouvoir y fixer un imposant gouvernail qui rendra la chaloupe très manœuvrante en réponse aux mouvements de la barre franche.

misainier (2)Il peaufine durant des jours et des jours ses croquis, jamais satisfait du résultat. Il se demande si le dessin de la barque sera un jour achevé.

Enfin, par une belle matinée de printemps, ses croquis sous le bras, Il se rend au lieu-dit le Ridou, chez Youen (Yvon) Morvan, le vieux charpentier de marine installé dans un modeste hangar sur une petite crique au milieu du Ster, bras de mer qui sépare la pointe de Larvor du petit port abri de Lez Koulin (Lesconil).

chantier ridou

le Ster au lieu dit le Ridou

Seul, il construit des barques et des canots marins avec autant d’amour que s’il les faisaient pour son besoin personnel.

photo corentin Draoulec

Youen examine les croquis, sans rien dire, en faisant de temps en temps des mouvements de tête. Yann est inquiet car il redoute un refus du charpentier.

Au bout d’un long silence qui semblait une éternité, celui ci accepte de construire cette chaloupe d’un nouveau type, à une seule condition qu’il apporte ses modifications personnelles.

Il dit: « nevez bag » (nouveau bateau), avec un seul mat à l’avant , une seule voile, sur une grande vergue, mais je veux bien essayer de le construire. »

Il demande à Yann quel nom il compte donner à ce type de bateau ?

Yann lui répond, qu’avec un seul mat de misaine, on l’appellera: « Misainier »

En ce qui concerne son nom de baptême, Yann lui dit qu’on verra plus tard, même s’il a une petite idée en tête.

Yann est tellement content qu’il ne discute même pas le prix demandé par Yvon Morvan. Il donne son feu vert pour la construction de son misainier.

Le charpentier va aussitôt choisir les bois de chêne stockés depuis des années derrière son modeste hangar.

Ayant trouvé une grosse pièce de plus de sept mètres qui correspond aux dimensions du futur misainier, il débute le découpage qui formera la quille en un seul tenant.

dessin de Corentin Draoulec

Yann, rassuré et heureux retourne  rassuré à Langoguen.

Il lui faudra patienter près d’une année avant de voir son misainier flotter sur le Steir puis devant les côtes d’Inizan à Goudoul.

En attendant ce jour, il embarque comme matelot sur les grandes barques qui pêchent le long des côtes.

Six mois se sont écoulés, Morvan le charpentier à maintenant terminé l’assemblage de la quille et des membrures. Le misainier prend forme, plus imposant qu’un canot et plus ventru qu’une chaloupe.Image1Yann, dans ses moments de répits entre deux marées, se rend au Ridou constater l’évolution de la construction de son bateau car il n’a qu’un seul souhait, tenir la barre de cette toute nouvelle unité, différente des embarcations de cette époque et qui suscite bien des curiosités.

Le bigouden est très conservateur, mais il est ouvert à toutes les innovations qui peuvent améliorer son mode de vie. Entre paysan et marin, il n’a pas encore fait le choix et s’accommode de cette vie de labeur. L’hiver il cultive on modeste champs de « patates » et l’été , il va poser ses filets ou ses casiers à homards le long des côtes.

L’été s’en est allé, les feuilles qui tombent sur le hangar du charpentier du Ster annoncent l’automne.

La construction du misainier de Yann est bien avancé. Les bordés ont été posés. L’imposant gouvernail à été fixé sur ses gonds et il répond correctement aux mouvement de sa barre franche.

Yann a effectué une première peinture de la coque. Peinture à base goudron chauffé appelé « coaltar » pour la partie immergée de la coque, les bordées seront de même couleur, noir d’ébène.

Le coaltar vient du mot anglais « coal » (charbon). le coaltar est un goudron de houille  de couleur marron à noir, très visqueux qui doit être chauffé pour le rendre plus liquide et applicable sous forme de peinture.

NB: depuis ces temps anciens, les peintures sous-marines à base de goudron ou de métaux lourds ont été bannies car nocives à l’environnement.

Les peintures des coques sont appelées antifouling. Le « fouling » est un phénomène de salissures  qui vient se fixer sur les parties immergées des navires (bactéries, algues, puis colonisation par des mollusques, bernacles, moules et le plus redouté pour les coques en bois ce sont les tarets).

Le taret est un mollusque « mangeur de bois » (xylophages).

taret

En creusant de longues et nombreuses galeries,les tarets occasionnent des dégâts considérables dans les coques en bois qui sont soumises au contact prolongé avec l’eau de mer.

Dès l’antiquité les hommes enduisaient de goudron les coques de leurs navires ce qui améliorait leur étanchéité mais limitait aussi l’attaque du bois par les tarets.

Durant l’hiver, les bateaux ne quittaient pas leur abri au fond du Steir. Les marins changeaient de métier pour redevenir paysans. Ils partaient leur bêche sur l’épaule retourner leurs petits lopins de terre pour y cultiver des pommes de terre, des carottes et les autres légumes qui poussaient dans ces terres sablonneuses. La pomme de terre était vraiment l’aliment de base de ces « paysans de la mer » qui ne concevaient pas un repas sans leurs « patates ».

Les coups de mauvais temps fréquents dès le début de l’automne, la mer déposait des tonnes de goémon sur les rochers et dans les criques. A Porz Riagat et à Langoguen, les bigoudennes avec leurs fourches « ar bac’h » halaient ces algues brunes vers la côte pour les faire sécher.

Corentine Quintric (Guénolé) en plein travail avec sa fourche

goémoniers

1.Corentin Guénolé halant le goémon avec sa fourche « ar bac’h » 2. Corentine Guénolé et Pierre Marie Quintric mes arrières grand-parents.

Ce goémon faisait un excellent engrais dans les champs. Brulés dans des fours rustiques en pierre, les algues étaient transformés en pain de soude.

La peinture du misainier entièrement terminée, il ne restait plus qu’à y graver le nom de chaque côté, à bâbord et tribord du tableau arrière.
Yann après maintes réflexions avait choisi comme nom de baptême, le prénom de son père « Jean Marie ».
En Bretagne, la plupart des familles étaient catholiques et ils avaient une véritable dévotion pour Marie la mère de Jésus à tel point qu’ils ajoutaient systématiquement ce prénom pour en faire un prénom composé ou épicène aussi bien pour les filles que pour les garçons. Les Jean-Marie, Louis-Marie et Pierre-Marie sont légion dans le Cap Caval. Marie provient de l’égyptien « Merit » ou « Mrit » qui signifie aimé et qui devint en araméen Myriam.

Au 18 ème siècle, il n’y avait pas encore d’obligation d’immatriculation des bateaux.

Cela viendra plus tard, à partir de 1848, les nouvelles unités devaient être enregistrés et donc recevoir un numéro de coque. Tous les bateaux du Cap Caval recevaient un numéro commençant par la lettre « Q » suivi d’un numéro d’ordre. « Q » pour la ville de Quimper, qui fut le siège du premier quartier maritime du Finistère Sud. Par la suite, tous les bateaux des différents ports du pays bigouden reçurent comme immatriculation le bi gramme « GV » qui correspondait au quartier maritime du Guilvinec.

Nous étions à la mi juin, en accord avec Youen Morvan le charpentier, la date de mise à l’eau fut décidée pour le 24 du mois, le jour de la Saint-Jean.

La Saint Jean était une importante fête dans ce bout, cette pointe du Finistère, car il marquait le début des moissons durant la période du solstice d’été. Pour ces mi paysans mi marins qui allaient à partir de cette date mettre fin au travail de la terre pour s’adonner aux récoltes de la mer.
La Saint-Jean était une fête païenne d’origine Celte, qui se préparait bien avant la date du solstice d’été vers le 21 juin.
Les jeunes ramassaient tout au long de la côte tout ce que la mer avait rejeté, les bois flottés, les objets divers qui étaient passés par-dessus bord lors de tempêtes. Le varech séché faisait également partie du combustible car en brûlant il pétaradait et dégageait une importante fumée.
Ils entassaient ces matériaux sur un rocher le long de la côte, le tas au fil du temps devenait de plus en plus imposant. Les prénommés « Jean » étaient les organisateurs de ces amoncellements qui seraient mis à feu après le coucher du soleil le 24 juin. Une véritable compétition s’instaurait entre les « Jean » pour connaître celui qui aurait le plus imposant des feux.

Dans l’anse de Langoguen, deux bûchers était en préparation.
Le premier sur un rocher plat que la mer ne recouvrait pas, devant une petite grève de sable. Le second, un peu plus à l’ouest au fond de la crique de Langoguen après le petit ruisseau qui y venait s’y écouler.
Le pays Bigouden est imprégné de légendes, de superstitions, de croyances en même temps que de peur. Celle des korrigans et de l’ankou qui annonçaient les catastrophes et la mort. Les feux de la Saint-Jean sont un moyen de communiquer avec les esprits qui viendront certainement s’asseoir et danser autour des flammes.

La mise à l’eau du misainier le « Jean-Marie »

Dans la matinée du 24 juin, Youen Morvan, aidé de Yann et de plusieurs marins soulevèrent le misainier pour glisser sous la quille des rondins sensés faciliter le court trajet du chantier vers le Steir lorsque la marée sera au plus haut au cours de l’après-midi. De chaque côté de la coque, des béquilles empêchaient le navire de basculer. La légère déclivité existante facilitera la mise à l’eau. Des bouts qui permettront de haler le bateau furent fixés à la proue. Tout était en place, Youen, Yann et les autres marins s’accordèrent une pause tout en mangeant des tranches de pain avec du lard et du beurre, le tout arrosé de cidre.
Au début de l’après-midi, toutes les habitants du quartier de Langoguen s’étaient donné rendez vous pour assister au baptême et à la mise à l’eau du « Jean Marie ». « Ar Person » (le curé), dont le presbytère ne se trouvait pas bien loin avait été prévenu et entouré de ses enfants de cœur attendait comme tous les participants, la marée haute et le signal du charpentier pour le halage du misainier vers son élément.
Vers 16h00 la mer était à son plein, le moment était venu, les marins s’attelèrent tous à l’aussière, tandis que d’autres préparaient les rondins pour le glisser sous l’étrave au fur et à mesure de la progression. A l’ordre de « halez ! », le misainier avança lentement et de nouveaux rondins furent placés sous la quille au fur et à mesure de l’avancée. Au bout d’une demi-heure d’efforts, la quille du « Jean Marie se trouva complètement immergée. Le curé souleva sa soutane rentra dans l’eau et se dirigea vers l’étrave armé de son goupillon. Après un signe de croix et quelques prières suivi d’un cantique en breton, le misainier fut poussé jusqu’à sa complète flottaison.

misainier 22

Le misainier Marie- Madeleine de Pierre-Marie Quintric

Le soir du 24 juin après le coucher du soleil, le feu était allumé par son créateur. Aussitôt les flammes géantes montaient vers le ciel avec un crépitement irrégulier des matériaux qui se consumaient. La fumée était acre et à chaque rafale de vent elle venait entourer les danseurs en leurs piquant les yeux et la gorge.
Lorsque le feu baissait en intensité, les jeunes gens s’amusaient à sauter par-dessus les flammes. On disait que celui qui réussissait un beau saut avait toutes les chances de se marier dans l’année. Certains téméraires se brûlaient les pieds en retombant dans la cendre encore chaude.
Le feu était considéré comme purificateur pour toutes sortes de pathologies et de surcroît il portait bonheur.
Lorsque le feu s’éteignait, certains des participants prenaient un tison, qu’ils mettaient quelque part chez eux, car il était sensé protéger la maison contre la foudre et l’incendie.
Ces rites et croyances païennes d’origine celtes furent repris par les chrétiens.

feux de la st jeanMalheureusement de nos jours, cette fête a tendance à disparaître pour des raisons purement commerciales, absorbées par d’autres fêtes à but plus lucratif. Il n’y a pas de produits spécifiques « Saint-Jean » contrairement aux rites anglo-saxons comme « Halloween ».
Halloween est une fête païenne d’origine des îles anglo-saxonne qui est célébrée le 31 Octobre la veille de la Toussaint et qui est la contraction de « all hallows eve » qui se traduit par : « the eve of all saints » (la veillée de tous les saints).
Il est loin le temps où l’on se contentait d’une grosse citrouille percée de trois trous qui laissait passer la lumière d’une bougie pour faire peur aux enfants le soir d’ Halloween. La mondialisation de la fête est passée par là.

Au Québec, la Saint-Jean est devenue aussi fête nationale.

Dans l’Égypte antique, la Saint-Jean marquait le passage à la nouvelle année.

C Cottet KerazanPassé les fêtes de la Saint Jean, Yann consacra tout son temps à gréer son misainier.

Les voiles en chanvre ayant été taillées puis cousues par « Soizic ar broderez », Yann se chargea de le l’opération qui consistait à les imperméabiliser et les rendre plus résistantes à la lumière du soleil et aux embruns salés.

Près du Ster, il y avait deux énormes marmites posées sur des pierres. Des feux  allumés sous les marmites étaient entretenus par un jeune marin chargé d’alimenter les foyers avec du varech séché.

La première contenait  le caoltar. Pour mémoire, le coaltar est un goudron obtenu obtenu à partir du charbon.

Le coaltar était appliqué sur les fils d’étoupe (stoup) entrés en force par des fers à clafat entre les bordés pour assurer l’étanchéité entre les planches. Le calfat vient du mot arabe « qalafa » qui signifie écorcer. le préfixe quilf signifie écorce.

calfatage2La seconde était remplie d’un liquide de couleur carmin. Cet ingrédient ocre rouge tabac avait été obtenu grâce à des écorces de pins finement broyées mélangées avec de l’eau de mer et de la graisse de porc (saindoux). Cette mixture servait au tannage des voiles et des filets de pêche.

Yann plongea sa voile de misaine dans le chaudron et remua le tout avec une grosse cuillère en bois.

Il retira sa voile puis il l’étendit sur l’herbe pour la faire sécher.

Plus tard Il lui faudrait renouveler l’opération pour les filets de pêche et les cordages.

Après un mois de dur labeur, le misainier « Jean-Marie » est fin pour sa première navigation.

A la marée haute, Yann hisse la misaine et remonte l’ ancre à jas. La brise légère fait gonfler la voile et le bateau s’élance doucement vers le large en laissant les rochers d’Inizan sur son bâbord.

misainier porz riagat3Le navire répond bien aux ordres de barre, sa stabilité est parfaite dans ce petit temps. Il faudra voir la réaction du bateau par gros temps. Yann est satisfait et content.

Départ pour la pêche

Le premier jour du mois d’août, Yann s’est levé de bonne heure pour aller caler ses filets sur les hauts fonds entre la basse Devel et Karreg Kreiz dans le sud sud-est du Ster. Il fait beau, le soleil se lève à peine derrière les rochers d’ Inizan.

misainier porzh riagatCe n’est qu’en fin d’après-midi que le « Jean-Marie » se présente à l’embouchure du Ster Nibilic. Yann manœuvre pour retrouver son mouillage. Sa première journée fut longue à cause du peu de vent, mais enrichissante quand aux capacités maritimes du misainier.

Le lendemain Yann partit dès l’aube relever ses filets qu’il espère plein de poissons (bars, soles, rougets, vieilles, et autres espèces) qui pullules en ces lieux.

Les journées d’été s’écoulent rapidement, sans aucun jour de repos. Il faut ramener du poisson et la « godaille » pour la maison.

La « godaille » ou « cotriade » est la part de pêche que se réserve le marin pour nourrir la famille.

godaille

L’automne s’annonce déjà avec ses journées plus courtes, son soleil bas et ses coups de vent, mais ce n’est pas ces caprices météo qui vont empêcher Yann de sortir en mer.

A suivre !..

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