Du lance-pierres au lance-missiles

du lance-pierres au lance-missilesAvant propos

Le lance-pierres est souvent nommé « fronde ».

David terrassa Goliath avec une fronde, et non un lance-pierres.

La fronde est une des armes de jet les plus anciennes. Constitué de deux cordes, et d’une poche en tissu.

frondeLa pierre est placée dans la poche. Le tir se fait par un ample mouvement de rotation du torse vers l’arrière suivi du lâché d’une des deux cordes pendant la rotation vers l’avant et le fouetté du poignet.

frondeA l’époque romaine, les frondeurs recevaient des projectiles travaillés et marqués au numéro de leur légion.

Le lance-pierres a été découvert bien plus tard que la fronde, après la découverte du caoutchouc et donc de l’élastique.

lance-pierresConstitué d’une fourche sur lesquelles s’attachent deux bandes élastiques reliées à une poche en cuir. Pour l’utiliser, une pierre est placé dans la poche de cuir et maintenu par le pincement des doigts. Les élastiques sont tendues au maximum. Le tir est déclenché en libérant la poche avec sa pierre.

La baliste

Les balistes à torsion ont été développées par Alexandre le Grand au cours des « guerres puniques » (200 ans avant J.C.). Ces petites machines étaient appelées « scorpion » car elles en avaient la forme.

La baliste composée d’une rampe de lancement, était utilisée comme arme de destruction, c’était bien l’ ancètre des rampes de lancement des missiles actuels.

balisteAu Moyen-Age, la baliste évolue pour devenir une véritable machine de guerre pouvant lancer de lourdes pierres, c’est le Trébuchet.

Viollet le Duc en a fait un schéma avec une description de l’engin.

catapulte romaine3Le trébuchet adopte le même principe de lancement que le lance-pierres.

trebuchetPlus de 60 hommes étaient nécessaire pour mettre en œuvre cette machine qui pouvait lancer les pierres de plus  de 100 kg à 250 mètres. Cette machine servait à démolir les fortifications.

les armes de jet dans la marineBataille d’Actium 31 avant J.C.

Sur les galères, les grecs, puis les romains utilisaient des projectiles incendiaires qu’ils jetaient sur les navires ennemis grâce à de petites catapultes.

Ces types de rampes de lancement étaient appelés  par les romains « manganum» et « ballistum ».

LES ARMES DE JET EMBARQUÉES SUR DES NAVIRES

Les armes de jet sur les navires de l’époque médiévale sont très importantes. Certains sont à propulsion musculaire :

–     des javelots (gatairoli)

–     des arbalètes à étrier (strevi)  

D’autres sont des machines plus sophistiquées actionnées par plusieurs hommes :

–     des grosses arbalètes à tour (turni) le tour était destiné l’appareil destiné à tendre la corde,

–     des arbalètes à roue mobile (notz) avec encoche où s’arrêtait la corde bandée.

–     Des balistes de pierre (périe)

Dans l’équipement d’un navire génois qui avait fait naufrage dans le port de Marseille en 1311, une petite baliste de projectiles de pierres fut découverte par les plongeurs.

Au cours des trente dernières années du XIVe siècle, la situation évolue, en particulier grâce aux armes à feu, et l’on rencontre alors dans l’équipement du bord quelques bombardes, ancêtres des canons modernes.

L’ère des canons perdurera très longtemps, jusqu’après la seconde guerre mondiale ou tous les combats entre navires se traitaient encore à coup d’obus.

Laissons de côté tous ces canons qui grâce à des charges de poudre lançaient des boulets puis des obus de calibres de plus en plus gros pour nous intéresser aux missiles et à leur rampes de lancement.

Si les armes de jet de l’époque médiévale étaient à « propulsion musculaire », ils vont devenir au fil des ans à propulsion par carburant solide (poudre) ou liquide (gaz) et leur  charge « nucléaires ».

Les premiers missiles

Durant la seconde guerre mondiale, les ingénieurs allemands avaient développé les premiers missiles téléguidés contre les navires. Ces missiles étaient tirés exclusivement depuis des aéronefs. Ils  furent opérationnels dès 1943.

Le premier navire coulé un missile téléguidé fut la frégate HMS « Egret » en août 1943.

La frégate fut touchée par un missile « HS 293 A », conçues par l’usine Henschel Flugzeugwerke de Berlin.

HS  293 ACes engins étaient des sortes de grosses bombes planantes radio téléguidés. Les plateformes de lancement ne pouvaient qu’être des aéronefs.

Pendant la seconde guerre mondiale, les alliés étaient très en retard dans le domaine de développement des missiles.

Les américains avaient mis en service une bombe planante autoguidée en 1945.

Elle fut utilisée à plusieurs reprises durant les campagnes du Pacifique.

Après la guerre les premiers missiles air-air, sol-air et sol-sol firent leur apparition dans l’arsenal de plusieurs nations.

Les premiers missiles anti-navire dit Surface-Surface (S.S.)

Il fallut attendre les années 1950 pour voir apparaitre les premiers missiles surface- surface autoguidés.

Les premières études du missile surface-surface SN-2 « Styx » de l’Union Soviétique datent des années 50.

Les missiles Styx équipèrent les vedettes lance-missiles soviétiques de la classe Komar construites en 1957et mises en service en 1959.

komarEn Octobre 1967, le « Styx » fut le premier missile anti-navire au monde à avoir coulé un bâtiment de guerre de gros tonnage lors d’un conflit.

La corvette israélienne « Eilat » ex HMS « Ardent » cédé à Israël en 1955 fut touchée par deux missiles « Styx » tirés par une vedette égyptienne de type Komar pendant la guerre des 6 jours.

EILATDans les années 1970, l’industrie française a produit le missile anti-navires « Exocet » qui a prouvé son efficacité en coulant des navires britanniques pendant la Guerre des Malouines.

exocet MM40 block3La Chine développa sa propre version à partit des « Styx » soviétiques , les missiles S.Y. 1( Shang Yao) appelés « Silkworm » ( « ver à soie ») pour l’exportation.

J’ouvre une petite parenthèse concernant ce missile « Silkworm ».

En juillet 1987, pendant la guerre Iran/Irak, l’Iran entreprit de contrôler la navigation maritime dans le golfe et dans le détroit d’Ormuz. 546 navires de commerces étrangers furent attaqués par les deux belligérants causant la mort de 430 marins civils.

ORMUZ 20Pour essayer d’effectuer le blocus total du détroit, les iraniens mouillèrent des mines magnétiques dérivantes provenant du stock Libyen.

mine dérivante

Les iraniens brandirent la menace d’attaques par mer et de tirs missiles « Silkworm ».ormuz 21Les navires koweïtiens furent alors placés sous pavillon des États-Unis, d’autres navires sous pavillon français. La France avec une Force Navale basée en permanence dans le Golfe d’Oman participait à « l’accompagnement » des convois de pétroliers sous pavillon français entrant et sortant du détroit.

Depuis cette période, l’ Iran s’est doté de nouveaux missiles anti-navires capables de toucher tout navire passant dans le détroit d’Ormuz et donc de fermer totalement le détroit.

ormuz 33Les missiles anti-aéronefs embarqués dit Surface-Air (S.A.)

Parallèlement au développement des missiles anti-navires, les missiles anti-aéronefs firent leur apparition pour contrer les menaces aériennes de plus en plus performantes.

Le premier missile vraiment efficace contre un avion fut le missile américain « Ajax » en 1953, précurseur des missiles « Hawk » acronyme de « Homing All Way Killer » (tueur guidé tout au long de son vol) entré en service en 1962, puis les « Standart Missile » (SM1 et SM2).

J’ouvre une deuxième parenthèse concernant ce missile SM2:

« Tragique méprise à Ormuz »

Le 3 juillet 1988, le Vol régulier « 655 », un Airbus A 300-600, d’Iran-Air décolle le de Bandar-Abbas vers Dubaï avec près de 300 passagers et membres d’équipage à bord.

Il lui faut moins de trente minutes pour rejoindre sa destination.

L’avion grimpe à 3 400 m (14 000 pieds), sur l’ »airway » Bandar-Abbas/Dubaï.

En début de matinée, une frégate américaine, l’ U.S.S. « Montgomery » subit le feu des vedettes rapides iraniennes des « pasdarans ».

uss montgomeryLe croiseur USS « Vincennes » C.G.N°49, se propose d’intervenir et se porte au secours de la frégate attaquée par les vedettes rapides.

uss vincennesLe Vincennes n’est autorisé qu’à envoyer son hélicoptère de reconnaissance. Celui ci s’approche trop près et subit à son tour des tirs. Le croiseur se lance alors à la poursuite de ces vedettes et pénètre dans les eaux iraniennes. Les vedettes sont détruites.

pasdaransDe nombreuses règles d’engagement de la marine américaine ont été bafouées.

À 10 h 47, le vol 655 d’Iran Air décolle de Bandar-Abbas vers Dubaï pour un vol de moins de 30 minutes.

US Navy dispose de son plan de vol. Son départ a été retardé de 20 minutes. Une banalité dans le transport aérien.

Au même moment, sur le même terrain, un F14 iranien décolle pour partir en mission dans le golfe.

L’ Airbus est équipé du système de reconnaissance I.F..F (Identification Friend or Foe) qui permet d’identifier les amis des ennemis.

Ce dispositif a été développé et fournit par les américains aux nations amies, les iraniens possédaient ce dispositif qui leur avait été fourni du temps du Chah d’Iran .

Ce dispositif de reconnaissance comporte quatre modes :

–         Mode 1 : spécifique à chaque nation

–         Mode 2 : mission militaire

–         Mode 3 : civil

–         Mode 4 : altitude de l’aéronef

Le Vincennes fait une erreur en classant l’Airbus en (mode 2 : militaire).

L’ Airbus dispose pourtant du bon mode (mode 3 : civil).

Pendant plusieurs minutes, l’écho de l’appareil civil est identifié comme un appareil militaire.

Mon expérience de détecteur/radariste me permet de confirmer que lorsque deux aéronefs sont proches, il peut y avoir des interférences en ce qui concerne les réponses I.F.F., ce qui veut dire que l’on peut décoder l’une ou l’autre des réponses sans savoir à qui elles appartiennent exactement.

L’ USS « Vincennes » croit avoir affaire à un F14 iranien.

À plusieurs reprises, le Centre Opérationnel (C.I.C.) du Vincennes tente de rentrer en contact avec l’aéronef en l’appelant sur une fréquence de détresse militaire qui est de 121.5 M.H.Z.

RADIOLes avions civils ne disposent pas de cette fréquence. L’ Airbus ne peut donc recevoir l’appel du Vincennes.

En l’absence de réponse, l’appel est réitéré trois fois sur la fréquence civile qui est de 243.0 M.H.Z comme prévu dans les règles d’engagement.

Le Vincennes appelle l’avion inconnu:  » F14 iranien »…dans les eaux internationales »…

La procédure d’appel sur les fréquences de détresse est la suivante :

«Unidentify aircraft, you are approching a US war ship operating in international waters, identify yourself and give your intentions… ».

L’ Airbus survole encore les eaux territoriales iraniennes.

L’équipage du navire tente de l’identifier par des critères cinématiques (cap et  vitesse).

Le cap est bon, mais, l’indicateur de vitesse « Doppler » de l’appareil est différente à la vitesse réelle.

Le Vincennes ne tient pas compte du couloir aérien « airway » suivi par l’Airbus qui est pourtant matérialisé sur les consoles radar.

Il n’utilise pas non plus le code du transpondeur attribué par le contrôle aérien indépendamment du code  » ami/ennemi « .

Ce code est affiché sur un cadran de l’Airbus et sur un radar du Vincennes.

Personne ne songe à l’utiliser. Tous ces éléments renvoient à un vol civil, que l’équipage du Vincennes refuse de reconnaître comme tel (3 XXXX).

IFF13Quelques instants avant le drame, l’Airbus contacte Bandar-Abbas sur la fréquence de l’aéroport. Le Vincennes ne veille pas cette fréquence.

Toute la sémantique des appels du Vincennes est construite sur l’interpellation d’une menace aérienne.

Personne, dans l’équipage de l’Airbus, ne pense menacer la flotte américaine en suivant un plan de vol connu, sur une route aérienne internationale «  airway ».

Le pire est à venir. Un radariste du Vincennes croit que l’Airbus est en descente et se dirige vers le Vincennes.

Après dépouillement des données, l’enquête de la Navy prouvera que le radar n’a cessé de constater l’augmentation de son altitude.

L’opérateur radar s’est encore trompé d’aéronef (un chasseur F14 en lieu et place de l’Airbus A 300).

Cette seule remarque suffit cependant à convaincre le commandant du navire que la cible potentielle prépare une attaque. L’Airbus A 300 n’est plus qu’à 11 miles nautiques de l’ U.S.S. Vincennes. La limite pour un tir SM2 est de 10 nautiques. Passé cette distance il ne pourra plus être engagé par missile et devra donc être traité par les moyens de défense courte portée (canon MK 45 de 127 mm).

Le commandant donne l’ordre d’engager la piste n° xxxx, et donne le « Free Fire » (Tir Libre). Deux missiles sont tirés.

Le « Weapons Officer » (Officier Armes) a le doigt sur le bouton de destruction des missiles en vol avant impact, tandis que l’opérateur opérations cherche encore à joindre l’aéronef suspect, classé comme « hostile ».

La crainte l’emporte sur le doute. À 10 h 54, les deux missiles SM2 atteignent leur cible.

airbus 300Deux cent quatre-vingt-dix personnes périssent.

L’équipage du Vincennes constate sa tragique erreur.

Connaissant parfaitement le contexte de l’époque, la région, et ayant participé aux missions « Saint Michel » et « Prométhée » dans le golfe d’Oman et le détroit d’Ormuz comme officier embarqué sur la frégate Anti-Aérienne « Suffren » en 1987 et 1988, je vous livre mes analyses et réflexions, sans vouloir faire le procès ni tirer des conclusions de cette catastrophe, qui aurait tout de même pu être évitée.

FN TF 623La frégate Suffren (D 602) et le porte avion Clemenceau à Ormuz en 1987/88

 L’ U.S.S. Vincennes venait d’arriver à Ormuz, la relève de la « Task Force » (Force Navale) US ayant eu lieu peu de temps auparavant. L’équipage du Vincennes ne connaissait pas encore bien le contexte complexe de la zone:

–         Les « airways »,

–         Les horaires des vols civils réguliers,

–         Les vols des patrouilles militaires iraniens

Des erreurs ont été commises, sans doute dues aux conditions particulières de la zone avec l’attaque des vedettes rapides des « pasdarans » et la présence de mines dérivantes dans le détroit :

–         Identifications I.F.F. erronées ?

–         Appels sur les fréquences de détresse civile et militaire pour un F14 ?

–         Pourquoi deux SM2 tirés en salve ?

Seul l’équipage du Vincennes peut répondre à ces questions et justifier le choix du « free fire » (tir libre) et surtout la non destruction du missile en vol.

Je pense qu’une telle méprise n’aurait pas pu être effectuée par un des navires français présents dans la zone pour les raisons suivantes :

Si les américains procédaient à la relève de leurs navires tous les trois ou quatre mois, pour les bâtiments français ce n’était pas possible. Un seul Task Group (TG- 623) de disponible pour toute la durée de la mission, qui a duré plus de huit mois.

Une longévité et une permanence sur zone qui permettait de connaitre parfaitement la géographie et le contexte de la zone.

Connaissance des vols réguliers sur tel ou tel airway en l’occurrence sur celui Bandar-Abbas Dubaï.

Connaissance des vols militaires en l’occurrence le P3C Orion qui partait régulièrement en patrouille vers le golfe d’Oman. Nous appelions l’aéronef sur 121. 5 M.H.Z. et le pilote nous répondait,en français, en donnant son identification et ses intentions (certains pilotes avaient été formés en France avant la révolution,du temps du Shah d’Iran) .

Connaissances des règles d’engagements et des conditions d’ouverture du feu mais surtout obligation de « riposte à niveau ». Il n’est pas question de tirer un missile sur un ennemi qui tire sur vous avec un pistolet. C’est complètement disproportionné. Le tir d’une salve de deux missiles ne s’imposait pas, un seul suffisait.

ormuz suffren

En avril 1988, dans le cadre d’échanges d’officiers entre la marine américaine et la marine française, j’ai été hélitreuillé par hélicoptère pour embarquer sur le destroyer « USS Merrill » en plein golfe d’Oman. Cela m’a permis de d’appréhender l’ organisation et les activités des chaînes fonctionnelles d’un navire US en zone à risques,  en particulier au Central Opérations (CIC:le Control Information Center) et la passerelle. 

uss merrill Peu de temps après mon embarquement, le 18 avril 1988, dans le cadre de l’opération « Praying Mantis » (mante religieuse) l’USS Merrill s’est distingué dans le Golfe Arabique (Persique) en neutralisant la  plateforme « Sassan » contrôlée par les « pasdarans ».

carteLes autres missiles Surfaces-Air (SA)

Les Russes aussi développent des missiles Surface Air (SA 1 à SA 8).

Les anglais  développent le « Rapier » puis la série des « Sea » (Cat, Dart et Wolf).

La France achète aux américains les missiles « Hawks »pour équiper l’Armée de terre et de l’Air et les « Standart Missile 1 » dénommés « Tartar » pour la Marine.

Les premiers bâtiments de la marine équipés de « SM1 » furent les escorteurs T47 modifiés. Ils furent dénommés B.L.M. (Bâtiment Lance-Missiles) « Tartar ».

systeme d'arme tartarLe système de lancement des missiles SM1-MR « Tartar »

principe de fonctionnement de la rampe tartarAu désarmement des Bâtiments Lance Missiles « Tartar » deux systèmes d’armes furent remontés sur les deux frégates Anti-Aériennes Cassard et Jean-Bart.

SM1 Jean-BartLa France, dans les années 1960, va développer ses propres missiles comme le « Masurca » et le « Crotale ».

La rampe double du croiseur Colbert avec un missile Masurca

masurca2La rampe « Crotale » avec ses huit missiles et son radar.

crotaleLes missiles anti-sous-marins embarqués dit Surface Mer (S.M.)

Le missile anti sous-marin est en fait un missile porteur d’une torpille.

La partie système comporte une torpille standard de lutte anti-sous-marine équipée d’un parachute.

Le missile est utilisé pour le décollage et pour couvrir l’essentiel de la distance sur une trajectoire balistique. Puis les éléments se séparent pour que la partie torpille tombe sous parachute, rentre sous l’eau et effectue la recherche du sous-marin.

Le lancement par navire de surface constitue l’essentiel de l’armement embarqué de tout navire de lutte anti sous-marine.

Les américains utilisent l’ A.S.R.O.C. pour leurs armes de jet anti sous-marins.

asrocEn France, le système d’armes « Malafon » combinant missile/torpille fut conçût  dans les années 1960.

malafonLes nouveaux moyens de lancement des missiles sur les navires

Depuis le début du 21 ième siècle les lanceurs des armes de jet de la marine ne sont plus visibles sur les superstructures des navires de guerre. Tous les types de missiles (Surface-Air, Surface-Surface, et anti-sous-marins) sont stockés dans des silos.

Les Systèmes à Lancement Vertical, V.L.S. (Vertical .Launcher.System.) furent développés.

Les lanceurs verticaux français sont de type Sylver (Système de Lancement Vertical) constitués de modules à 8 missiles autour du missile « Aster ».

MODULE LANCEUR ASTERLe lanceur vertical « Sylver » A 43 composé de modules à 8 missiles.

Le missile Aster 15:

    • Vitesse : 1.000m/s
    • Portée : 30 km

Le missile Aster 30

Le lanceur vertical « Sylver » A 50 composé de modules à 8 missiles (Aster 15 ou 30).

    • Vitesse : 1.400m/s
    • Portée : 100 km

 Pour terminer mon récit, sur les armes de jet, une petite devinette :

« Quel système de jet, utilisé dans la marine, n’est pas une arme, mais qui de nos jours, est utilisé par une arme » ?

Le lance-amarre bien sûr !

Dans  le passé, le lance-amarre, était projeté, comme le lance-pierre, à la force des bras.

lance amarresLe lance-amarre est constitué d’un filin (bout) au bout duquel, il y a une boule (pomme) lestée.

Cette boule est appelée « Pomme de Touline »  

pomme de toulinele nom de « touline »  est une déformation du mot anglais « towline » qui signifie: ligne de remorquage. 

Cette « towline » était constituée d’un cordage à 8 brins.

A l’origine, le nom exact était: « pomme de ligne de touline »

« La pomme de touline » est réalisée à partir de cordage dont le nœud est réalisé sous forme de poing à six faces. En général, pour lester la boule et la rendre plus lourde,on y insère un lest rond (bille) qui assure la rigidité.

touline2De nous jours, le lance-amarre un projectile propulsé par un fusil, « le fusil lance-amarre », ce qui lui confère plus de puissance et donc plus de portée.

Le fusil est équipé d’un tromblon vissé au bout du canon et d’une boite dans laquelle est enroulée la bobine de fil. Un lest relié au filin est engagé dans le tromblon.

La puissance de la déflagration de la cartouche propulse le lest  tandis que le fil se déroule.

lance amarreCapitaine de Frégate (H)

Jean Claude Quideau

9 réflexions au sujet de « Du lance-pierres au lance-missiles »

    • Bonjour, en recherchant de la documentation sur le système d’arme TARTAR je suis arrivé sur votre site et je souhaiterai publié les 2 photos sur la rampe de lancement. Je travaille à DCNS Toulon et je suis en formation actuellement pour être technicien ( formation DCNS ) , j’ai un étude de cas à faire en fin de stage qui porte sur le SA TARTAR et je souhaiterai publier ces 2 photos sur mon rapport de stage . Me donnez vous l’autorisation?
      Cordialement

      • Bonjour,
        Vous avez mon accord pour les photos de la rampe « tartar ». Comme je l’ai déjà dit, le but des récits de mon site est: le partage, de mes expériences et de mon parcours maritime. Si je peux vous aider dans l’élaboration de votre rapport, ce sera avec plaisir.
        Durant ma carrière dans la marine j’ai été affecté sur les escorteurs « tartar » Bouvet puis Du Chayla. Plus tard, officier détecteur informatique (INFO 1)sur la frégate anti-aérienne Jean-Bart. Je possède une solide expérience dans la lutte anti-aérienne et l’utilisation des systèmes d’armes.
        Cordialement,

        Jean Claude Quideau

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      What’s my surprising to read your commentary about one of my stories;  » du lance-pierre au lance-missiles » (from the catapult to the missiles launcher) on my website.
      Until now, my writings are only in french langage.
      Do you speak french?
      Have you a script tranlation?
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      Thanks a lot!

      John Quideau

  2. Bonjour et meilleurs voeux
    Lors de recherche sur les missiles Tartar, je suis « tombé  » sur votre site , felicitations.
    Je suis un ancien maitre système Tartar , grace a cette excellente formation j’ ai pu effectué une seconde carrière de 25 ans dans le privé : ingénieur biomédical (IRM, SCAN, PETSCAN)

    • Bonjour,
      Merci et tous mes vœux également pour 2015.
      Lors de mes affectations dans la Marine Nationale, j’ai été embarqué sur plusieurs bâtiments équipés du système d’arme Tartar, dont:
      – le BLM Bouvet,
      – le BLM Du Chayla,
      – la Frégate Anti-Aérienne Jean-Bart.
      En tant qu’officier DET/Info 1 de ce bâtiment, j’ai participé aux essais et à la qualification opérationnelle du Système d’Armes.
      Il est indéniable que la « formation marine » sur de tel systèmes donne une très haute qualification reconnue dans le privé. J’en ai également fait l’expérience.
      Je fus dans un passé… très lointain, maître système SENIT/SUP.
      Bien plus tard, je fus chargé de l’organisation des tirs Aster.
      Cordialement

  3. Bonjour, merci pour cet article enrichissant, j’ai apprécié la lecture sur la situation dans le détroit d’Ormuz. Est-ce que vous avez une adresse e-mail où je peux vous contacter ?
    Cordialement.

    • Bonjour,
      Le détroit d’Ormuz, comme ceux de Bab El Mandeb, Malaga, Gibraltar sont considérés comme des « shock points » car ce sont des passages stratégiques pour l’économie mondiale.les anglais l’on bien compris depuis très longtemps.
      Celui qui tient ou bloque le passage peut déstabiliser l’économie d’un pays ou même l’économie mondiale.
      Cordialement

      JCQ

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