Retour au pays des vikings

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UN NOUVEAU RÉCIT DE VOYAGE

retour au pays des vikings2retour du saumonLe retour aux sources

Les sources, ce n’est pas cela qui manque au pays des fjords.

La Norvège a été peuplée dès la fin de l’ère glaciaire. Les premiers habitants vivaient de la pêche, de la chasse et de cueillettes de toutes sortes de baies qui poussaient en abondance dès le printemps.
Les hivers étaient rudes, surtout dans la partie nord. La zone sud, bénéficiait d’un climat tempéré grâce au Gulf Stream qui longe les côtes.
Les premiers norvégiens vivaient en clans. Ils n’arrêtaient pas de se faire la guerre entre eux pour conquérir des terres.

Ils étaient appelés Vikings. l’étymologie de ce nom provient du préfixe « vik » qui signifie crique, anse, bras de mer. le suffixe « ing » est celui qui fréquente, qui possède. La signification globale de viking est celui qui fréquente les criques, les anses et par extension les bras de mer (fjords).

Cette soif de nouveaux territoires les conduit à construire des navires adaptés à la spécificité du pays avec ses immenses fjords qui s’enfoncent très loin dans les terres.
Les bateaux appelés drakkars sont fins et élancés avec très peu de tirant d’eau pour s’échouer dans les criques au plus près des petits villages. La proue et la poupe sont identiques ce qui peut paraitre étrange, mais c’est au contraire un génial calcul.

En cas de retraite, la manœuvre pour repartir le plus rapidement possible se trouvait facilité, la proue (ex poupe) se trouvait dans la bonne direction, il suffisait d’inverser « la nage » des rameurs.

drakkar OsloVers la fin des années 700, toutes les terres de Norvège étaient occupées, les bouches à nourrir de plus en plus nombreuses, la conquête de nouveaux espaces débuta. De plus grands bateaux sont construits. Ceux-ci, plus lourds possèdent une quille (véritable révolution) qui les rend plus manœuvrables sous voile. Les vikings lancent leurs premières expéditions vers l’Angleterre.
Dans les années 800, les conquêtes s’étendent toujours un peu plus vers l’ouest vers l’Europe.
En 814, les vikings contrairement à ce qui nous a été enseigné, atteignent le pays francs vers le sud de la Bretagne. La Normandie viendra plus tard dans les années 900 en même temps que tout le pays Nantais.

routes des vikingsC’est à cette époque que le chef viking Harold Fairhaid réussit l’unification de tous les clans de Norvège.

En 982, le viking Éric le Rouge, fils d’un émigré norvégien d’Islande découvre et colonise le Groenland.
Au premier siècle de notre ère, après la défaite de Stamford Bridge en Angleterre, l’âge d’or des vikings s’achève aussi brutalement qu’il avait commencé.

routes vikingsEn 1380, la Norvège est unie au Danemark. Cette union durera plusieurs siècles.

En 1814, la Norvège et la Suède s’unissent.

En 1905, La Norvège devient enfin indépendante.

La Norvège, qui n’a pas souhaité adhérer à l’Union Européenne par référendum en 1994 fait partie de l’espace Schengen depuis 1999.

norv 1972Ce périple maritime débute à Brest au début du mois de juin 1972

Après une longue escale à Hambourg qui m’a permis de découvrir cette mégapole et cet immense port chargé d’histoire, j »ai eu le privilège d’effectuer un vol plus qu’agité vers le célèbre aéroport de Tempelhof à Berlin. Nous étions encore en pleine guerre froide et le passage de l’autre côté du mur à Berlin-Est sous le regard froid et suspicieux des « vopos » (volkspolizei) restera à tout jamais gravé dans ma mémoire.

Après cette halte en Allemagne, nous mettons le cap vers le nord et les îles Shetland, bienvenue en mer de Norvège.

Après quelques exercices, cap au 160 vers le charmant port d’ Älesund.

Photo d’ Alesund vers 1920, peu de temps après le grand incendie de 1904 qui détruisit près de 1000 maisons en bois qui faisaient le charme de la ville.

alesund22Petit port de pêche (morues, harengs, crustacés etc..) aux rues « feutrées » mais aux soirées de week-end animées ou l’alcool était prohibé à partir d’une certaine heure.

Trois jours en escale dans cette charmante petite ville aux maisons en bois de toutes les couleurs ou le métabolisme se trouvait quelque peu déréglé car les journées étaient très longues et les nuits pratiquement inexistantes. Le soleil se levait vers 03h30 pour se coucher après 23h30 (20h00 de durée du jour).

Après cette escale, l’escorteur « Du Chayla », tel un drakkar des temps modernes, embouque le Sulafjord puis le Storfjord, le Sunnylvsfjord et enfin le célèbre Geirangerfjord. Le paysage est magnifique et je ne cesse de filmer ces falaises qui tombent à pic dans les fjords. Des cascades d’eau dégringolent depuis les hauteurs. L’une d’entre elles sur notre bâbord est particulièrement majestueuse car elles est composée de plusieurs chutes (sept au total) qui se précipitent en bouillonnant et en ronflant dans le Geiranger.

Dans le fond du fjord en forme de fer à cheval quelques maisons avec des toits de tôle semblent désertes.

Après quelques manœuvres délicates l’escorteur retourne à vitesse modérée vers la pleine mer, direction le cercle Arctique que nous franchissons le 8 juin 1972. Les néophytes ont eu droit à un bizutage en règle, le facteur, la farine, mais pas de piscine seulement un bol d’eau de mer à avaler, ce qui n’est pas  très agréable.

passage du cercle arctiquePassé le cercle polaire le « Du Chayla » fait route vers les îles Lofoten, puis c’est le cap au sud-ouest direction les Shetland, le nord de l’Écosse, les Hébrides.

Après la mer d’Irlande, le canal Saint-Georges, la manche et la mer d’Iroise, l’escorteur Du Chayla rejoint Brest, son port d’attache.

Quarante deux années plus tard

Quarante-deux ans après ma première incursion dans les fjords, je retrouve avec plaisir le pays des vikings.

retour 2014Pour la plus part des français, la Norvège apparait comme une terre lointaine. De nos jours par la navette (shuttle), en moins de trois heures au départ de Nice vous voila déjà arrivé au pays des vikings.

carte nice osloAprès deux heures quarante de vol depuis la Côte d’Azur l’avion de « Norvegian » se pose à Oslo. Cette navette aérienne adopte le même principe que les drakkars, à peine arrivée, elle repart dans l’autre sens.

Le retour aux sources débute par Oslo, la capitale.

Étymologie d’Oslo:
– le préfixe « Os » signifie dieux (nordiques),
– le suffixe « lo », signifie «clairière »,

Oslo signifie donc : « la clairière des dieux ».

Oslo, capitale de Norvège a été fondée aux alentours de l’an 1000 par Harald III au fond de l’Oslo-fjord. Sous la domination danoise la ville s’appelait « Kristiana ».

Sur le bord du fjord, dans la partie ancienne du port appelée Pipervika, la citadelle d’ Akerskus semble veiller sur les vieux gréements accostés au pied des remparts.

port d'osloLa citadelle fut construite dans les années 1200, puis transformée au cours des siècles suivants pour servir de résidence aux rois avant leur installation au « Palais Royal ».

forteresse osloLa citadelle servit également de prison. Un des derniers prisonniers fusillés pour haute trahison en 1945  devant un peloton d’exécution fut le collaborateur nazi Vidkun Quisling. Dans le quartier de Bygdoy on peut voir l’ex manoir de Quisling rebaptisé « Gimlé » (endroit protégé du feu).

citadelle d'AkerskusDans la petite église de la citadelle, une crypte abrite les dépouilles des souverains norvégiens :
– Le roi Haakon VII et la reine Maud,
– Le roi Olav V et la princesse Martha.

Peu de français savent qu’un des leurs, caporal du Régiment Royal de la Marine en 1785, passa du statut de simple soldat à celui de roi de Suède /Norvège sous le nom de Karl XIV Johan.

Il s’agit de: Jean Baptiste Bernadotte né le 26 janvier 1763 à Pau.

bernadotteCaporal en 1785, Lieutenant en 1791, Général en 1794, Maréchal d’Empire en 1804, il devint roi de Suède/Norvège en 1818. Bernadotte est décédé le 8 mars 1844 à Stockholm. La dynastie des Bernadotte règne encore de nos jours sur la Suède. Oslo et les norvégiens ont gardé un très bon souvenir de ce soldat devenu souverain. Sa statue en bronze trône devant le palais royal.

BERNADOTTE OSLO2En plus des vestiges du passé, Oslo recèle de monuments et curiosités disséminés dans des cadres bucoliques.
La mairie d’Oslo, près du port de Pipervika, est un bâtiment austère et même assez laid. Il ne faut surtout pas s’arrêter à la façade de briques rouges et pousser sa curiosité pour franchir l’entrée.

mairie d'OsloA l’intérieur le contraste est saisissant. L’entrée est majestueuse, le parterre et les escaliers sont en marbre. Sur les hauts murs, des tapisseries et des immenses fresques aux couleurs chatoyantes aux peintures parfois naïves racontent l’histoire du pays.

mairie d'Oslo interieurLe parc « Vigeland » dans le quartier de Skoyen est truffé de statues en marbre et en bronze du sculpteur Gustav Vigeland de son vrai nom Gustav Thomszen. L’artiste était vraiment obsédé par les différents stades de la vie et sa progression irrémédiable vers la mort dans, un éternel recommencement, un rouage inertiel que rien ne peut arrêter. Un être s’en va, un autre prend sa place.
PARC VIGELANDDans la presqu’île de Bygdoy, véritable poumon vert d’Oslo, bon nombre de musées racontent l’histoire de la Norvège:

– le musée culturel et historique avec sa ferme, le musée maritime , le musée du Kon-Tiki (radeau en papyrus), le musée du Fram (navire des expéditions polaires),

– Le musée des bateaux vikings

musée des vikings osloAprès cette escale dans la capitale du royaume ou la vie semble s’écouler paisiblement, sans commune mesure avec la vie trépidante pressée et stressée de nos cités, nous quittons la côte, cap à l’ouest vers l’intérieur.

Pour atteindre Stavanger, la prochaine étape de notre périple, nous devons traverser la région du Télémark.

Tout d’abord une halte s’impose pour visiter un monument de l’époque médiévale: l’église de Heddal.

Les « églises en bois debout » de Norvège : Les « stavkirke »

Pourquoi de terme étrange pour désigner certaines anciennes églises de Norvège.
L’étymologie du nom permet d’éclairer ce mystère:
« Stav » signifie : pieux et « Kirke » : église.
Les églises étaient bâties avec des pieux de bois qui servaient de base à la structure de ces édifices. Le bois étant un matériel abondant en Norvège, il n’est donc pas surprenant que jusqu’à la fin de l’époque médiévale, les églises furent entièrement construite en bois. Il y avait plus d’un millier de stavkirke.
L’originalité de la construction réside dans sa conception. Les poteaux étaient accolés verticalement les uns aux autres au lieu d’être assemblés horizontalement comme habituellement pour la construction des cabanes. A l’origine, ils étaient plantés directement dans la terre ce qui occasionnait le pourrissement du bois.

eglise en bois debout de HeddalPlus tard, les poteaux furent installés sur des murs de pierres, ce qui avait l’avantage de les prémunir de l’humidité du sol. Pour préserver l’homogénéité de la structure, les murs de pierres furent masqués par des parements de bois.
De nos jours il y a 28 églises restaurées ou reconstruites.
Une des plus majestueuses, datant du 13ième siècle, est l’église en bois debout de Heddal dans la province du Telemark.

eglise en bois debout de Heddal 2Le Telemark, tous les skieurs connaissent ce nom en tant que technique de « ski nordique » et de descente ou les talons sont libres sur les skis, mais peu savent qu’elle a été inventée par un norvégien natif de la petite ville de Morgedal dans le comté du Telemark.

station de ski de morgedalCe norvégien, skieur exceptionnel de ski de fond et de ski alpin  un peu « casse cou » dans les sauts à ski se nommait Sondre Norheim. Né le 10 juin 1825 à Norgedal, il émigre avec sa famille au États-Unis ou il décède le 9 mars 1897.

sondre Norheim telemarkAprès avoir traversé les hauts plateaux désertiques du comté de Rogaland, le Lysefjord apparait à plus de mille mètre en contrebas. La descente sur une route aux lacets en épingle à cheveux est impressionnante.

lysefjordLe Lysefjord situé dans la région du Ryfylke (Rogaland) est le prolongement du Hogsfjord qui va jusqu’à Stavanger. C’est sans doute le plus impressionnant des fjords avec des points de vue spectaculaires dès le départ du petit village de Lyse. Ce petit village possède quelques curiosités pour le moins étonnantes:

– Sa « maison blanche »

MAISON BLANCHE2– Son camping au nom original, qui fait référence à un film culte des années 1987 : « Dirty Dancing » (danse lascive), dont les acteurs principaux étaient Patrick Swayze et Jennifer Grey. La comédie musicale était accompagnée d’une magnifique musique et chanson, I ‘ Had, « The Time of my life ».

Le camping appelé « dirty camping » (camping décontracté) avec son petit resto « Olav’s Pub and Bistro » ou le patron affiche clairement la couleur « I kiss better than I cook » est situé à quelques pas du Lysefjord.

olav pub nd bistroIl est 17h00, le Ferry « Fjord 1 » appareille de Lyse et s’engage entre les falaises vertigineuses.

depart de lyseDans le fjord, la première des curiosités qui se trouve sur bâbord est la pierre ronde (l’œuf) du plateau du Kjerag. Ce plateau s’élève majestueusement à plus de 1000 mètres au-dessus du fjord.
Cette pierre, coincée dans une faille à plus de 500 mètres au-dessus du Lysefjord attire tous les grimpeurs et autres téméraires avides de sensations fortes qui n’hésitent pas a grimper dessus.

LE ROCHER DU KJERADUn peu plus loin sur tribord, une paroi vertigineuse surmontée d’un plateau semble défier les lois de la nature. Ce plateau situé à l’aplomb du Lysefjord, très prisé des randonneurs norvégiens, est la grande attraction touristique du Ryfylke. Cette falaise située à 604 mètres est appelée Preikestolen (le pupitre ou la chaire). Une faille bien visible laisse présager qu’un jour ou l’autre le pupitre s’écroulera dans le Lysefjord occasionnant un tsunami qui dévastera Lyse et se propagera jusqu’à Stavanger et d’autres villages disséminés le long du fjord.

LE PUPITREUn peu plus loin, le sympathique capitaine du ferry fait une tentative vers une nouvelle route. Malheureusement le passage est obturé, il faut reprendre le cap habituel.

la failleAprès quelques cascades et un pont immense enjambant le fjord nous arrivons dans le petit village de Lauvvick. Mon ami m’avait caché qu’il était natif de ce village.

panoramique Nadine FoussierLa route sinueuse nous mène jusqu’à la ville de Stavanger.
Par le passé Stavanger était un port de pêche prospère appelé « capitale de la conserve ». Pas moins de 50 conserveries travaillaient et mettaient en boites les saumons, harengs et autres poissons qui pullulaient dans les eaux norvégiennes.
Ce passé a vécu, le port est devenu la « capitale du pétrole », ce qui est bien moins romantique. Maintenant il faut vivre avec cette manne qui fait la richesse du port, de la ville, de la région et du pays.
Après les traversées de longs tunnels dont certains passent sous la mer, un nouveau ferry nous transporte de Mortavika vers Arsvorgen. La route vers le Hardenger fjord est jalonnée de nombreux travaux routiers.
Heureusement « Ledebil » veille à la sécurité des usagers et des travailleurs.
« Ledebil » est le nom d’un Peugeot Partner jaune et noir qui accompagne en convoi tous les véhicules, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, pour sécuriser les passages dans les zones de travaux routiers. Pas si « débile » que cela cette méthode, bien au contraire. En France, on ferait bien de suivre l’exemple car les feux alternatifs sont souvent bafoués.

LedebilPassé « Ledebil » qui fait une pause, on arrive au pied de la gigantesque cascade de Lotefoss.
Des milliers de mètres cubes d’eau dévalent les pentes, passent sous la route pour finir dans un bouillonnement d’écume dans le lac en contrebas. On peut imaginer cette cascade au moment de la fonte des neiges.

lotefossNous longeons le Sorfjord, d’Odda à Utne ou un charmant hôtel restaurant nous accueille dans son écrin rétro. Cet établissement qui a ouvert ses portes en 1722 est l’un des plus vieux hôtels de Norvège.

utne hotelAprès une ultime traversée en ferry du Hardangerfjord de Utne à Kvanndal, nous arrivons à Bergen « la capitale des fjords ».

Bergen1Bergen est située dans le Hordaland. La cité chargée d’histoire, fut fondée en 1070 par le roi Olaff III. La ville composée d’une majorité de maisons de bois a souvent été ravagée par les incendies. En 1702, 80% des maisons furent détruites. En 1756, 1600 maisons partirent en fumée. Les derniers incendies datent de 1944 puis plus  récemment en 1955. Ce dernier incendie détruisit les maisons de bois du quartier de Bryggen ou se trouvait par le passé, les entrepôts de poissons des marchands de la « ligue Hanséatique ». La ligue était une association de marchands d’origine germanique (Teutoniques) des villes de la mer du Nord et de la mer Baltique (Hambourg, Lübeck Riga, Danzig etc..). Le quartier fut entièrement reconstruit en 1980.

entrepots de bryggenLa ville est entourée de sept montagnes ce qui engendre un climat bien particulier. Les nuages venant de la mer s’accrochent aux montagnes et se vident sur la ville.
La plus haute, Ulriken, accessible en téléphérique est située à l’Est.
La plus visitée, Floyen, accessible par le funiculaire est située au Nord du port. Le panorama à son sommet est splendide, à condition bien sur, qu’il fasse beau temps.

funiculaire de floyenCi dessous la descente du Floyen en funiculaire

La ville de Bergen qui fut jadis prospère grâce à la pêche à la morue qui était séchée et salée dans les entrepôts de la ligue teutonique de Bryggen est devenue un port d’escale pour les paquebots et une base arrière pour les bateaux d’assistance des plateformes pétrolières.

La ville est divisée en quartiers dont les plus authentiques avec leurs maisons en bois de toutes les couleurs sont situés de part et d’autre du Vogen (port). Au nord Bryggen et au sud Strangehagen.

Le marin breton Yves de Kerguelen, natif du manoir de Trémarec près de Quimper, qui assurait la mission de surveillance, des bateaux de pêche français en mer d’Islande fit une escale à Bergen en 1767. En parlant de la ville, il nota : « les maisons, bien qu’elles soient construites en bois, ont une apparence très plaisante due à la diversité des couleurs ».

MAISONS DE STRANGEHAGENCela ne m’étonne pas, lorsque l’on voit avec quel soin les propriétaires entretiennent leurs maisons. Il n’y a pas que les maisons qui sont plaisantes !

les peintresAutour du port on peut admirer quelques vestiges du passé, comme la forteresse de Bergenhus et la tour de Rosenkrantz. La forteresse abrite toujours une petite garnison.

forteresse de bergenhusAu fond de la darse, le marché aux poissons perdure, même s’il n’est plus sa grandeur d’antan. Il permet tout de même de visualiser les produits de la pêche locale, poissons et crustacés, dont le fameux « crabe royal ».

crabe royalDans deux précédents récits, « du crabe soldat au crabe tambour » et « le crabe mousse », je raconte des histoires de crustacés. Je vais donc en rajouter une autre, peu banale : « le crabe de Staline ».
On se demande pourquoi avoir donné le nom de Staline au « crabe royal » du Kamtchatka.
Le crabe a été introduit à partir de 1961. Staline est décédé en 1958.

Il aurait été plus judicieux de l’appeler : « le crabe de Nikita » étant donné que c’est Khrouchtchev qui lui succéda. C’est lui qui dirigeait l’ URSS durant la campagne d’introduction du « crabe royal ».
Le crabe royal du Kamtchatka
Originaire du littoral oriental de la Sibérie, il a été introduit artificiellement dans le fjord de Mourmansk par le gouvernement soviétique afin de fournir de nouvelles ressources aux pêcheurs russes. Depuis cette introduction, n’ayant pas de prédateurs il s’est répandu dans la mer de Barents, le long des côtes de la Norvège et jusqu’en Islande. Les protecteurs de l’environnement et certains pêcheurs voient cette progression rapide comme une menace pour les autres espèces. D’autres pêcheurs le considèrent comme une bénédiction économique. Sans prédateur naturel, il pourrait atteindre les côtes de l’Europe Nord et même Les côtes Atlantiques. Le crabe royal peut parcourir jusqu’à 15 km par jour.
C’est le crabe le plus recherché au monde et le plus cher au poids, entre 40 à 80 € au kilogramme en France. Il est péché essentiellement pêché sur les côtes de Norvège et en Alaska.
Le Crabe Royal ressemble à une grosse araignée de mer. Il a 6 pattes et 2 pinces. Il vit dans des eaux froides et profondes entre 100 et 500 mètres. Il peut peser jusqu’à 15 kilos. Son envergure peut atteindre 2 mètres. Sa carapace est petite, il possède 3 pattes et une pince de chaque côté (la pince de gauche est plus petite que l’autre. Cette pince sert à manger les proies.

Le crabe Royal appartient à la famille des « Lithodidae ».
Afin de préserver l’espèce, seuls les crabes mâles, de 10 à 12 ans, d’ un poids de 5 Kilogrammes minimum et une envergure d’un mètre minimum peuvent être capturés.

La capture se fait dans d’ énormes casiers rectangulaires avec des appâts fait de poissons, en général des harengs et des cabillaud dont l’ odeur attire les crabes.

casiers crabe royalSa chair est rouge sur le dessus, blanche à l’intérieur. Sa texture est ferme et raffinée, son goût extrêmement délicat et développé.

Il existe trois variétés de ces crabes dit « Royaux »:

– le Rouge, le plus commun, en Alaska et en mer de Norvège,
– le Bleu, plus au nord de la mer de Béring,
– le Brun, plus au sud de la mer de Béring.

Un autre type de crabe, plus petit que le « crabe royal », comme l’araignée (1,5 kg, 0.90 mètre d’envergure) fréquente les eaux froides de l’Atlantique nord-ouest, du Pacifique nord, dans les mers de Béring, de Beaufort et de Barents. Il s’agit du « crabe des neiges » dont le nom scientifique est le Chionoescetes.  Deux espèces sont recherchées par les pêcheurs qui ne peuvent que capturer les mâles pour préserver l’espèce:

– L’Opilio Chionoescetes,crabe des neiges

– Le Bairdi Chionoescetes.

Doit-on souhaiter la venue de ces crabes sur nos côtes ?

Quid de nos crustacés endémiques si le « crabe royal » faisait son apparition?

C’est un prédateur, nettoyeur des océans, pour les mollusques et même autres les autres crustacés. On peut dire, comme pour les Tatars:  » la ou le crabe royal passe , il ne reste rien! »

comparaisons crabesLa vidéo ci dessous, présentée par Yann Arthus Bertrand est très explicite.

Bergen est le port de départ de l’Express Côtier.

L’Express Côtier « Hurtigruten »
Hurtigruten (la route rapide), est le nom du service régulier des bateaux qui assurent la liaison entre les 34 ports de la côte norvégienne depuis 1890. Hurtigruten a été fondé par un armateur privé, la compagnie Vesteraalens.

Le Vesteraalens fut le premier « express côtier » de la même compagnie du même nom. Richard With fut le premier capitaine à assurer la liaison maritime entre le nord et le sud de la Norvège sur ce bateau.

VESTERAALENSLa Norvège s’étend du nord au sud sur près de 2 650 kilomètres entre Bergen et Kirkenes à la frontière Russe. La côte est majoritairement très montagneuse avec de nombreux fjords et îles. Le moyen le plus rapide pour relier ces ports était le bateau. Les côtes n’étant pas envahies par les glaces grâce au réchauffement du au Gulf Stream, il était possible de naviguer toute l’année.

Le SS Stord 1 à quai à Bergen

STOD 1Le SS Stord 1, ce Steam Ship, (bateau à vapeur) de 376 tonneaux, construit en 1913, assura les liaisons maritimes jusqu’ en 1969.

CAR BERGEN

L’image de Bergen est partout, la ou on ne l’attend pas. Même notre bus est affublé d’une superbe photo.

Il est temps de quitter cette magnifique ville de Bergen dont la réputation de ville la plus pluvieuse de Norvège ne me parait pas justifiée (nous avons peut être eu de la chance). Comme en Bretagne, il peut y avoir plusieurs climats dans la même journée.

Direction le Sognefjord ou un autre ferry nous fait traverser d’ Oppedal à Lavik, puis route sinueuse vers Skei et le glacier de Briksdal.

BRIKSDAL3Le glacier de Briksdal fait partie de l’immense glacier du Jostedal. C’est le plus vaste glacier d’Europe avec une superficie de 486 km2. Il a une épaisseur de plus de 400 mètres. Son sommet est situé à près de 2000 mètres. Il se jette dans un lac couleur émeraude, le Hornindal. Ce lac est le plus profond et le plus pur de Norvège.

Pour arriver jusqu’au front du glacier, il faut se mouiller en traversant un pont qui passe à proximité d’une impressionnante cascade d’eau qui « dégringole » en grondant dans un bouillonnement d’écume.

cascade briksdal2Passé ce brouillard d’eau glacée, le chemin de 2,5 kilomètres grimpe doucement entouré par un paysage grandiose. La lente progression vous permet de vous rendre compte du réchauffement climatique qui inexorablement fait fondre le glacier au fil du temps.Les marques sur la roche donnent la date ou se situait le glacier auparavant.

Lorsqu’on arrive sur le front du glacier on ne peut que retenir son souffle devant la magnificence de ces couleurs qui varient entre le blanc et le bleu. Le glacier du Mont-Blanc parait bien « sale » à côté de la pureté du Briksdal.

glacier de briksdalOn resterait bien des heures à contempler ce géant blanc avec ses nuances de bleu qui tirent jusqu’au violet.

L’ obscurité tombe vite entre ces vallées encaissées, il faut à regret attaquer la descente pour reprendre la route sinueuse vers le sympathique petit village de Loen.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers l’ouest pour rejoindre la fameuse route touristique 63 qui même, ou plutôt qui serpente en virages serrés et pentus, entre 8 et 12%, jusqu’au village de Geiranger. La vue est impressionnante sur le fjord.

geiranger 11Malheureusement cette route est fermée de novembre à mai car il faut passer un plateau gelé et un col situé à plus de 1000 mètres ou la hauteur de neige dépasse souvent les 5 mètres.
De l’autre côté du fjord la route 63 remonte en 12 virages en épingles à cheveux jusqu’au sommet à 650 mètres. Cette route terminée en 1926, est ouverte toute l’année ce qui a permis de désenclaver le village. Elle est appelée « la route de l’aigle ».

route de l'aigleJ’ai lu de nombreux commentaires, plus ou moins fantaisistes  pour désigner l’origine du nom la « route de l’aigle » et non pas des aigles.

La plus courante des tentatives d’explication d’origine du nom est textuellement celle-ci : « Elle a été surnommée Route des Aigles parce qu’en son point culminant, elle passe par un endroit qui abritait traditionnellement un grand nombre d’aigles ».
Cette définition en l’ occurrence simple et sympathique, est inexacte, même si la Norvège abrite toujours des colonies « d’aigles de mer ». Des « aigles pêcheurs », autre nom donné aux « aigles de mer », qui nichent plus au nord dans les îles Lofoten. « L’aigle des Lofoten » est en fait un Pygargue à tête blanche.

Il faut se souvenir que par le passé des symboles héraldiques étaient souvent utilisés pour une bannière, un drapeau , un nom de lieu ou de chemin etc… Les romains, les égyptiens, les allemands, les américains (le pygargue à tête blanche), et les français ont choisis l’aigle pour symbole. Dernièrement, une espèce d’aigle qui avait complètement disparue de nos montagnes fait l’objet de tentatives de réimplantation dans les Alpes et en Corse. Il s’agit du pygargue à queue blanche.

AIGLE SYMBOLE HERALDIQUENapoléon à également adopté ce symbole pour son armée. La route Napoléon est également appelée « route de l’aigle »
La route suit au plus près le trajet historique de Napoléon de retour de l’île d’Elbe. Sur les panneaux informatifs et les monuments du parcours figurent des aigles aux ailes déployées symbolisant les paroles de l’Empereur:

« L’aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ».

Avait t’ il l’intention d’ajouter un aigle sur le drapeau national ?

route de l'aigle napoleonRevenons à l’étymologie de la route de l’aigle de Norvège.

A Geiranger, si la route fut dénommée ainsi, c’est en partie grâce à l’opiniâtreté d’un ressortissant Allemand, venu s’ y installer, charmé par la beauté des paysages et la tranquillité des lieux. Un peu trop tranquille toutefois à son goût en hiver, car la route était fermée. Il décida donc de mettre la main à la poche et de participer activement à la réalisation d’une autre voie sur l’autre versant du fjord. La première route fut ouverte en 1926, puis  élargie et sécurisée en 1955. Cette route reste ouverte toute l’année. Comme tout allemand, fier de son pays, il arborait sur sa maison le drapeau sur lequel figurait un aigle.

Depuis, la route fut appelée « route de l’aigle » en honneur de son « inventeur », mécène.

quais de geirangerIl est temps d’embarquer, car le ferry n’attend pas. L’Express côtier à peine arrivé, se prépare déjà à repartir vers Älesund.

express cotierLe Geiranger fjord, que l’on ne présente plus, est surnommé « le roi des fjords ».
Le Geiranger a une forme de « S » pour une longueur de 20 nautiques (16 km).

GEIRANGER 41Le bateau avec la régularité d’un métronome appareille et nous laissons la « route de l’aigle » sur notre tribord.
Peu de temps après notre départ, les chutes d’eau des « sept sœurs » apparaissent. Elles tombent majestueusement de plus de 250 m dans le fjord.

7 soeursA côté de la cascade sur un plateau, on peut apercevoir la ferme abandonnée mais restaurée de Knivsfla.
Sur l’autre rive du Geiranger, une autre cascade, fait face aux 7 sœurs. Cette chute d’eau est appelée « le Prétendant ».

Le PrétendantA côté de la cascade, une autre ferme isolée est abandonnée mais également restaurée, Skagefla.
Après avoir navigué sur le « S » du Geiranger, nous virons sur bâbord en direction de la petite ville de Hellesylt. La route sinueuse nous conduit vers le Storfjord ou un autre ferry nous attend pour nous faire passer d’ Orsneset à Magerholm.
Avant d’arriver à Älesund, nous grimpons sur la colline d’ Aksla qui domine la ville.

ALESUND3La vue est splendide sur le port et les îles de Godoya, Giske, Valderoya et Vigra.

 Ålesund ou Aalesund
Ålesund si on veut respecter l’alphabet norvégien se prononce « Olesund ».
La lettre « A » étant surmonté d’un petit « o », c’est lui qui prime en ce qui concerne la prononciation.

Quel changement pour cette petite ville portuaire aux maisons de bois de toutes les couleurs ou j’étais venu en escale…il y a de cela… quarante-deux années. Le port s’est doté de nouveaux quais pour accueillir les croisiéristes et la ville s’est étendue vers l’est. La ville me parait plus belle que par le passé, sans doute grâce à la manne pétrolière qui a bouleversé toute l’économie de la Norvège.

Je me souviens !

ALESUND11Ålesund a toujours regardé vers le large, vers cette immensité qu’est l’océan. ALESUND 22Le temps manque pour visiter toute la ville d’Ålesund, mais je ne résiste pas au plaisir de jeter un dernier coup d’œil sur le port, les îles et la baie du haut de la colline d’Aksla.

alesund 33Après ce « remake » d’escale à Ålesund, et un dernier regard vers le quai, nous quittons la côte et repartons vers l’intérieur de la Norvège.

quai alesund

La route  longe le Sorfjord et le Nordfjord en direction de Validal puis nous reprenons la nationale 63.
La route grimpe doucement vers le plateau aride de Stigrora dans la région de Romsdal. La température chute brutalement, les bourrasques de vent accentuent encore cette sensation de froid. La neige recouvre encore les sommets des montagnes.

STIGRORABienvenue dans le domaine des trolls

Les trolls sont des personnages de la mythologie scandinave. Ils sont comparables aux créatures imaginaires comme les elfes ou les korrigans en Bretagne. Il existe plusieurs types de trolls : les trolls des montagnes, des collines, des forêts, des neiges, des cavernes, des fjords, des mers etc…

La route des trolls

trolls2Ouverte en 1936, cette route vertigineuse, qui comprend 11 virages avec des pentes à 12%, en épingle à cheveux, n’est pas autorisée aux véhicules de plus de 12 mètres de longueur car il leurs serait impossible de prendre le virage.

ROUTE DES TROLLSLa route est cernée de trois montagnes dont l’altitude varie de 1500 à 1800 mètres. Leurs noms qui indiquent leur majesté :
Le Roi (Kongen) avec la Reine (Dronningen) à sa droite comme il se doit, et l’ Évêque (Bispen) à sa gauche.

Une plateforme a été construite au dessus du vide. Elle permet une vision parfaite des lacets de la route et la vallée en contrebas.

route des trolls 6Pour atteindre la plateforme, accrochée à la montagne, il faut emprunter  une passerelle qui longe le précipice tout en se courbant l’échine pour lutter contre un vent violent et glacial. Filmer la route et la vallée est une gageure surtout avec une tablette qui faseille comme une voile dans le vent.

Arrivé dans la vallée, le calme est revenu, le paysage devient champêtre tout au long du torrent.

Après la vallée de Grudbrandsdalen, la route grimpe vers les montagnes de Jotunheimen en direction de Gala, charmante petite station de ski avec ses chalets dispersés sur les flancs de la montagne.

GALA2L’accueil des employés du complexe hôtelier est chaleureux dans ce lieu éloigné, où règne un calme absolu.

GalaLe lendemain nous passons par la « route de Peer Gynt », une route privée à péage qui traverse le plateau de Gudbrandsdalen. C’est peut-être la dime imposée par… les trolls…pour pouvoir continuer son chemin.
L’histoire de Peer Gynt.
C’est un conte écrit en 1867 par l’écrivain norvégien Henrik Ibsen qui raconte les aventures rocambolesques d’un jeune paysan balloté entre le monde réel et celui des trolls. Une des morales de cette histoire, c’est qu’on croit toujours trouver mieux ailleurs plutôt que chez soi.

Dans ce conte, Peer doit épouser une jeune fille vertueuse habitant près de chez lui, Solveig, mais attiré par la beauté d’Ingrid, il l’enlève, puis il l’abandonne.
Il s’enfuit et rend visite au troll « roi de la montagne ». Il est séduit par une des filles du roi qui est gnome. Le roi lui propose de lui mutiler les yeux pour qu’il devienne troll à son tour.

le conte de peer gyntEffrayé, il s’enfuit parcourir le monde. Tout d’abord, marchand d’esclaves en Afrique, prophète en Arabie, il finit dans un asile au Caire.
Devenu vieux, lassé par cette vie errante et de débauche, il revient en Norvège. Solveig, fidèlement l’attendait car elle espérait le revoir un jour.
Avant qu’il ne meure, Solveig lui dit : « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c’est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur ».
La fin du conte fait penser à celle de l’Odyssée d’Homère dans lequel Pénélope avait patiemment attendu, Ulysse, son aventurier de mari.

Peer Gynt n’a pas tenu compte d’un proverbe bien de chez lui qui dit: « qui court après l’incertain, néglige bien souvent le certain »

Plus tard le conte sera adapté au théâtre sur une musique du célèbre compositeur norvégien Edvard Grieg.

Nous redescendons dans la vallée de Gudbransdalen pour nous rendre à Lillehammer.
Lillehammer, une petite bourgade, située près de Mjosa, le plus grand lac de Norvège, est devenue célèbre dans le monde entier quand elle s’est vue attribuer l’organisation des jeux olympiques d’hiver de 1994.

LILLEHAMMER 1994Le stade avec ses deux tremplins sont les témoins de cette olympiade. Malgré cette notoriété, la ville a retrouvé sa tranquillité.

lillehammerPrès de Lillehammer, il y a un endroit magique hors du temps : le musée à ciel ouvert de Maihaugen. Ce musée présente l’architecture norvégienne au fil des ans. Dans un parc de 37 hectares, on peut voir et visiter des maisons de différentes périodes. Certaines d’avant 1400, d’autres entre 1700 et 1850, mais aussi un village des années 1920.

carte maihausenCe musée a été construit en 1904, grâce à la perspicacité d’un dentiste, Anders Sandvig. Pour préserver le patrimoine il acheta dans la vallée de Gudbransdalen toutes sortes d’objets du quotidien ainsi que des maisons anciennes pour ensuite les reconstruire dans son musée. Le parc comprend actuellement 200 bâtiments.

maihaugen1Le parcours de ce site avec son église en bois debout, son école, ses fermes, sa poste, sa gare, ses commerces et ses maisons de toutes les époques est saisissant.
Dans le musée il y a même un quartier résidentiel habité. Des bénévoles font vivre le village comme dans le temps.

maihaugen2L’institutrice fait école aux visiteurs de passage.

maihaugen rentrée en classemaihaugen ecoleL’église en « bois debout » avec son poteau de justice sur la droite en rentrant.

maihaugen egliseIl ne manque plus que le curé pour faire la messe.

EGLISE INTERIEURdevant la gare un train attend l’heure de départ

MAIHAUGEN LA GAREamihaugen un train en gareNous reprenons la route en direction Oslo. La boucle est bouclée, la capitale de la Norvège sera notre dernière dernière escale.

La Norvège est un pays magnifique plein de contrastes, aux climats changeants suivant le lieu et l’altitude à laquelle l’on se trouve. Le Gulf Stream qui longe les côtes jusqu’aux îles Lofoten permet d’avoir un climat côtier tempéré, tandis que les régions intérieures sont plus froides, neigeuses ou pluvieuses, suivant la saison. Les paysages changent, passant des forêts immenses et denses d’épicéas au herbes rases et aux lichens des plateaux pelés et froids.

norvege les hauts plateauxLa présence des fjords est permanente et il n’y a que trois moyens de pouvoir continuer sa route : le ferry, le pont ou le tunnel.
Le nombre de tunnels de montagne ou sous-marin est impressionnant. Les routes sont extrêmement sinueuses, pentues, étroites et dangereuses. Il ne faut surtout pas calculer la distance, mais le temps, comme en Corse.

Avant d’arriver à Oslo, des travaux gigantesques sont en cours de réalisation pour doubler la voie de chemin de fer, construire une autoroute et des tunnels. Le Laerdal, entre Oslo et Bergen  est le plus long tunnel de Norvège avec ses 24,5 kilomètres. C’est la moitié de la longueur du tunnel sous la Manche. Tous les hommes politiques norvégiens se croient obligés, pour essayer d’ obtenir les votes de leurs concitoyens, d’inclure dans leurs programmes, la construction de tunnels. C’est la course à la démesure.

tunnel2Le dernier projet hors norme envisagé est la construction du tunnel pour bateaux de Stad.  Ce ne sera pas un tunnel pour péniches, comme le touage de Riqueval sur le canal de Saint Quentin, mais un tunnel capable de faire passer des navires jusqu’à 16 000 tonnes. Les plus gros navires type « Express Côtier » de la flotte Hurtigruten pourrons l’emprunter. Le MS « Trollfjord », avec ses 135 mètres de longueur, 21 mètres de largeur et d’un port en lourd de 16140 tonneaux sera capable de le franchir.

TrollfjordEn Norvège l’eau est partout, la mer avec son littoral de 3380 kilomètres, ses 25 000 kilomètres de côtes, ses 50 000 îles , ses nombreux fjords, ses torrents, cours d’eau et ses 95 700 lacs.

pavillon norvegienLe drapeau norvégien avec la croix chrétienne  bleue et le blanche sur fond rouge représente, comme en France, la démocratie, la liberté.

George Sand ne soutient pas la thèse sur la diversité des langues, et elle a raison:

« J’ai entendu dire par certains savants que la diversité des langues venait de la différence des climats. Ils soutiennent que, si le norvégien est rude et guttural, cela provient de, ce que, en Norvège, les eaux et les vents grondent et mugissent ».

Arthur Rimbaud, qui comme Peer Gynt était avide d’aventures exotiques vint en Norvège en  1877 ou il écrivit Ophélie:  » C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège- T’avais parlé tout bas de l’âpre liberté ».

En guise de conclusion, je dirais que ce pays, qui au premier abord parait rude et froid, est accueillant, plein de charme,de contrastes, avide de l’âpre liberté dans la douceur de vivre ou la propreté n’est pas un vain mot.

Jean Claude Quideau

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9 réflexions au sujet de « Retour au pays des vikings »

  1. Jamais je n’aurai pensé qu’un jour je reviendrais, plus de quarante années plus tard, au pays des vikings.
    La Norvège est un pays plein de charme et de paysages grandioses à couper le souffle. Le pays a beaucoup évolué depuis ma première visite en 1972 et cela grâce à la découverte du pétrole et du gaz au large des côtes. Il est à souhaiter que cette manne providentielle ne vienne pas polluer une nature sauvage et pas encore surpeuplée.
    Dans mon récit, je vous livre une toute petite partie de cette richesse visuelle et historique ou un français a joué, par le passé, un rôle prépondérant.
    Bonne lecture.
    Jean Claude Quideau

  2. Un seul mot BRAVO! Tout y est.
    Moi aussi, j’ai fait un compte rendu, mais si il est fini de taper, j’attends de l’aide (mon fils ainé), pour le mettre en page, et il serra beaucoup plus court que le votre, je vous ferai signe lors de sa parution, peut un best seller, je plaisante!!!!!!!!!!
    Cordialement à tous les deux
    Marie France Bezanger

  3. Bonjour à tout les deux.Tout est magnifique avec de belles photos. Je vous dit Bravo ! moi aussi j’ai fait un album photos, et après je ferais un film. Mais en ce moment je n’ai pas le temps car on vendange. Le vin est très bon.je vous invite a venir nous voir quand vous passerez par la Charente. C’est avec plaisir de vous recevoir. bien cordialement. Julia

  4. Bonjour à vous deux
    « Bravo », vraiment formidable, une rétrospective magnifique et très complète du voyage
    que nous avons fait. Rien ne manque les explications, les photos, les détails. … on revit
    le sejour. Un veritable cadeau pour ceux qui ne prennent pas le temps de la faire.
    Un grand merci
    bien cordialement
    Marcel et Françoise

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