La garenne des korrigans de Lesconil

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La garenne (ar gwarenn)

Une garenne est un espace boisé ou herbeux où vivent des lapins sauvages. C’est aussi une allée possédant de multiples entrées.

À l’origine, la garenne est un espace réservé, ou il était défendu d’y pénétrer et d’y chasser, donc « garé » et « gardé », ce qui explique la prolifération d’animaux, dont les lapins.

Un seigneur s’y réservait le droit de chasse ou de pêche, pour les garennes à poisson. Ces espaces réservés féodalement étaient généralement à proximité d’une demeure seigneuriale.

Le droit de garenne fut l’un des privilèges abolis en 1789.

LE PETIT PORT DE LESCONIL

Étymologie de Lesconil

Lesconil viendrait  de  « Lez » (enclos, cour, ou demeure seigneuriale), et de « Koulin » qui signifie lapin sauvage en breton contrairement à « lapined » nom donné au lapin d’élevage.

Les Korrigans (ar korriganed)

Le nom de  Korrigan vient du breton « korr » qui signifie : nain, suivi du diminutif « ig » et du suffixe « an », pluriel breton.

« Korriganed » signifie: petits nains  avec un suffixe « ed » très fréquent pour les noms de personnes.

Le mythe

Les korrigans, parfois aussi appelés, « poulpiquets », ou « farfadets ».

Les Korrigans sont des esprits qui ont l’apparence de nains, dans la tradition celtique,  en particulier bretonne.

Bienveillants ou malveillants selon les cas, ils peuvent faire preuve d’une extrême générosité mais sont également capables d’horribles vengeances.

Leur apparence est variée, ils peuvent être dotés d’une magnifique chevelure et d’yeux rouges lumineux, à l’aide desquels ils sont censés ensorceler les mortels ou être décrits comme étant petits, noirs et velus, coiffés de chapeaux plats. Les korrigans font aussi partie de ce qu’on appelle le petit peuple, composé également des fées et autres créatures fantastiques.

Retour dans le passé

Notre promenade se situe au début du 19 ième siècle et nous plonge dans les légendes celtes du pays du « Cheval d’Orgueil » cher à Pierre Jackez Hélias.

Le Cap Caval est déjà loin derrière nous et nous nous dirigeons vers des terres habitées  par quelques paysans/marins, peu connues appelées « beg ar pich » (bout de la pointe).

Le Cap Caval est déjà loin derrière nous et nous nous dirigeons vers des terres habitées  par quelques paysans/marins, peu connues appelées « beg ar pich » (bout de la pointe).

Après le bourg de la « paroisse plantée de genêts » (Plobannalec’h), passé la chapelle de Saint Alour on arrive devant le calvaire servant de croisée des chemins vers  les bourgs de Penmarc’h et de Loctudy.

Nous laissons le vieux moulin sur notre droite. La vieille route serpente entre  des murets de pierres grossièrement entassées.

De part et d’autre du chemin, les landes couvertes de ronces et de genêts forment des haies naturelles qui nous abritent du vent. Après un bois sombre et lugubre au bas duquel serpente un ruisseau dont les berges regorgent de cresson, la route remonte vers un petit plateau du nom de « pont plat ».

Au bas de ce monticule un petit pont permet de traverser un bras de mer à sec dénommé le « Ster » ou « Steir ».

La marée étant basse le Ster est couvert de vase, avec des ilots de  salicornes. Une forte odeur d’iode et de vase nous monte aux narines, la route est maintenant toute droite entourée de champs de luzerne et de pommes de terre, puis elle redescend  jusqu’au petit hameau  de « Lezkoulin ».

La route s’achève devant le bras de mer vaseux du « Ridou » ou trône en son milieu un menhir de trois brasses et deux pieds de hauteur, couvert de goémon jusqu’à son milieu.

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Une allée constituée d’énormes pierres plates s’avance vers cette pierre dressée, c’est la garenne de Lezkoulin.

Les légendes de la garenne de Lezkoulin

Ci-dessous mon grand-père Pierre-Marie Quintric et un de ses amis Denis Guillamet (à gauche) devant des « éléphants de mer ».

A « Lezkoulin » les vieux pêcheurs racontent que les Korrigans se réunissaient la nuit sous cette chambre appelée garenne des korrigans «  ar gwarenn korriged ».

Ils dansaient ensuite autour du Menhir que les pêcheurs avaient nommé «Men Rouz » en raison de sa couleur rousse due aux algues qui s’y accrochaient.

Seule la pointe est du menhir « Men Rouz » est encore visible dans le mur de la digue.

Par le passé, à marée haute, la traversée se faisait grâce à la barque à fond plat (plate) du passeur baptisée: « la Reine du Steir ». Par la force des bras, il manœuvrait son aviron dans une nage propre aux marins bretons appelée « la godille ».

Il y a encore quelques années, mon ami Jean Luc Cossec, patron pêcheur, qui était né et avait grandi près de la garenne des korrigans  avait  nommé son chalutier le « Men Rouz ».

MEN ROUZJean Luc et son matelot débarquant les « demoiselles » de Lesconil

Le bateau lui aussi a disparu et s’en est allé vers d’autres destinées. Le « Men Rouz » est devenu la « Reine de l’Arvor II » et il navigue du côté de Penmarc’h.

D’autres lieux tout aussi secrets et mystiques existent encore sur la commune de Plobannalec-Lesconil même si beaucoup de menhirs et de dolmens ont été réutilisé pour la construction. Certains tertres ont été purement et simplement été rasés, recouverts par l’habitat.

L’anse de « Langogen » qui se prononce en français Langoguen était un de ces lieux de cultes. Dans le lointain passé, les anciens  appelait  ce lieu : « park ar gogell » ou encore « park ar gogenn ». D’après André Buannic, Il y avait en cet endroit un tumulus.

Ce tumulus était situé sous les sabots (boutou coat) de mes arrières grands-parents, le vieux goémonier: Pierre Marie Quintric et son épouse Corentine Guénolé. 

C’était des endroits de cultes ou nos ancêtres celtes se réunissaient les nuits de pleine lune.

Suivez la route des Mégalithes, véritables lieux de mémoire, qui vous feront voyager dans un passé encore plein de mystères dont celui du culte des morts (lid an ankou).

L’ Ankou dans la mythologie celte est le « serviteur » de la mort , son passeur d’âme. Son rôle était de collecter dans sa vieille charrette cliquetante (karrigel an ankou) les âmes des défunts. Lorsque le vivant entendait les cliquetis de la charrette, c’est qu’il n’allait pas tarder de passer de vie à trépas. On disait que celui qui apercevait l’Ankou mourrait peu de temps après.

Suivez la route des Mégalithes, véritables lieux de mémoire, qui vous feront voyager dans un passé encore plein de mystères dont celui du culte des morts (lid an ankou).

L’ Ankou dans la mythologie celte est le « serviteur » de la mort , son passeur d’âme. Son rôle était de collecter dans sa vieille charrette cliquetante (karrigel an ankou) les âmes des défunts. Lorsque le vivant entendait les cliquetis de la charrette, c’est qu’il n’allait pas tarder de passer de vie à trépas. On disait que celui qui apercevait l’Ankou mourrait peu de temps après.

l’Ankou est souvent représenté avec une faux ou une pique et surtout son maillet béni (mell benniguet).

Le bénitier de l’église de la Roche Maurice dans le Nord Finistère.

Quelle drôle d’idée de mettre une statue représentant l’Ankou au-dessus du bénitier ?…

Il  existe également, dans une autre chapelle du pays Cathare, un bénitier tout aussi étrange et plein de mystère. Dans l’église de Rennes le Château dans l’Aude, l’Abbé Bérenger Saunière a installé un bénitier supporté par une sorte de diable (baphomet).

 L’histoire raconte que les templiers vénéraient ce baphomet. Quid de l’abbé ? Que de mystères se cachent autour de cette église de Rennes le Château.

Le bénitier supporté par le baphomet existe toujours de nos jours à gauche de l’entrée.

Faites  attention de ne pas vous perdre…dans un ce ces lieux mystiques domaines des fées et des korrigans.

La plaquette « Ces premiers paysans qui élevèrent les mégalithes » est disponible dans les Offices de Tourisme ou en téléchargement. Grâce à cet itinéraire, il est possible de voir de nombreux dolmens, menhirs, allées couvertes sur les communes de Plomeur, Plobannalec-Lesconil, Tréffiagat et bien sûr Penmarc’h. Sur chaque site mégalithique remarquable du Pays Bigouden Sud, un panneau explicatif permet de comprendre cette période importante. La plaquette est mise à disposition dans les différents Offices de Tourisme du Pays Bigouden Sud, et le Musée de la Préhistoire.

A voir :

Dolmens de Kervadol et de Quélarn à Plobannalec-Lesconil. Dolmen de Kerugou à Plomeur. Menhir de Kerscaven, alignements de la Madeleine, tumulus de Poulguen, alignements de Kerfland à Penmarch. Menhir du Reun et menhir de Lehan à Treffiagat.

Les deux tombes à couloir de Kervadol du néolithique moyen.

(- 3500 à – 3000 avant J.C.)

La garenne des korrigans de Quelarn (Kelarn Gwarenn ar Korriganed)

Ce site comprenait six sépultures autrefois recouvertes d’un grand cairn de plus de cinquante mètres.

Jean Claude Quideau

Avril 2012

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