Carnet d’un Bigouden

Mis en avant

carnetdeguemer matSuivez les bigoudènes, fières de leur entité à nulle autre pareille, qui dressaient fièrement, leurs belles coiffes blanches, brodées et amidonnées, face au vent. Nulle tempête ne pouvait venir à bout de leurs coiffes fièrement dressées. Elles ne craignaient rien…….sauf la pluie!

bigoudenes lesconil

vieux goemoniers

plobannalec lesconil entre terre et mercliquer sur ce lien pour dérouler le diaporama: plobannalec_lesconil_entre terre et mer

Un clic sur ce lien pour une promenade en musique sur les rivages de sel:diaporama _balade sur les rivages de sel

Le drapeau breton (le gwenn ha du: blanc et noir)

Les onze hermines rappellent le souvenir des rois et des ducs qui gouvernèrent la Bretagne indépendante. Les neufs bandes, cinq noires et quatre blanches, symbolisent les neufs anciens évêchés. Les noires représentent les diocèses de langue gallos : Dol, Nantes, Rennes, Saint-Malo et St-Brieuc, et les blanches les diocèses de langue bretonne : Trégor, Léon, Cornouaille et Vannes.

Le drapeau du pays bigouden (ar vro vigoudenn)

drapeau bigoudenLes vingt deux hermines représentent les vingt communes du pays bigouden plus deux communes qui s’y sont rattachées, Gourlizon et Guilers.
Les deux bandes jaunes sont le symbole des anciens cantons du pays  Bigouden: Pont- L’ Abbé et Plogastel Saint-Germain.
Les trois bandes oranges sont les cantons actuels.

cheval d'orgueil2

La côte des Tartares

les tartares da cote

Comme toutes les histoires, elle commense par il était une fois…

Dans l’ouest…

A la fin de la terre,

Dans le sud Finistère,

Au bord d’une côte déchiquetée et sauvage,

 Lieu de violentes tempêtes et de naufrages ,

Cachés derrière les rochers qui bordent  sa plage,

Dos à la mer, ils cultivaient leur terre,

Sur la palue du Cosquer.

cheval d'orgueil2

La « côte des Tartares » est située face au grand large, tout au sud du pays bigouden, en plein pays du « marc’h ar lorc’h, le cheval d’orgueil,

march ar lorch

L’endroit est sauvage, parsemé de rias et de marais. Les rochers, les dunes et les plages qui bordent la côte sont  balayés par des vagues hargneuses, des vents violents et des tempêtes fréquentes.

Ce lieu est dénommé « Ar Vor » (le bourg). « Ar Vor » est devenu au fil du temps Larvor.

carte larvor

« AR VOR AN TARTARES »

ar vor an tartare

C’est le géodésien, cartographe, César-François Cassini qui traça cette carte ainsi que les 180 autres feuilles qui représentaient le plus fidèlement possible le relief de toutes les régions  françaises.

César-François Cassini

Un peu partout en France on trouve des traces des « pyramides de Cassini »  composée de tas de pierres en forme de pyramides qui servaient de points de repères pour les tracés des cartes.

Pyramide-de-Cassini

Jean-Dominique Cassini  termina les remarquables travaux de cartographie de son père.

C’est à l’arrière de la côte, derrière une grande dune de sable blanc dans un vallon (an Traon en breton) marécageux dénommé « Palue ou palud » (marais) que les « Tartares » ont élu domicile.

Sur la carte de Cassini on peut voir que la côte de Larvor était composée de plusieurs rias.

Le Ster qui s’étendait après la chapelle de Plonivel  jusqu’au manoir de Kerhoas.

La seconde ria, celle de Keralouet, derrière la palue du Cosquer  s’enfonçait dans les terres jusqu’à Kerogan.

La troisième, celle de Lodonnec, allait jusqu’à Kerillan.
palud des tartares

Les maisons des « Tartares » étaient basses et solides car bâties en granite avec de petites ouvertures pour se protéger des vents violents et des tempêtes fréquentes.

Le bourg est situé entre la commune de Loctudy dont elle est rattachée et la commune de Plobannalec-Lesconil.
Une petite ria dénommée le Ster, sépare le bourg de Larvor de Lesconil.

Le nouveau Plan  de Prévention  des Risques du Littoral (P.P.R.L.) édité récemment par la Préfecture du Finistère reprend les cartes anciennes (Cassini et d’État-major) pour étayer son argumentation sur les risques de submersion.

le ster lesconilsteir

De l’autre côté du Ster, c’est le pays des marais et des étangs ou l’eau de mer se mélange à l’eau douce des ruisseaux. Cette zone humide, sauvage, couverte de roseaux, appelé « Ster Kerdour » (lieu d’eau) est le domaine de prédilection des grands échassiers, hérons, aigrettes ainsi que les autres oiseaux des marais (canards, chevaliers, plumiers, bécasseaux, grèbes). Les poisons, anguilles et mulets pullulent dans ces eaux saumâtres.
cote des tartaresEn 1850, cette lagune fut l’objet d’une tentative de « polderisation » avec la construction de digues. Le projet bien entamé périclita au fil du temps et l’objectif de valorisation agricole abandonné. Les canaux d’irrigation n’étant plus entretenus, les parcelles plus cultivées, la nature reprend ses droits. Je me souviens pourtant que la culture des carottes avait trouvé en ces lieux un terreau favorable.
Depuis quelques années, la zone est envahie par une herbacée envahissante surnommée « roseaux à plumes ». Cette plante envahissante importée d’Amérique du sud plus communément appelée « herbe de la pampa « à colonisé le polder. Du nom scientifique de « Cortaderia Selloana », cette plante vivace est très invasive surtout quand elle trouve un endroit propice à son développement. Elle a un impact négatif sur la biodiversité du Ster Kerdour ainsi que toute la zone environnante du « Traon ».
Depuis 2007 ce lieu de plus de 8 hectares est un site protégé.

Il n’y a pas si longtemps, un ancien marin de Lesconil , assurait avec sa barque à fond plat dénommé « plate », le passage ente la petite digue du quartier des « Quatre- Vents » de Lesconil et le bourg des tartares de Loctudy. La « godille » était le moyen utilisé par le passeur pour faire avancer sa plate dans le courant du Ster.

le passeur de larvor

La « Reine de Larvor » est un cantique toujours chanté à l’église, en particulier lors des processions en l’honneur de Saint Quido

La bourgade s’est développée dans le vallon « an Traon » séparé de la mer par la grande plage de sable fin d’un blanc éclatant du nom éponyme « les Sables Blancs ». Après la plage, d’immenses plateaux de roches, couverts à marée haute se prolongent au long de la côte sauvage jusqu’au loch (ria) de Tudy (Loctudy).

port de larvor

Pourquoi cette appellation de « Tartares ». Mystère ?

Une première piste

Dans la mythologie grecque, Tartare est le nom d’un lieu à la porte de fer où toutes les formes de torture physique ou psychologique sont représentées.
D’après Virgile, le tartare est l’endroit le plus profond des enfers que l’on appelait Hadès, où quelques criminels mythiques célèbres reçoivent leur punition. C’est aussi la prison des dieux déchus.

Le Tartare selon Virgile

tartare la porte de fer

C’est dans le Tartare, que les condamnés expient leurs fautes. Les Cyclopes, Salmomée, Ixion et les Danaïdes condamnées à remplir un tonneau sans fond pour avoir tuées leurs maris.

Représentation grecque du tonneau des danaïdes

tonneau des danaides

C’est une région désertique, sans vie avec des étangs glacés entourée par des rivières aux eaux boueuses, des marécages à l’odeur nauséabonde, qui forment un rempart pour que nulle âme n’échappe à sa peine.

Le Ster Kerdour a beau être une zone peu hospitalière avec un marais appelé « palue » et des petits ruisseaux, le lieu n’est pas aussi ténébreux que celui décrit dans la mythologie grecque. Il faut toutefois souligner que de ce nom « palue » ou « palud » vient du latin « paludis » (marais). Le terme paludisme qui découle directement de ce nom., est également appelé malaria qui signifie: « mauvais air ».

Une deuxième piste me vient tout naturellement à l’esprit

Pour le commun des mortels, l’évocation de ce seul nom de Tartares ou Tatars est synonyme de horde sauvage tuant et pillant tout sur leur passage .

TARTARE PERSONNAGE

Les guerriers Tartares étaient organisé en hordes dévastatrices qui cherchaient à conquérir l’Europe.

La maxime attribuée aux « Huns », on pourrait également s’appliquer aux Tartares :

 » Ou sont passé les Tartares, l’herbe ne repousse plus ».

Aujourd’hui c’est encore une « légende noire » de la littérature.
Gengis Khan, le chef emblématique des Tartares, fut le fondateur au XIIIe siècle d’un immense empire, qui s’étendait de la Méditerranée au Pacifique. En 1240, ses redoutables guerriers déferlèrent sur la Russie. La domination tartare durera trois siècles. Elle a profondément marqué l’identité russe, jusqu’à nos jours.
Au XIIIe siècle, l’Europe chrétienne voyait déferler des Mongols, plus connus dans les sources occidentales sous le nom de « Tatars ».

la horde des tartaresL’irruption de ces guerriers redoutables provoqua à la fois stupeur et terreur. En définitive, l’Empire mongol fondé au début du XIIIe siècle par Gengis Khan et ses fils ne s’étendit pas jusqu’aux royaumes d’Europe occidentale.

Les Tartares de la côte
Contrairement à ce que l’on pensait, les Tartares seraient donc venus jusqu’à la pointe bretonne, en pays bigouden. Comment cela est-il possible ou serait-ce le fruit de l’imagination populaire, une légende qui se racontait oralement près de la cheminée devant un feu de varech.
Que l’on raconte que des vikings auraient débarqué sur cette côte rocheuses parsemé d’écueils aux noms évocateurs tel que : « Men Du » (le rocher noir), « Daou Pennec » (les deux petites têtes), c’eut été du domaine du possible, pour ce qui est des Tartares, c’est complètement utopique.

daou pennec

Une troisième piste, bien moins connue, du mot « Tartare »

Tartares était le nom donné aux valets militaires de la maison du roi, parce qu’ils pillaient pendant que leurs maîtres se battaient sur les champs de batailles..
Un jeu de mots que l’on prête à Saint Louis : « S’ils arrivent ces Tartares, nous les ferons rentrer dans le Tartare d’où ils sont sortis ».

D’autres pistes, plus alimentaires, mais peu réalistes telles que :
– Tartare de bœuf,
– Tartare de thon,
– tartare de saumon,

tartare de saumon– Tartare de saucisson,
– Tartare de steak,
– Sauce tartare,

Et bien sur, 

– le tartare de fromage.

Après la seconde guerre mondiale, Jean-Noël Bongrain, prend les rênes de la fromagerie familiale de Haute Marne.
En 1956, il baptise le fameux « Caprice des Dieux »
En 1965, il envahit les marchés avec sa horde de « tartares » dont le plus célèbre est le:

« Tartare aux fines herbes ».

tartare de larvor

A ma connaissance, les habitants de Larvor n’ont jamais fait de fromage. Il me faudra chercher ailleurs.

L’origine de l’appellation: « Tartares de Larvor »

Pour savoir un peu plus sur l’origine de cette appellation étonnante de ce coin reculé du Finistère sud, j’ai écouté avec attention le témoignage d’un ancien marin, qui a bien voulu me dévoiler le mystère.

Voici son récit :

« Entre les deux guerres, un jeune « instit », natif de Lesconil, fraichement sorti de l’école de formation des instituteurs, son « brevet élémentaire de capacité de l’enseignement primaire » en poche, se voit affecté dans la toute nouvelle école qui vient d’ouvrir à Larvor ». Je ne suis pas certain de son nom, mais je crois qu’il était de la famille Coic et que son prénom était « Per » comme Jackez Hélias, mais je n’en suis pas sûr.

larvor2

L’école de Larvor fut inaugurée en 1911

« Il était enchanté de cette affectation. Natif de Plobannalec-Lesconil, il  pouvait ainsi facilement  se rendre à l’école en traversant le bras de mer, à basse mer, ou en contournant la ria par le domaine du manoir de Kerlut, le manoir de Kerhoas puis la chapelle de Plonivel ».

ster kerlut

« Plein de bonne intentions, fier de sa charge d’instituteur, il se rendit à l’école primaire de Larvor en passant un peu plus haut du Ster pour éviter de mouiller son bas de pantalon neuf qu’il avait pris soin de retrousser jusqu’au genoux. Arrivé de l’autre côté il se rechaussa et il réajusta le bas du pantalon. Il traversa le Ster Kerdour en s’arrêtant un instant pour admirer une famille de canards, mère en tête, avec toute sa portée derrière qui formait un « v » parfait, chacun à sa place, à son rang dans la hiérarchie, attentifs aux ordres et conseils de la mère. Songeur il se voyait déjà devant ses élèves attentifs et silencieux, à l’écoute de sa parole tout comme ces gentils petits canards.
Arrivé devant l’école, il fut quelque peu décontenancé par le brouhaha de la vingtaine d’ élèves qui se bousculaient et s’invectivaient plus en breton qu’en français dans la cour. Il fit tout de suite le rapprochement avec la mère et ses petits canards bien disciplinés qu’il venait de voir et fut tout de suite quelque peu désappointé.
Le Directeur de l’école, qui l’avait accueilli assez froidement, donna de la voix pour calmer les cris.  Il fit aligner sur deux rangs tout ce beau monde, qui courait dans tous les sens tel des étourneaux cherchant les branches d’un même arbre pour s’y poser et piaffer en cœur.
Il se plaça devant une des deux colonnes et invita son nouvel instituteur à se placer devant la seconde. Puis il présenta Monsieur Coic aux élèves de la classe.
La brève présentation terminée, les élèves entrèrent dans leurs classes respectives en se bousculant quelque peu ».

Image1ecole publique de LARVOR« La journée écoulée, Per Coîc, le cartable gonflé par les fiches personnelles des élèves ainsi que des emplois du temps, il sorti de l’école. Il emprunta le chemin de retour vers la ria du Ster. La tête basse, les épaules voutées. Il semblait perdu dans ses pensées au point de ne pas voir un couple de hérons qui sortait des roseaux ainsi que les aigrettes qui fouillaient la vase en quête de nourriture ».

Arrivé chez lui, voyant sa grise mine, sa mère lui demanda :
« Alors fils, comment s’est passée cette première journée d’école  » à Larvor?

« Ça a  été ! » répondit-il, sans trop de conviction, car il ne voulait pas faire de la peine à sa mère.

Elle insista:  « comment sont tes élèves ? ils sont gentils » ?

Sa réponse, fusa cinglante et brève :

« Ce sont tous des Tartares à Larvor !!! »

Sa mère, surprise, ne pouvait qu’acquiescer les paroles de son fils, et de rajouter :

« Marie Péron » m’avait bien dit que les gens de Larvor étaient des « sauvages », mais j’étais loin  d’imaginer  qu’ils étaient pire encore….Ma Doue, (mon Dieu),……. des Tartares !!! »

« Pokez mab »! (pauvre fils)!…

Du fait de son inexpérience dans l’enseignement, il n’avait pas pu, ou su, maitriser sa classe. Même si certains élèves étaient turbulents, indisciplinés, peu enclins à rester sagement assis à leur pupitre, préférant sans doute courir sur les rochers ou aller à la pêche, il passa une très mauvaise journée. Il se rendit compte que la pédagogie n’était pas chose innée, ni même aisée et qu’il devrait être un peu plus sévère dans l’avenir s’il ne voulait pas être complètement dépassé. C’est ce qu’il se promit de faire dès le lendemain.

La nouvelle de sa première expérience d’instituteur à l’école de Larvor se répandit tel un éclair dans tout le village de Lesconil:  » A Larvor, ce  sont tous des Tartares! »

Les « Ouin Ouin » allaient bon train, de quartiers en quartiers, jusqu’à gagner toute la bigoudénie et de se répandre jusqu’en Cornouaille.

De nos jours, même si la plus part des gens ne connaissent pas l’origine de cette appellation , Larvor reste toujours :

« le pays des Tartares ».

Il continua son récit:

« Je sais que par la suite, Per Coïc , ayant passé son diplôme supérieur de capacité de l’enseignement primaire, fut nommé à l’ E.P.S. de Pont-l’Abbé ».

Lycee LAENNEC

L’École Primaire Supérieure (E.P.S.) de Pont-l’Abbé vit le jour en 1929. Une centaine d’élèves s’installent dans un majestueux et atypique bâtiment surmonté d’un campanile qui ressemble plus à un cloître qu’à un établissement scolaire. L’effectif des élèves ne cesse de grandir pour pratiquement doubler en 1933 (259 élèves).
Sous l’occupation, en juin 1940, les locaux de l’ E.P.S. sont réquisitionnés par les Allemands. L’internat est fermé et la plupart des élèves sont contraints de poursuivre leur scolarité dans les villes voisines. En 1942, Les effectifs avaient fondus, il ne restait plus que de 131 élèves.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’ E.P.S. devient une annexe du lycée de garçons de Quimper grâce à l’ouverture de deux classes supplémentaires supérieures, une seconde et une première.
En 1962, l’ E.P.S. obtient le statut de lycée d’État Mixte.
En 1964, l’ E.P.S. prend le patronyme d’un médecin qui avait des attaches à Pont-L’abbé: René Laennec (1781-1826). Laennec fut l’inventeur du stéthoscope.

J’ai personnellement connu toute cette période, faisant parti des « blouses grises » de l’établissement de 1959 à 1964. Les blouses étaient obligatoires pour tous les élèves. Les filles portaient des blouses de couleur, la plupart du temps bleues. La blouse grise délavée était un signe d’ancienneté.

laennec

Sur la photo: Gérard Cosquer, Jean Claude Quideau, André Boissel , Gérard Guénolé

L’établissement ne cessa de grandir pour accueillir au début de 1970 plus de 1500 élèves.

Mon interlocuteur continua son récit:

« Pierre Coïc termina sa carrière comme instituteur des « classes élémentaires » à l’école laïque des garçons de Lesconil.

La sépulture de « Per Coîc » est située au milieu du cimetière de Lesconil, anonyme parmi toutes les tombes ».

L’école laïque de lesconil était située sur la route du sémaphore, de nos jours, rue Victor Hugo,  juste  à côté du grand l’hôtel des Dunes.

Un ami, qui fréquentaient l’école privée, me révéla qu’ils appelaient cette  école : « skol an diaoul » (l’école du diable).

Peut être faisaient ils allusion au rocher du diable situé sur la dune derrière l’établissement scolaire, mais je ne le pense pas, car à cette époque, l’antagonisme était grand entre les communautés « laïques » et « catholiques ». Les élèves des deux établissements ne se fréquentaient ce qui était bien dommage. Heureusement les mentalités ont changées.

ancienne ecole primaire de LesconilJe me souviens très bien de « Per Coïc »,  comme on l’appelait en ce temps-là.

Il avait toujours une blouse grise délavée, preuve de son ancienneté dans l’enseignement.

Il était craint par tous les élèves, qui courbaient l’échine, quand il passait entre les pupitres avec une règle en bois à la main cachée derrière son dos. A la moindre faute de discipline ou même d’inattention, la règle s’abattait sur les doigts du contrevenant. La discipline était devenue son crédo après sa première expérience  d’enseignement chez « les tartares », qui lui avait servi de leçon. Il voulait simplement que ses élèves de lesconil soient moins turbulents et plus disciplinés que ceux du vallon du Cosquer à Larvor.

La classe préparatoire était conduite par Vincent Jégou, tandis que la classe « des grands » (les C.M.) était dirigée par monsieur Diani,  Directeur du groupe scolaire, instituteur à l’ancienne, rigoureux, mais juste.

Corse d’origine, monsieur Diani fut totalement « adopté » par les habitants de ce petit port du bout du monde à tel  point qu’il y terminera sa carrière puis coula une retraite tranquille avec ses amis « notables » et pêcheurs bigoudens.

Au cours d’un de mes brefs passages à Lesconil, j’avais rencontré, sur le port, Monsieur Diani, qui s’enquerra de ce que je devenais et de mon métier. Lorsque je lui dit que j’étais officier dans la Marine, je vis de la fierté dans ses yeux et sur son visage.

Il me dit: » je savais Jean Claude, que tu ferais une belle carrière dans la Marine ».

Je n’oublie pas non plus les classes maternelles qui étaient dirigées par madame Moulin, mes voisins de Pontruche. François Moulin directeur de l’école en 1944, fut arrêté  à Plomeur lors de la rafle organisée par les soldats allemands du Bataillon 800 Nord-Caucasien au cours de la poursuite et de l’extermination du « bataillon  F.T.P. Antoine Volant ».

Pour suivre le récit du « bataillon assassiné » cliquez sur le lien suivant:

https://kermokostories.wordpress.com/2016/01/23/du-sang-sur-la-plage-de-la-torche/

Les bâtiments du groupe scolaire furent vendus au Comité d’Entreprise Total et à l’Association Savoyarde des Classes de Découverte. Les locaux furent réhabilités pour en faire un Centre de Loisirs Nautiques.

Je ne comprends pas pourquoi la municipalité a vendu ces locaux « en dur » pour construire une école « en préfabriqué » dans une zone inondable en plein milieu d’un champ dans une zone inondable ou coulait un ruisseau ou poussait le cresson, qui, je me souviens, débordait par temps de pluies.

ecole docteur flemming

Les locaux  réhabilités auraient certainement pu fait l’affaire pour la petite centaine d’élèves de Lesconil et évité les querelles actuelles. Mais tout ceci est une toute autre histoire qui a fait du « reuz » et du « beuz »et qui risque d’en faire encore.

Revenons à notre histoire de  « Tartares ».

Pendant des décennies, les habitants de Larvor furent surnommés les « Tartares », ce qui constituait aux regard de bon nombre d’autochtones une connotation plutôt péjorative.

De nos jours encore, la majorité de ceux qui qualifient les habitants de Larvor de « Tartares »  ignorent d’où provient ce surnom.

D’après le témoignage d’un ancien élève de l’école privée des garçons de Lesconil communément appelée « École des Frères » créée par la volonté et l’abnégation de l’Abbé Jean-Baptiste Le Mel, ce surnom de « tartares » fut détourné et moqué.

école jb le mel

Voici l’anecdote:

« Ce qualificatif s’est popularisé après guerre (à la fin des années 40) avec cette « sortie » du directeur de l’école des frères de Lesconil qui excédé de voir les élèves de Larvor arriver en retard car ils devaient traverser le Ster pour arriver à l’école demanda à l’ensemble de la classe :

Répétez après moi :

« Les gars de Larvor sont tous des « tard tard »

Larvor de la période des missionnaires celtes à nos jours

La christianisation du Finistère et du pays bigouden par des missionnaires celtes, originaires du sud de l’Angleterre et de l’Irlande, entre le Ve et VIe siècle fut très important. Ils ont créèrent une multitude de chapelles.

Cet endroit sauvage et isolé de Larvor, trop longtemps délaissé, est devenu au fil du temps une bourgade très prisée pour sa situation entre Loctudy, Plobannalec et Lesconil. Le pont enjambant le Ster n’a fait qu’accroître son développement.
Habiter Larvor n’est plus une tare, parole de Saint Quido, qui veille sur ce « peuple tartare ».

kidoOn ne possède pas beaucoup d’information concernant la vie de ce saint, qui d’après les statues est représenté avec une crosse, un livre et une mitre d’Évêque.
St Quido, était un moine ermite qui aurait fui le pays de Galles, traversé la « Mor Breizh » (mer de Bretagne, la Manche actuelle) pour venir s’installer en Armorique, comme beaucoup de ses confrères moines « bretons » (gallois, écossais). Les plus célèbres d’entre eux, qui devinrent Évêques furent :
Saint Malo (moine gallois),
Saint Cadoc (moine gallois, ermite le l’îlot de St Cado dans le Morbihan),
Saint Brieuc (moine irlandais),
Saint Pol (Aurélien) (moine gallois),
Saint Tugdual (moine gallois).

La chapelle Saint Kido de Languidou

Saint Kido se serait sédentarisé dans la baie entre Audierne et la pointe de Penmarc’h près de l’étang de Kergalan autrefois relié à la mer.

languidouA cet endroit, il y fonde le monastère « Langido ». Une chapelle construite au 12 ième siècle, modifiée au 15 ième siècle et ruinée en 1795 fut dédiée à Saint Quido (Saint Kido) « Sant kido e osant-Paeron ar chapel-se » (Saint Kido était le patron de cette chapelle) qui deviendra Saint Guidou. Les ruines de la chapelle sont toujours visibles route de « Languidou » sur la commune de Plovan.
Au 18 ième siècle, Saint Guidou sera francisé en Saint Guy.
L’écrivain breton Per Jakez Hélias, natif de la commune voisine de Pouldreuzic, a décrit la topographie de l’endroit avant son ensablement et sa déconnexion du rivage dans le conte : « La rivière de Kido »
« Le pays de Penmarc’h, en ce temps-là, était un archipel d’îles basses entre lesquelles on circulait par des canaux. Tout au long de la baie d’Audierne, il y avait des ports ouverts. Et c’est par la mer que les pèlerins arrivaient de toute part au grand pardon de Languidou »…
« Ils venaient même de pays étrangers tant était grande la réputation du seigneur saint Kido qui protégeait les hommes et les biens sur l’eau salée »…
« Puis il vint un temps où la mer, on ne sait pourquoi, ni comment dérouta ses courants, elle bannit ses poissons au large, elle encombra ses canaux de sa vase, elle finit par dégorger ; sur ses bords, les galets. La baie de Kido se trouva polie d’un cordon de galets polis et se dessécha derrière ce mur. La rivière devint un étang et les cloches de Languidou sonnèrent le glas du grand pardon. Pendant plusieurs années encore, des navires d’outre-mer, chargés de pèlerins, se présentèrent devant la baie d’Audierne, cherchant l’entrée de la rivière de Kido. Mais ils avaient beau croiser de Pors-Karn à Pors-Poulhan, il n’y avait plus d’entrée ».

La chapelle Saint Quido de Larvor
Une autre chapelle fut bâtie en l’honneur de ce saint très honoré et célèbre de l’époque moyenâgeuse, dont la vie reste encore mystérieuse de nos jours.
La chapelle de Saint Quido aurait été édifiée dans le bourg de Larvor au lieu-dit « Treguido », entre le XV et XVI ième siècle. Elle dépendait de l’ancienne paroisse de Plonivel situé sur la commune de Plobannalec-lesconil.

quido1

quido2quido3Dans la chapelle, Saint Quido, est représenté sur la bannière et sur la statue  avec une mitre, une bible et une crosse d’évêque.

Sur le socle de la petite fontaine aux eaux miraculeuses, une statuette le représente avec les mêmes artifices.

On a très peu d’information  sur la vie  ce saint, si ce n’est qu’il fut un moine ermite de Bretagne avant de devenir évêque.

« Reine de Larvor » est un cantique toujours chanté à l’église, en particulier lors des processions en l’honneur de Saint Quido:

« Reine de l’Arvor, nous te saluons,

Vierge immaculée en toi nous croyons ».

thonier saint quidoLes thoniers pêchant avec des lignes à la traîne ont tous disparus, le Saint Quido de Concarneau (C.C.) fut l’un des derniers thoniers  à  tangons (perches).

Le Saint Quido fut construit en 1965/66 immatriculé au quartier de Guilvinec  » GV 8314″

Son propriétaire et patron fut Jean Claude Le Roux de Larvor en Loctudy. Il fut vendu à un armateur concarnois et immatriculé « CC 302 743 ».

thonier saint quido 2

Les histoires de Tartares ont toujours passionné les cinéastes.

films tartares

                                                      La littérature « tartare »
En 1841, le père Évariste Huc (1813-1860) entreprit en 1841 un extraordinaire périple de cinq années à travers la Mongolie et la Chine.
De 1844 à 1846, Il a réuni tous ses souvenirs de voyage dans un roman intitulé :

« Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie et le Tibet »

Pere Huc souvenir d'un voyage dans la tartarie

Dans son livre, Il disait en substance :

« Nul lieu n’est impénétrable pour quiconque est animé d’une foi sincère ».

D’autres romans racontent la vie de ce peuple Tartare

la vie des tartares

Épilogue

Il n’est jamais trop tard

pour dire

qu’habiter Larvor n’est pas une « Tare »

Textes, photos et montages de Jean Claude Quideau

Novembre 2015

Retour au pays des vikings

A SUIVRE SUR LE SITE

UN NOUVEAU RÉCIT DE VOYAGE

retour au pays des vikings2retour du saumonLe retour aux sources

Les sources, ce n’est pas cela qui manque au pays des fjords.

La Norvège a été peuplée dès la fin de l’ère glaciaire. Les premiers habitants vivaient de la pêche, de la chasse et de cueillettes de toutes sortes de baies qui poussaient en abondance dès le printemps.
Les hivers étaient rudes, surtout dans la partie nord. La zone sud, bénéficiait d’un climat tempéré grâce au Gulf Stream qui longe les côtes.
Les premiers norvégiens vivaient en clans. Ils n’arrêtaient pas de se faire la guerre entre eux pour conquérir des terres.

Ils étaient appelés Vikings. l’étymologie de ce nom provient du préfixe « vik » qui signifie crique, anse, bras de mer. le suffixe « ing » est celui qui fréquente, qui possède. La signification globale de viking est celui qui fréquente les criques, les anses et par extension les bras de mer (fjords).

Cette soif de nouveaux territoires les conduit à construire des navires adaptés à la spécificité du pays avec ses immenses fjords qui s’enfoncent très loin dans les terres.
Les bateaux appelés drakkars sont fins et élancés avec très peu de tirant d’eau pour s’échouer dans les criques au plus près des petits villages. La proue et la poupe sont identiques ce qui peut paraitre étrange, mais c’est au contraire un génial calcul.

En cas de retraite, la manœuvre pour repartir le plus rapidement possible se trouvait facilité, la proue (ex poupe) se trouvait dans la bonne direction, il suffisait d’inverser « la nage » des rameurs.

drakkar OsloVers la fin des années 700, toutes les terres de Norvège étaient occupées, les bouches à nourrir de plus en plus nombreuses, la conquête de nouveaux espaces débuta. De plus grands bateaux sont construits. Ceux-ci, plus lourds possèdent une quille (véritable révolution) qui les rend plus manœuvrables sous voile. Les vikings lancent leurs premières expéditions vers l’Angleterre.
Dans les années 800, les conquêtes s’étendent toujours un peu plus vers l’ouest vers l’Europe.
En 814, les vikings contrairement à ce qui nous a été enseigné, atteignent le pays francs vers le sud de la Bretagne. La Normandie viendra plus tard dans les années 900 en même temps que tout le pays Nantais.

routes des vikingsC’est à cette époque que le chef viking Harold Fairhaid réussit l’unification de tous les clans de Norvège.

En 982, le viking Éric le Rouge, fils d’un émigré norvégien d’Islande découvre et colonise le Groenland.
Au premier siècle de notre ère, après la défaite de Stamford Bridge en Angleterre, l’âge d’or des vikings s’achève aussi brutalement qu’il avait commencé.

routes vikingsEn 1380, la Norvège est unie au Danemark. Cette union durera plusieurs siècles.

En 1814, la Norvège et la Suède s’unissent.

En 1905, La Norvège devient enfin indépendante.

La Norvège, qui n’a pas souhaité adhérer à l’Union Européenne par référendum en 1994 fait partie de l’espace Schengen depuis 1999.

norv 1972Ce périple maritime débute à Brest au début du mois de juin 1972

Après une longue escale à Hambourg qui m’a permis de découvrir cette mégapole et cet immense port chargé d’histoire, j »ai eu le privilège d’effectuer un vol plus qu’agité vers le célèbre aéroport de Tempelhof à Berlin. Nous étions encore en pleine guerre froide et le passage de l’autre côté du mur à Berlin-Est sous le regard froid et suspicieux des « vopos » (volkspolizei) restera à tout jamais gravé dans ma mémoire.

Après cette halte en Allemagne, nous mettons le cap vers le nord et les îles Shetland, bienvenue en mer de Norvège.

Après quelques exercices, cap au 160 vers le charmant port d’ Älesund.

Photo d’ Alesund vers 1920, peu de temps après le grand incendie de 1904 qui détruisit près de 1000 maisons en bois qui faisaient le charme de la ville.

alesund22Petit port de pêche (morues, harengs, crustacés etc..) aux rues « feutrées » mais aux soirées de week-end animées ou l’alcool était prohibé à partir d’une certaine heure.

Trois jours en escale dans cette charmante petite ville aux maisons en bois de toutes les couleurs ou le métabolisme se trouvait quelque peu déréglé car les journées étaient très longues et les nuits pratiquement inexistantes. Le soleil se levait vers 03h30 pour se coucher après 23h30 (20h00 de durée du jour).

Après cette escale, l’escorteur « Du Chayla », tel un drakkar des temps modernes, embouque le Sulafjord puis le Storfjord, le Sunnylvsfjord et enfin le célèbre Geirangerfjord. Le paysage est magnifique et je ne cesse de filmer ces falaises qui tombent à pic dans les fjords. Des cascades d’eau dégringolent depuis les hauteurs. L’une d’entre elles sur notre bâbord est particulièrement majestueuse car elles est composée de plusieurs chutes (sept au total) qui se précipitent en bouillonnant et en ronflant dans le Geiranger.

Dans le fond du fjord en forme de fer à cheval quelques maisons avec des toits de tôle semblent désertes.

Après quelques manœuvres délicates l’escorteur retourne à vitesse modérée vers la pleine mer, direction le cercle Arctique que nous franchissons le 8 juin 1972. Les néophytes ont eu droit à un bizutage en règle, le facteur, la farine, mais pas de piscine seulement un bol d’eau de mer à avaler, ce qui n’est pas  très agréable.

passage du cercle arctiquePassé le cercle polaire le « Du Chayla » fait route vers les îles Lofoten, puis c’est le cap au sud-ouest direction les Shetland, le nord de l’Écosse, les Hébrides.

Après la mer d’Irlande, le canal Saint-Georges, la manche et la mer d’Iroise, l’escorteur Du Chayla rejoint Brest, son port d’attache.

Quarante deux années plus tard

Quarante-deux ans après ma première incursion dans les fjords, je retrouve avec plaisir le pays des vikings.

retour 2014Pour la plus part des français, la Norvège apparait comme une terre lointaine. De nos jours par la navette (shuttle), en moins de trois heures au départ de Nice vous voila déjà arrivé au pays des vikings.

carte nice osloAprès deux heures quarante de vol depuis la Côte d’Azur l’avion de « Norvegian » se pose à Oslo. Cette navette aérienne adopte le même principe que les drakkars, à peine arrivée, elle repart dans l’autre sens.

Le retour aux sources débute par Oslo, la capitale.

Étymologie d’Oslo:
– le préfixe « Os » signifie dieux (nordiques),
– le suffixe « lo », signifie «clairière »,

Oslo signifie donc : « la clairière des dieux ».

Oslo, capitale de Norvège a été fondée aux alentours de l’an 1000 par Harald III au fond de l’Oslo-fjord. Sous la domination danoise la ville s’appelait « Kristiana ».

Sur le bord du fjord, dans la partie ancienne du port appelée Pipervika, la citadelle d’ Akerskus semble veiller sur les vieux gréements accostés au pied des remparts.

port d'osloLa citadelle fut construite dans les années 1200, puis transformée au cours des siècles suivants pour servir de résidence aux rois avant leur installation au « Palais Royal ».

forteresse osloLa citadelle servit également de prison. Un des derniers prisonniers fusillés pour haute trahison en 1945  devant un peloton d’exécution fut le collaborateur nazi Vidkun Quisling. Dans le quartier de Bygdoy on peut voir l’ex manoir de Quisling rebaptisé « Gimlé » (endroit protégé du feu).

citadelle d'AkerskusDans la petite église de la citadelle, une crypte abrite les dépouilles des souverains norvégiens :
– Le roi Haakon VII et la reine Maud,
– Le roi Olav V et la princesse Martha.

Peu de français savent qu’un des leurs, caporal du Régiment Royal de la Marine en 1785, passa du statut de simple soldat à celui de roi de Suède /Norvège sous le nom de Karl XIV Johan.

Il s’agit de: Jean Baptiste Bernadotte né le 26 janvier 1763 à Pau.

bernadotteCaporal en 1785, Lieutenant en 1791, Général en 1794, Maréchal d’Empire en 1804, il devint roi de Suède/Norvège en 1818. Bernadotte est décédé le 8 mars 1844 à Stockholm. La dynastie des Bernadotte règne encore de nos jours sur la Suède. Oslo et les norvégiens ont gardé un très bon souvenir de ce soldat devenu souverain. Sa statue en bronze trône devant le palais royal.

BERNADOTTE OSLO2En plus des vestiges du passé, Oslo recèle de monuments et curiosités disséminés dans des cadres bucoliques.
La mairie d’Oslo, près du port de Pipervika, est un bâtiment austère et même assez laid. Il ne faut surtout pas s’arrêter à la façade de briques rouges et pousser sa curiosité pour franchir l’entrée.

mairie d'OsloA l’intérieur le contraste est saisissant. L’entrée est majestueuse, le parterre et les escaliers sont en marbre. Sur les hauts murs, des tapisseries et des immenses fresques aux couleurs chatoyantes aux peintures parfois naïves racontent l’histoire du pays.

mairie d'Oslo interieurLe parc « Vigeland » dans le quartier de Skoyen est truffé de statues en marbre et en bronze du sculpteur Gustav Vigeland de son vrai nom Gustav Thomszen. L’artiste était vraiment obsédé par les différents stades de la vie et sa progression irrémédiable vers la mort dans, un éternel recommencement, un rouage inertiel que rien ne peut arrêter. Un être s’en va, un autre prend sa place.
PARC VIGELANDDans la presqu’île de Bygdoy, véritable poumon vert d’Oslo, bon nombre de musées racontent l’histoire de la Norvège:

– le musée culturel et historique avec sa ferme, le musée maritime , le musée du Kon-Tiki (radeau en papyrus), le musée du Fram (navire des expéditions polaires),

– Le musée des bateaux vikings

musée des vikings osloAprès cette escale dans la capitale du royaume ou la vie semble s’écouler paisiblement, sans commune mesure avec la vie trépidante pressée et stressée de nos cités, nous quittons la côte, cap à l’ouest vers l’intérieur.

Pour atteindre Stavanger, la prochaine étape de notre périple, nous devons traverser la région du Télémark.

Tout d’abord une halte s’impose pour visiter un monument de l’époque médiévale: l’église de Heddal.

Les « églises en bois debout » de Norvège : Les « stavkirke »

Pourquoi de terme étrange pour désigner certaines anciennes églises de Norvège.
L’étymologie du nom permet d’éclairer ce mystère:
« Stav » signifie : pieux et « Kirke » : église.
Les églises étaient bâties avec des pieux de bois qui servaient de base à la structure de ces édifices. Le bois étant un matériel abondant en Norvège, il n’est donc pas surprenant que jusqu’à la fin de l’époque médiévale, les églises furent entièrement construite en bois. Il y avait plus d’un millier de stavkirke.
L’originalité de la construction réside dans sa conception. Les poteaux étaient accolés verticalement les uns aux autres au lieu d’être assemblés horizontalement comme habituellement pour la construction des cabanes. A l’origine, ils étaient plantés directement dans la terre ce qui occasionnait le pourrissement du bois.

eglise en bois debout de HeddalPlus tard, les poteaux furent installés sur des murs de pierres, ce qui avait l’avantage de les prémunir de l’humidité du sol. Pour préserver l’homogénéité de la structure, les murs de pierres furent masqués par des parements de bois.
De nos jours il y a 28 églises restaurées ou reconstruites.
Une des plus majestueuses, datant du 13ième siècle, est l’église en bois debout de Heddal dans la province du Telemark.

eglise en bois debout de Heddal 2Le Telemark, tous les skieurs connaissent ce nom en tant que technique de « ski nordique » et de descente ou les talons sont libres sur les skis, mais peu savent qu’elle a été inventée par un norvégien natif de la petite ville de Morgedal dans le comté du Telemark.

station de ski de morgedalCe norvégien, skieur exceptionnel de ski de fond et de ski alpin  un peu « casse cou » dans les sauts à ski se nommait Sondre Norheim. Né le 10 juin 1825 à Norgedal, il émigre avec sa famille au États-Unis ou il décède le 9 mars 1897.

sondre Norheim telemarkAprès avoir traversé les hauts plateaux désertiques du comté de Rogaland, le Lysefjord apparait à plus de mille mètre en contrebas. La descente sur une route aux lacets en épingle à cheveux est impressionnante.

lysefjordLe Lysefjord situé dans la région du Ryfylke (Rogaland) est le prolongement du Hogsfjord qui va jusqu’à Stavanger. C’est sans doute le plus impressionnant des fjords avec des points de vue spectaculaires dès le départ du petit village de Lyse. Ce petit village possède quelques curiosités pour le moins étonnantes:

– Sa « maison blanche »

MAISON BLANCHE2– Son camping au nom original, qui fait référence à un film culte des années 1987 : « Dirty Dancing » (danse lascive), dont les acteurs principaux étaient Patrick Swayze et Jennifer Grey. La comédie musicale était accompagnée d’une magnifique musique et chanson, I ‘ Had, « The Time of my life ».

Le camping appelé « dirty camping » (camping décontracté) avec son petit resto « Olav’s Pub and Bistro » ou le patron affiche clairement la couleur « I kiss better than I cook » est situé à quelques pas du Lysefjord.

olav pub nd bistroIl est 17h00, le Ferry « Fjord 1 » appareille de Lyse et s’engage entre les falaises vertigineuses.

depart de lyseDans le fjord, la première des curiosités qui se trouve sur bâbord est la pierre ronde (l’œuf) du plateau du Kjerag. Ce plateau s’élève majestueusement à plus de 1000 mètres au-dessus du fjord.
Cette pierre, coincée dans une faille à plus de 500 mètres au-dessus du Lysefjord attire tous les grimpeurs et autres téméraires avides de sensations fortes qui n’hésitent pas a grimper dessus.

LE ROCHER DU KJERADUn peu plus loin sur tribord, une paroi vertigineuse surmontée d’un plateau semble défier les lois de la nature. Ce plateau situé à l’aplomb du Lysefjord, très prisé des randonneurs norvégiens, est la grande attraction touristique du Ryfylke. Cette falaise située à 604 mètres est appelée Preikestolen (le pupitre ou la chaire). Une faille bien visible laisse présager qu’un jour ou l’autre le pupitre s’écroulera dans le Lysefjord occasionnant un tsunami qui dévastera Lyse et se propagera jusqu’à Stavanger et d’autres villages disséminés le long du fjord.

LE PUPITREUn peu plus loin, le sympathique capitaine du ferry fait une tentative vers une nouvelle route. Malheureusement le passage est obturé, il faut reprendre le cap habituel.

la failleAprès quelques cascades et un pont immense enjambant le fjord nous arrivons dans le petit village de Lauvvick. Mon ami m’avait caché qu’il était natif de ce village.

panoramique Nadine FoussierLa route sinueuse nous mène jusqu’à la ville de Stavanger.
Par le passé Stavanger était un port de pêche prospère appelé « capitale de la conserve ». Pas moins de 50 conserveries travaillaient et mettaient en boites les saumons, harengs et autres poissons qui pullulaient dans les eaux norvégiennes.
Ce passé a vécu, le port est devenu la « capitale du pétrole », ce qui est bien moins romantique. Maintenant il faut vivre avec cette manne qui fait la richesse du port, de la ville, de la région et du pays.
Après les traversées de longs tunnels dont certains passent sous la mer, un nouveau ferry nous transporte de Mortavika vers Arsvorgen. La route vers le Hardenger fjord est jalonnée de nombreux travaux routiers.
Heureusement « Ledebil » veille à la sécurité des usagers et des travailleurs.
« Ledebil » est le nom d’un Peugeot Partner jaune et noir qui accompagne en convoi tous les véhicules, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, pour sécuriser les passages dans les zones de travaux routiers. Pas si « débile » que cela cette méthode, bien au contraire. En France, on ferait bien de suivre l’exemple car les feux alternatifs sont souvent bafoués.

LedebilPassé « Ledebil » qui fait une pause, on arrive au pied de la gigantesque cascade de Lotefoss.
Des milliers de mètres cubes d’eau dévalent les pentes, passent sous la route pour finir dans un bouillonnement d’écume dans le lac en contrebas. On peut imaginer cette cascade au moment de la fonte des neiges.

lotefossNous longeons le Sorfjord, d’Odda à Utne ou un charmant hôtel restaurant nous accueille dans son écrin rétro. Cet établissement qui a ouvert ses portes en 1722 est l’un des plus vieux hôtels de Norvège.

utne hotelAprès une ultime traversée en ferry du Hardangerfjord de Utne à Kvanndal, nous arrivons à Bergen « la capitale des fjords ».

Bergen1Bergen est située dans le Hordaland. La cité chargée d’histoire, fut fondée en 1070 par le roi Olaff III. La ville composée d’une majorité de maisons de bois a souvent été ravagée par les incendies. En 1702, 80% des maisons furent détruites. En 1756, 1600 maisons partirent en fumée. Les derniers incendies datent de 1944 puis plus  récemment en 1955. Ce dernier incendie détruisit les maisons de bois du quartier de Bryggen ou se trouvait par le passé, les entrepôts de poissons des marchands de la « ligue Hanséatique ». La ligue était une association de marchands d’origine germanique (Teutoniques) des villes de la mer du Nord et de la mer Baltique (Hambourg, Lübeck Riga, Danzig etc..). Le quartier fut entièrement reconstruit en 1980.

entrepots de bryggenLa ville est entourée de sept montagnes ce qui engendre un climat bien particulier. Les nuages venant de la mer s’accrochent aux montagnes et se vident sur la ville.
La plus haute, Ulriken, accessible en téléphérique est située à l’Est.
La plus visitée, Floyen, accessible par le funiculaire est située au Nord du port. Le panorama à son sommet est splendide, à condition bien sur, qu’il fasse beau temps.

funiculaire de floyenCi dessous la descente du Floyen en funiculaire

La ville de Bergen qui fut jadis prospère grâce à la pêche à la morue qui était séchée et salée dans les entrepôts de la ligue teutonique de Bryggen est devenue un port d’escale pour les paquebots et une base arrière pour les bateaux d’assistance des plateformes pétrolières.

La ville est divisée en quartiers dont les plus authentiques avec leurs maisons en bois de toutes les couleurs sont situés de part et d’autre du Vogen (port). Au nord Bryggen et au sud Strangehagen.

Le marin breton Yves de Kerguelen, natif du manoir de Trémarec près de Quimper, qui assurait la mission de surveillance, des bateaux de pêche français en mer d’Islande fit une escale à Bergen en 1767. En parlant de la ville, il nota : « les maisons, bien qu’elles soient construites en bois, ont une apparence très plaisante due à la diversité des couleurs ».

MAISONS DE STRANGEHAGENCela ne m’étonne pas, lorsque l’on voit avec quel soin les propriétaires entretiennent leurs maisons. Il n’y a pas que les maisons qui sont plaisantes !

les peintresAutour du port on peut admirer quelques vestiges du passé, comme la forteresse de Bergenhus et la tour de Rosenkrantz. La forteresse abrite toujours une petite garnison.

forteresse de bergenhusAu fond de la darse, le marché aux poissons perdure, même s’il n’est plus sa grandeur d’antan. Il permet tout de même de visualiser les produits de la pêche locale, poissons et crustacés, dont le fameux « crabe royal ».

crabe royalDans deux précédents récits, « du crabe soldat au crabe tambour » et « le crabe mousse », je raconte des histoires de crustacés. Je vais donc en rajouter une autre, peu banale : « le crabe de Staline ».
On se demande pourquoi avoir donné le nom de Staline au « crabe royal » du Kamtchatka.
Le crabe a été introduit à partir de 1961. Staline est décédé en 1958.

Il aurait été plus judicieux de l’appeler : « le crabe de Nikita » étant donné que c’est Khrouchtchev qui lui succéda. C’est lui qui dirigeait l’ URSS durant la campagne d’introduction du « crabe royal ».
Le crabe royal du Kamtchatka
Originaire du littoral oriental de la Sibérie, il a été introduit artificiellement dans le fjord de Mourmansk par le gouvernement soviétique afin de fournir de nouvelles ressources aux pêcheurs russes. Depuis cette introduction, n’ayant pas de prédateurs il s’est répandu dans la mer de Barents, le long des côtes de la Norvège et jusqu’en Islande. Les protecteurs de l’environnement et certains pêcheurs voient cette progression rapide comme une menace pour les autres espèces. D’autres pêcheurs le considèrent comme une bénédiction économique. Sans prédateur naturel, il pourrait atteindre les côtes de l’Europe Nord et même Les côtes Atlantiques. Le crabe royal peut parcourir jusqu’à 15 km par jour.
C’est le crabe le plus recherché au monde et le plus cher au poids, entre 40 à 80 € au kilogramme en France. Il est péché essentiellement pêché sur les côtes de Norvège et en Alaska.
Le Crabe Royal ressemble à une grosse araignée de mer. Il a 6 pattes et 2 pinces. Il vit dans des eaux froides et profondes entre 100 et 500 mètres. Il peut peser jusqu’à 15 kilos. Son envergure peut atteindre 2 mètres. Sa carapace est petite, il possède 3 pattes et une pince de chaque côté (la pince de gauche est plus petite que l’autre. Cette pince sert à manger les proies.

Le crabe Royal appartient à la famille des « Lithodidae ».
Afin de préserver l’espèce, seuls les crabes mâles, de 10 à 12 ans, d’ un poids de 5 Kilogrammes minimum et une envergure d’un mètre minimum peuvent être capturés.

La capture se fait dans d’ énormes casiers rectangulaires avec des appâts fait de poissons, en général des harengs et des cabillaud dont l’ odeur attire les crabes.

casiers crabe royalSa chair est rouge sur le dessus, blanche à l’intérieur. Sa texture est ferme et raffinée, son goût extrêmement délicat et développé.

Il existe trois variétés de ces crabes dit « Royaux »:

– le Rouge, le plus commun, en Alaska et en mer de Norvège,
– le Bleu, plus au nord de la mer de Béring,
– le Brun, plus au sud de la mer de Béring.

Un autre type de crabe, plus petit que le « crabe royal », comme l’araignée (1,5 kg, 0.90 mètre d’envergure) fréquente les eaux froides de l’Atlantique nord-ouest, du Pacifique nord, dans les mers de Béring, de Beaufort et de Barents. Il s’agit du « crabe des neiges » dont le nom scientifique est le Chionoescetes.  Deux espèces sont recherchées par les pêcheurs qui ne peuvent que capturer les mâles pour préserver l’espèce:

– L’Opilio Chionoescetes,crabe des neiges

– Le Bairdi Chionoescetes.

Doit-on souhaiter la venue de ces crabes sur nos côtes ?

Quid de nos crustacés endémiques si le « crabe royal » faisait son apparition?

C’est un prédateur, nettoyeur des océans, pour les mollusques et même autres les autres crustacés. On peut dire, comme pour les Tatars:  » la ou le crabe royal passe , il ne reste rien! »

comparaisons crabesLa vidéo ci dessous, présentée par Yann Arthus Bertrand est très explicite.

Bergen est le port de départ de l’Express Côtier.

L’Express Côtier « Hurtigruten »
Hurtigruten (la route rapide), est le nom du service régulier des bateaux qui assurent la liaison entre les 34 ports de la côte norvégienne depuis 1890. Hurtigruten a été fondé par un armateur privé, la compagnie Vesteraalens.

Le Vesteraalens fut le premier « express côtier » de la même compagnie du même nom. Richard With fut le premier capitaine à assurer la liaison maritime entre le nord et le sud de la Norvège sur ce bateau.

VESTERAALENSLa Norvège s’étend du nord au sud sur près de 2 650 kilomètres entre Bergen et Kirkenes à la frontière Russe. La côte est majoritairement très montagneuse avec de nombreux fjords et îles. Le moyen le plus rapide pour relier ces ports était le bateau. Les côtes n’étant pas envahies par les glaces grâce au réchauffement du au Gulf Stream, il était possible de naviguer toute l’année.

Le SS Stord 1 à quai à Bergen

STOD 1Le SS Stord 1, ce Steam Ship, (bateau à vapeur) de 376 tonneaux, construit en 1913, assura les liaisons maritimes jusqu’ en 1969.

CAR BERGEN

L’image de Bergen est partout, la ou on ne l’attend pas. Même notre bus est affublé d’une superbe photo.

Il est temps de quitter cette magnifique ville de Bergen dont la réputation de ville la plus pluvieuse de Norvège ne me parait pas justifiée (nous avons peut être eu de la chance). Comme en Bretagne, il peut y avoir plusieurs climats dans la même journée.

Direction le Sognefjord ou un autre ferry nous fait traverser d’ Oppedal à Lavik, puis route sinueuse vers Skei et le glacier de Briksdal.

BRIKSDAL3Le glacier de Briksdal fait partie de l’immense glacier du Jostedal. C’est le plus vaste glacier d’Europe avec une superficie de 486 km2. Il a une épaisseur de plus de 400 mètres. Son sommet est situé à près de 2000 mètres. Il se jette dans un lac couleur émeraude, le Hornindal. Ce lac est le plus profond et le plus pur de Norvège.

Pour arriver jusqu’au front du glacier, il faut se mouiller en traversant un pont qui passe à proximité d’une impressionnante cascade d’eau qui « dégringole » en grondant dans un bouillonnement d’écume.

cascade briksdal2Passé ce brouillard d’eau glacée, le chemin de 2,5 kilomètres grimpe doucement entouré par un paysage grandiose. La lente progression vous permet de vous rendre compte du réchauffement climatique qui inexorablement fait fondre le glacier au fil du temps.Les marques sur la roche donnent la date ou se situait le glacier auparavant.

Lorsqu’on arrive sur le front du glacier on ne peut que retenir son souffle devant la magnificence de ces couleurs qui varient entre le blanc et le bleu. Le glacier du Mont-Blanc parait bien « sale » à côté de la pureté du Briksdal.

glacier de briksdalOn resterait bien des heures à contempler ce géant blanc avec ses nuances de bleu qui tirent jusqu’au violet.

L’ obscurité tombe vite entre ces vallées encaissées, il faut à regret attaquer la descente pour reprendre la route sinueuse vers le sympathique petit village de Loen.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers l’ouest pour rejoindre la fameuse route touristique 63 qui même, ou plutôt qui serpente en virages serrés et pentus, entre 8 et 12%, jusqu’au village de Geiranger. La vue est impressionnante sur le fjord.

geiranger 11Malheureusement cette route est fermée de novembre à mai car il faut passer un plateau gelé et un col situé à plus de 1000 mètres ou la hauteur de neige dépasse souvent les 5 mètres.
De l’autre côté du fjord la route 63 remonte en 12 virages en épingles à cheveux jusqu’au sommet à 650 mètres. Cette route terminée en 1926, est ouverte toute l’année ce qui a permis de désenclaver le village. Elle est appelée « la route de l’aigle ».

route de l'aigleJ’ai lu de nombreux commentaires, plus ou moins fantaisistes  pour désigner l’origine du nom la « route de l’aigle » et non pas des aigles.

La plus courante des tentatives d’explication d’origine du nom est textuellement celle-ci : « Elle a été surnommée Route des Aigles parce qu’en son point culminant, elle passe par un endroit qui abritait traditionnellement un grand nombre d’aigles ».
Cette définition en l’ occurrence simple et sympathique, est inexacte, même si la Norvège abrite toujours des colonies « d’aigles de mer ». Des « aigles pêcheurs », autre nom donné aux « aigles de mer », qui nichent plus au nord dans les îles Lofoten. « L’aigle des Lofoten » est en fait un Pygargue à tête blanche.

Il faut se souvenir que par le passé des symboles héraldiques étaient souvent utilisés pour une bannière, un drapeau , un nom de lieu ou de chemin etc… Les romains, les égyptiens, les allemands, les américains (le pygargue à tête blanche), et les français ont choisis l’aigle pour symbole. Dernièrement, une espèce d’aigle qui avait complètement disparue de nos montagnes fait l’objet de tentatives de réimplantation dans les Alpes et en Corse. Il s’agit du pygargue à queue blanche.

AIGLE SYMBOLE HERALDIQUENapoléon à également adopté ce symbole pour son armée. La route Napoléon est également appelée « route de l’aigle »
La route suit au plus près le trajet historique de Napoléon de retour de l’île d’Elbe. Sur les panneaux informatifs et les monuments du parcours figurent des aigles aux ailes déployées symbolisant les paroles de l’Empereur:

« L’aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ».

Avait t’ il l’intention d’ajouter un aigle sur le drapeau national ?

route de l'aigle napoleonRevenons à l’étymologie de la route de l’aigle de Norvège.

A Geiranger, si la route fut dénommée ainsi, c’est en partie grâce à l’opiniâtreté d’un ressortissant Allemand, venu s’ y installer, charmé par la beauté des paysages et la tranquillité des lieux. Un peu trop tranquille toutefois à son goût en hiver, car la route était fermée. Il décida donc de mettre la main à la poche et de participer activement à la réalisation d’une autre voie sur l’autre versant du fjord. La première route fut ouverte en 1926, puis  élargie et sécurisée en 1955. Cette route reste ouverte toute l’année. Comme tout allemand, fier de son pays, il arborait sur sa maison le drapeau sur lequel figurait un aigle.

Depuis, la route fut appelée « route de l’aigle » en honneur de son « inventeur », mécène.

quais de geirangerIl est temps d’embarquer, car le ferry n’attend pas. L’Express côtier à peine arrivé, se prépare déjà à repartir vers Älesund.

express cotierLe Geiranger fjord, que l’on ne présente plus, est surnommé « le roi des fjords ».
Le Geiranger a une forme de « S » pour une longueur de 20 nautiques (16 km).

GEIRANGER 41Le bateau avec la régularité d’un métronome appareille et nous laissons la « route de l’aigle » sur notre tribord.
Peu de temps après notre départ, les chutes d’eau des « sept sœurs » apparaissent. Elles tombent majestueusement de plus de 250 m dans le fjord.

7 soeursA côté de la cascade sur un plateau, on peut apercevoir la ferme abandonnée mais restaurée de Knivsfla.
Sur l’autre rive du Geiranger, une autre cascade, fait face aux 7 sœurs. Cette chute d’eau est appelée « le Prétendant ».

Le PrétendantA côté de la cascade, une autre ferme isolée est abandonnée mais également restaurée, Skagefla.
Après avoir navigué sur le « S » du Geiranger, nous virons sur bâbord en direction de la petite ville de Hellesylt. La route sinueuse nous conduit vers le Storfjord ou un autre ferry nous attend pour nous faire passer d’ Orsneset à Magerholm.
Avant d’arriver à Älesund, nous grimpons sur la colline d’ Aksla qui domine la ville.

ALESUND3La vue est splendide sur le port et les îles de Godoya, Giske, Valderoya et Vigra.

 Ålesund ou Aalesund
Ålesund si on veut respecter l’alphabet norvégien se prononce « Olesund ».
La lettre « A » étant surmonté d’un petit « o », c’est lui qui prime en ce qui concerne la prononciation.

Quel changement pour cette petite ville portuaire aux maisons de bois de toutes les couleurs ou j’étais venu en escale…il y a de cela… quarante-deux années. Le port s’est doté de nouveaux quais pour accueillir les croisiéristes et la ville s’est étendue vers l’est. La ville me parait plus belle que par le passé, sans doute grâce à la manne pétrolière qui a bouleversé toute l’économie de la Norvège.

Je me souviens !

ALESUND11Ålesund a toujours regardé vers le large, vers cette immensité qu’est l’océan. ALESUND 22Le temps manque pour visiter toute la ville d’Ålesund, mais je ne résiste pas au plaisir de jeter un dernier coup d’œil sur le port, les îles et la baie du haut de la colline d’Aksla.

alesund 33Après ce « remake » d’escale à Ålesund, et un dernier regard vers le quai, nous quittons la côte et repartons vers l’intérieur de la Norvège.

quai alesund

La route  longe le Sorfjord et le Nordfjord en direction de Validal puis nous reprenons la nationale 63.
La route grimpe doucement vers le plateau aride de Stigrora dans la région de Romsdal. La température chute brutalement, les bourrasques de vent accentuent encore cette sensation de froid. La neige recouvre encore les sommets des montagnes.

STIGRORABienvenue dans le domaine des trolls

Les trolls sont des personnages de la mythologie scandinave. Ils sont comparables aux créatures imaginaires comme les elfes ou les korrigans en Bretagne. Il existe plusieurs types de trolls : les trolls des montagnes, des collines, des forêts, des neiges, des cavernes, des fjords, des mers etc…

La route des trolls

trolls2Ouverte en 1936, cette route vertigineuse, qui comprend 11 virages avec des pentes à 12%, en épingle à cheveux, n’est pas autorisée aux véhicules de plus de 12 mètres de longueur car il leurs serait impossible de prendre le virage.

ROUTE DES TROLLSLa route est cernée de trois montagnes dont l’altitude varie de 1500 à 1800 mètres. Leurs noms qui indiquent leur majesté :
Le Roi (Kongen) avec la Reine (Dronningen) à sa droite comme il se doit, et l’ Évêque (Bispen) à sa gauche.

Une plateforme a été construite au dessus du vide. Elle permet une vision parfaite des lacets de la route et la vallée en contrebas.

route des trolls 6Pour atteindre la plateforme, accrochée à la montagne, il faut emprunter  une passerelle qui longe le précipice tout en se courbant l’échine pour lutter contre un vent violent et glacial. Filmer la route et la vallée est une gageure surtout avec une tablette qui faseille comme une voile dans le vent.

Arrivé dans la vallée, le calme est revenu, le paysage devient champêtre tout au long du torrent.

Après la vallée de Grudbrandsdalen, la route grimpe vers les montagnes de Jotunheimen en direction de Gala, charmante petite station de ski avec ses chalets dispersés sur les flancs de la montagne.

GALA2L’accueil des employés du complexe hôtelier est chaleureux dans ce lieu éloigné, où règne un calme absolu.

GalaLe lendemain nous passons par la « route de Peer Gynt », une route privée à péage qui traverse le plateau de Gudbrandsdalen. C’est peut-être la dime imposée par… les trolls…pour pouvoir continuer son chemin.
L’histoire de Peer Gynt.
C’est un conte écrit en 1867 par l’écrivain norvégien Henrik Ibsen qui raconte les aventures rocambolesques d’un jeune paysan balloté entre le monde réel et celui des trolls. Une des morales de cette histoire, c’est qu’on croit toujours trouver mieux ailleurs plutôt que chez soi.

Dans ce conte, Peer doit épouser une jeune fille vertueuse habitant près de chez lui, Solveig, mais attiré par la beauté d’Ingrid, il l’enlève, puis il l’abandonne.
Il s’enfuit et rend visite au troll « roi de la montagne ». Il est séduit par une des filles du roi qui est gnome. Le roi lui propose de lui mutiler les yeux pour qu’il devienne troll à son tour.

le conte de peer gyntEffrayé, il s’enfuit parcourir le monde. Tout d’abord, marchand d’esclaves en Afrique, prophète en Arabie, il finit dans un asile au Caire.
Devenu vieux, lassé par cette vie errante et de débauche, il revient en Norvège. Solveig, fidèlement l’attendait car elle espérait le revoir un jour.
Avant qu’il ne meure, Solveig lui dit : « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c’est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur ».
La fin du conte fait penser à celle de l’Odyssée d’Homère dans lequel Pénélope avait patiemment attendu, Ulysse, son aventurier de mari.

Peer Gynt n’a pas tenu compte d’un proverbe bien de chez lui qui dit: « qui court après l’incertain, néglige bien souvent le certain »

Plus tard le conte sera adapté au théâtre sur une musique du célèbre compositeur norvégien Edvard Grieg.

Nous redescendons dans la vallée de Gudbransdalen pour nous rendre à Lillehammer.
Lillehammer, une petite bourgade, située près de Mjosa, le plus grand lac de Norvège, est devenue célèbre dans le monde entier quand elle s’est vue attribuer l’organisation des jeux olympiques d’hiver de 1994.

LILLEHAMMER 1994Le stade avec ses deux tremplins sont les témoins de cette olympiade. Malgré cette notoriété, la ville a retrouvé sa tranquillité.

lillehammerPrès de Lillehammer, il y a un endroit magique hors du temps : le musée à ciel ouvert de Maihaugen. Ce musée présente l’architecture norvégienne au fil des ans. Dans un parc de 37 hectares, on peut voir et visiter des maisons de différentes périodes. Certaines d’avant 1400, d’autres entre 1700 et 1850, mais aussi un village des années 1920.

carte maihausenCe musée a été construit en 1904, grâce à la perspicacité d’un dentiste, Anders Sandvig. Pour préserver le patrimoine il acheta dans la vallée de Gudbransdalen toutes sortes d’objets du quotidien ainsi que des maisons anciennes pour ensuite les reconstruire dans son musée. Le parc comprend actuellement 200 bâtiments.

maihaugen1Le parcours de ce site avec son église en bois debout, son école, ses fermes, sa poste, sa gare, ses commerces et ses maisons de toutes les époques est saisissant.
Dans le musée il y a même un quartier résidentiel habité. Des bénévoles font vivre le village comme dans le temps.

maihaugen2L’institutrice fait école aux visiteurs de passage.

maihaugen rentrée en classemaihaugen ecoleL’église en « bois debout » avec son poteau de justice sur la droite en rentrant.

maihaugen egliseIl ne manque plus que le curé pour faire la messe.

EGLISE INTERIEURdevant la gare un train attend l’heure de départ

MAIHAUGEN LA GAREamihaugen un train en gareNous reprenons la route en direction Oslo. La boucle est bouclée, la capitale de la Norvège sera notre dernière dernière escale.

La Norvège est un pays magnifique plein de contrastes, aux climats changeants suivant le lieu et l’altitude à laquelle l’on se trouve. Le Gulf Stream qui longe les côtes jusqu’aux îles Lofoten permet d’avoir un climat côtier tempéré, tandis que les régions intérieures sont plus froides, neigeuses ou pluvieuses, suivant la saison. Les paysages changent, passant des forêts immenses et denses d’épicéas au herbes rases et aux lichens des plateaux pelés et froids.

norvege les hauts plateauxLa présence des fjords est permanente et il n’y a que trois moyens de pouvoir continuer sa route : le ferry, le pont ou le tunnel.
Le nombre de tunnels de montagne ou sous-marin est impressionnant. Les routes sont extrêmement sinueuses, pentues, étroites et dangereuses. Il ne faut surtout pas calculer la distance, mais le temps, comme en Corse.

Avant d’arriver à Oslo, des travaux gigantesques sont en cours de réalisation pour doubler la voie de chemin de fer, construire une autoroute et des tunnels. Le Laerdal, entre Oslo et Bergen  est le plus long tunnel de Norvège avec ses 24,5 kilomètres. C’est la moitié de la longueur du tunnel sous la Manche. Tous les hommes politiques norvégiens se croient obligés, pour essayer d’ obtenir les votes de leurs concitoyens, d’inclure dans leurs programmes, la construction de tunnels. C’est la course à la démesure.

tunnel2Le dernier projet hors norme envisagé est la construction du tunnel pour bateaux de Stad.  Ce ne sera pas un tunnel pour péniches, comme le touage de Riqueval sur le canal de Saint Quentin, mais un tunnel capable de faire passer des navires jusqu’à 16 000 tonnes. Les plus gros navires type « Express Côtier » de la flotte Hurtigruten pourrons l’emprunter. Le MS « Trollfjord », avec ses 135 mètres de longueur, 21 mètres de largeur et d’un port en lourd de 16140 tonneaux sera capable de le franchir.

TrollfjordEn Norvège l’eau est partout, la mer avec son littoral de 3380 kilomètres, ses 25 000 kilomètres de côtes, ses 50 000 îles , ses nombreux fjords, ses torrents, cours d’eau et ses 95 700 lacs.

pavillon norvegienLe drapeau norvégien avec la croix chrétienne  bleue et le blanche sur fond rouge représente, comme en France, la démocratie, la liberté.

George Sand ne soutient pas la thèse sur la diversité des langues, et elle a raison:

« J’ai entendu dire par certains savants que la diversité des langues venait de la différence des climats. Ils soutiennent que, si le norvégien est rude et guttural, cela provient de, ce que, en Norvège, les eaux et les vents grondent et mugissent ».

Arthur Rimbaud, qui comme Peer Gynt était avide d’aventures exotiques vint en Norvège en  1877 ou il écrivit Ophélie:  » C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège- T’avais parlé tout bas de l’âpre liberté ».

En guise de conclusion, je dirais que ce pays, qui au premier abord parait rude et froid, est accueillant, plein de charme,de contrastes, avide de l’âpre liberté dans la douceur de vivre ou la propreté n’est pas un vain mot.

Jean Claude Quideau

Un bigouden à la découverte du Far-West

bigoud decouverte du far-westDans ce nouveau récit, je ne vais pas vous raconter l’épopée de la Conquête de l’Ouest « how the West was  won » que tout le monde connais par le biais du cinéma de John Ford, Henry Hathaway et Georges Marshall qui est une fresque historique qui couvre cinquante ans d’histoire des États-Unis entre 1839 et 1889 avec des acteurs célèbres et archi-connus comme  John Wayne ,Grégory Peck, James Stewart , Georges Peppard et Henri Fonda.

usa 4Ni trop m’ appesantir  sur la guerre de l’indépendance des États-Unis, maintes fois racontées dans les films  tels que:

– « the spirit on 76 » de Francis Boggs en 1908

– « Sons of liberty » de Michael  Centez en 1939

-« John Paul Jones » de John Farrox en 1959

-« Révolution » de Hugh Hudson en 1986 avec Al Pacino

films1film2La phrase de John Paul Jones commandant l’USS « Bonhomme Richard » vaisseau de 42 canons, navire offert par la France, dans son combat contre le HMS « Serapis » de 50 canons du capitaine Pearson en 1779 est restée célèbre:

John_Paul_Jones,_naval_hero« I have not yet begun to fight » ( je n’ai pas encore commencé de tirer) alors que le capitaine anglais  lui intimait l’ordre de se rendre. Depuis ce combat,John Paul Jones, fut respecté par tous les capitaines français, il est nommé « Chevalier » et décoré par Louis XVI. Les anglais le considérait comme un pirate. Il est devenu un héros américain de la guerre navale pour l’indépendance.

John Paul Jones, est né en Écosse  en 1749.

En juillet 1792, il est retrouvé mort dans son appartement de la rue de Tournon à Paris.

Il est enterré dans le cimetière Saint-Louis, qui appartenait à la famille royale française. Grâce à la généreuse donation d’un admirateur français, François Simmoneau, ancien commissaire du Roi, qui offre alors la somme de 460 francs, le corps de Jones est préservé dans l’alcool et enseveli dans un cercueil de plomb « dans l’éventualité où les États-Unis décidaient de réclamer ses restes, ceux-ci pourraient être identifiés plus facilement ».

Quatre ans plus tard, le gouvernement révolutionnaire vend le terrain et le cimetière est oublié. Le terrain sera par la suite transformé en jardin public.

JPJ portraitEn 1899, une mission américaine est envoyée à Paris pour retrouver les restes de John Paul Jones, les identifier et les rapatrier. En 1905, après six ans de recherches, l’ambassadeur américain en France, le général Porter, ancien aide de camp du général Grant, retrouve le lieu de l’ancien cimetière Saint-Louis, qui est devenu avec les années un terrain vague, rue de la Grange aux Belles dans le dixième arrondissement de Paris. En février 1905, les recherches sont organisées pour retrouver le cercueil de plomb. Cinq cercueils sont finalement exhumés. Le troisième, sorti de terre le 7 avril 1905, sera par la suite identifié comme étant celui de John Paul Jones. L’identification est réalisée par une autopsie, et une comparaison de son visage avec son buste réalisé par François Houdon en 1781.

En 1906, les restes de John Paul Jones sont rapatriés aux États-Unis à bord de l’USS Brooklyn.

En 1913, le  cercueil de John Paul Jones est déposé dans un majestueux sarcophage de marbre et de bronze rappelant celui de napoléon Bonaparte aux Invalides à Paris.

Le sarcophage est visible dans la chapelle de l’Académie Navale  d’ Annapolis dans le Maryland.

sarcophage JPJLes films les plus récents:

– « the patriot » de Roland Emmerich en 2000 avec Mel Gibson superbe fresque de cette époque.

films usafilm3Dans le film « The Patriot », on peut voir l’acteur français Tcheky Karyo, incarner l’officier français, Jean Villeneuve, qui se bat aux côté des patriotes et de Mel Gibson. Si ce personnage est fictif, un français du nom de François Maurice de Barnaud de Villeneuve à bien combattu aux côté des insurgents durant la guerre l’indépendance des États-Unis.

Jean villeuneuveDans ce récit, je vais vous raconter l’histoire méconnue de ces marins  bretons qui participèrent à la naissance des États-Unis et à son indépendance tout en vous faisant voyager dans l’immensité du continent américain par le biais de textes agrémentés de photos personnelles de cet ouest lointain « The Far West ».

Quelques grandes lignes de cette lutte pour l’indépendance

Cette guerre prend sa source en 1756 dans les combats qui opposèrent les français et les anglais en Amérique du Nord.

Ce conflit est connu sous le nom de « french and indian war » ou « guerre de sept ans ». Cette guerre eut pour effet de vider les caisses du gouvernement britannique qui pour les renflouer votèrent toute une série de taxes aux treize colonies américaines signées par le roi George III. Les plus connues de ces taxes qui mécontentèrent les colons sont les suivantes :

–         sugar acts (taxes sur le sucre) en 1764

–         quartering acts (obligations de logement et de nourriture des soldats anglais)

–         stamps acts (taxes sur les timbres) en 1765

–         tea acts (taxes sur le thé) en 1773

actsLe document ci dessus donne l’ explication, les causes et les effets de ces taxes.

C’est en fait pour sauver la « Compagnie Indienne de l’Est » que ces taxes furent promulguées.

La compagnie possédait des stocks importants de thé qu’elle ne pouvait plus écouler en Grande-Bretagne. les colons, en particulier ceux de Boston, refusèrent de payer.

Le 16 décembre 1773, déguisés en indiens Mohawak (trois compagnies de 50 hommes) prirent d’assaut les trois navires chargé de 342 ballots de thé et les jetèrent par dessus bord dans le port de Boston.

Les « dissidents » de ce coup de force furent appelés les « Tea-Party » . Appellation qui perdure encore de nos jours pour désigner les petits partis politiques des États-Unis.

Le treize colonies refusèrent de payer les taxes et proclamèrent leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne  le 4 juillet 1776. Thomas Jefferson fut chargé de rédiger le texte.

JeffersonLes anglais les déclarèrent « insurgés » (insurgents) ou « patriotes » (patriots).

La France joua un très grand rôle dans cette guerre d’indépendance  et cela dès la proclamation d’indépendance en 1776 en fournissant des armes aux patriotes.

Le marchand d’armes n’était autre que Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, écrivain, musicien, philosophe, qui servait de paravent à un homme d’affaires redoutable. Il possédait une flotte de navires marchands.

beaumarchaisIl envoya dès 1776 aux « insurgents » treize navires remplis d’armes et de poudre. Pour la petite histoire, il ne fut jamais payé pour ces livraisons. Le trafic d’armes a toujours été et restera un marché compliqué et à risques (voir sur le site, le récit du « loup de mer »).

La France s’engagea ouvertement et officiellement en 1778.

Le conflit était ouvert et ne s’acheva que par la déroute totale des armées britannique à Yorktown et par le traité de Versailles qui s’en suivi le 3 septembre 1883. Les britanniques totalement vaincus, durent reconnaitre l’autonomie des États-Unis.

Un américain a grandement participé au rapprochement des « insurgents » avec la France. Cet homme d’État est Benjamin Franklin né à boston en 1706 et décédé à Philadelphie en 1790.

En octobre 1776, il embarque sur le vaisseau « Reprisal » pour la France.

En décembre 1976, il débarque à Auray dans le petit port de Saint-Goustan.

st-goustan2Pourquoi ce petit port perdu au fond de la rivière du Loc’h près d’Auray dans le Morbihan. Mystère ?

benjamin franklinbenjamin franklinBenjamin Franklin débarque débarque à Saint Goustan (dessin de Patrice Pellerin)

FranklinBenjamin Franklin, se rend compte qu’en dépit du désir des Français d’obtenir une revanche sur la Grande-Bretagne,de la sympathie que la cause Américaine suscite, la France hésite à s’engager dans la guerre tant la situation des « patriots » est vulnérable.

En février 1778, , après la nouvelle de la défaite britannique de Saratoga  Franklin parvient à signer un accord avec la France. La reconnaissance auprès de Louis XVI de la nouvelle République est acquise, ainsi que l’alliance militaire et économique. La mission diplomatique de Benjamin Franklin est un succès.

En 1783, Adams, Jay et Benjamin Franklin, signent pour les États-Unis le traité d ‘Indépendance qui met fin à la guerre.

bretons1Illustrations de Patrice Pellerin auteur des superbes bandes dessinées historiques de la marine du XVIII siècle.

pellerinL’escadre de l’amiral de Grasse se prépare dans le port militaire de Brest. Elle appareillera le 22 mars 1781 à travers l’océan Atlantique en direction des côtes américaines.

drapeaux us breizPlus de 20 000 bretons, soldats et marins, participèrent aux différents combats sur terre et sur mer.

2000 d’entre eux ne sont jamais revenus en Bretagne, ils reposent en terre américaine ou dans l’eau glacée de l’ Atlantique nord.

Les bretons ne furent pas les seuls à s’embarquer pour délivrer les Amériques du joug des anglais. Le vendéen François Athanase Charette de la Contrie né le 2 mai 1763 à Couffé s’embarqua comme Lieutenant de vaisseau sous les ordres de l’amiral Comte de Guichen pour prendre part aux campagnes d’Amérique.

Son histoire, peu banale est magnifiquement mise en scène dans le spectacle époustouflant du Puy du Fou: « Le dernier Panache ».

le-dernier-panache

Le plus célèbre et le plus connu de ces intrépides qui traversèrent l’Atlantique fut Marie-Joseph, Paul, Yves,  Roch, Gilbert du Motier né le 6 septembre 1757 à Chavaniac.

la_fayette_genealogieMême s’il est né en Auvergne, Gilbert du Motier est breton de par sa mère, Marie Louise Julie de la Rivière aristocrate bretonne fille du seigneur de Ploeuc en Côtes-d’Armor.

Gilbert du Motier n’est autre que le marquis de Lafayette.

Gilbert du Motier marquis de La Fayette

La Fayette vend son domaine breton de Ploeuc pour financer l’achat de « la victoire », un navire de 200 tonneaux, ainsi qu’ une cargaisons de 6000 fusils pour les « insurgents ».

Le 17 avril 1777 il appareille avec quelques fidèles pour le continent américain.

La Fayette sait très habilement rendre populaire la cause des « Insurgents » et son expédition américaine auprès de l’opinion publique en France.

De retour aux États-Unis en 1780 à bord de la frégate de 34 canons  ‘l’Hermione » , il reçoit de George Washington  le commandement des troupes de Virginie.

hermione6La Fayette avec les troupes de George Washington et du comte de Rochambeau, commandant le corps expéditionnaire français de 6 000 hommes encerclent les  troupes britanniques du marquis Charles Cornwallis à Yorktown. Ils remportent la victoire décisive de Yorktown le 17 octobre 1781.

Comme l’a dit Gilbert du Motier marquis de La Fayette : « Aucun obstacle, aucun mécompte aucun chagrin ne me ralentit dans le but unique de ma vie, le bien être de tous, et la liberté partout »

Avec Lafayette, Rochambeau, de Grasse  furent les principaux  artisans de la victoire des patriotes sur terre comme sur mer.

L’ Hermione la « frégate de la liberté »

hermione7Ci dessous le lien avec un petit film de l’ Association Hermione-Lafayette relatant les étapes de la construction de la réplique de l’Hermione à Rochefort.

HERMIONE

Avril 2015, le grand retour de l’Hermione aux États-Unis d’Amérique

Le 18 avril 2015,  l’Hermione a appareillé de la Rochelle pour traverser l’Atlantique à la voile comme l’avait fait Lafayette en 1780.

La réplique de la fameuse frégate de Lafayette

HERMIONE 7

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La frégate Hermione était une frégate rapide de 64 mètres de longueur, véritable bateau de chasse aux navires pirates. Elle fut construite à Rochefort en 1777, admise au service actif en 1779.

hermione

Le 21 mai 1780, la frégate avec à son bord Lafayette arrive à Boston avec des renforts francais.

Lafayette est considéré par les américains comme un héros. une ville des USA porte son nom. La ville de Lafayette en Virginie à été fondée en 1821.

carte_lafayetteC’est la capitale du pays Cajun, qui compte aujourd’hui 112 000 habitants. Elle est située à 210 km de New-Orléans.

La marine américaine donna son nom à trois de ses navires. Le congrès envisage de baptiser un quatrième bateau du nom du marquis.

LafayetteLa triste fin de la frégate Hermione

Le 20 septembre 1793, commandée par le capitaine de vaisseau Martin s’échoua sur les roches du plateau du Four devant le Croizic. La coque transpercée, l’équipage l’abandonna et le navire fut perdu.

lieux du naufrage de l'hermioneAprès plusieurs saisons de fouilles, on retrouva l’ancre et trois canons de la frégate qui sont exposés au château des Ducs de Bretagne à Nantes.

Jean Baptiste Donatien de Vimeur, vicomte de Rochambeau

rochambeau-statueMoins connu que Lafayette, il est considéré par les américains comme le grand stratège qui a permis la victoire de Yorktown et la capitulation des anglais. Né à Vendôme, en juillet 1725.

En 1779, Louis XVI le nomme commandant du corps expéditionnaire qui part au secours aux « insurgents ». Il participera de manière déterminante à la bataille de Yorktown aux côtés de Georges Washington

Statue du sculpteur Hamar dans le square Lafayette à Washington, près de la Maison Blanche. Il existe d’autres reproductions: Newport, New York (King Park) et Vendôme.

rochambeau3Peinture de Louis-Charles-Auguste Couder qui figure au musée de Versailles

Sur cette toile on peut voir au centre à côté de Washington, Rochambeau qui fait un geste du bras droit . La Fayette se trouve au second plan derrière l’épaule gauche de Washington.

François Joseph Paul, marquis deTilly, comte de Grasse

François-Joseph-Paul-comte-de-Grassede Grasse est né le 13 septembre 1722 au château des Valettes à Bar-sur-loup dans les Alpes-Maritimes. Il est décédé le 11 janvier 1788 au château de Tilly dans les Yvelines.

En 1781 il est nommé par Louis XVI, commandant la principale escadre française envoyée au secours des patriots.

Il met son pavillon sur le vaisseau de premier rang « Ville de Paris ». Ce navire de 54 m de longueur était équipé de 104 canons de 8, 12, 24 et 36 livres dans la batterie basse.

vaisseauL’escadre forte de 20 vaisseaux, de 3 frégates et d’une centaine de navires transportant 3 200 hommes de troupe appareille de Brest le 22 mars 1781.

Le 15 septembre 1781dans l’estuaire de la rivière Chesapeake, l’amiral comte de Grasse bat la flotte britannique de l’amiral Graves qui avait mis sa marque sur le vaisseau HMS « London » de 98 canons.

L’escadre de l’amiral de Grasse était forte de 25 navires dont quatre vaisseaux de premier rang et 21 frégates.

CHESAPEAKETableau du combat naval de Chesapeake les vaisseaux « ville de Paris » de de Grasse et  » l’Auguste » de Bougainville en pleine action en septembre 1781.

Image3L’amiral anglais Graves qui commandait une flotte de 19 navires avait sous ses ordres deux autres amiraux:

– Le vice-amiral Hood qui se trouvait sur le vaisseau HMS « Barfleur » de 98 canons,

– le contre-amiral Francis Drake qui avait mis sa marque sur le vaisseau HMS « Princessa » de 70 canons. Drake était considéré par les britanniques comme un héros et par les espagnols comme un pirate.

Le succès de de Grasse  a contribué à la victoire décisive de Yorktown.

De_Grasse_in_Saint_RochEn 1786, le Congrès américain lui offre 4 canons pris à Yorktown et le 21 juillet 1786 Louis XVI l’autorise à les placer sur son domaine devant son château de Tilly ; sur chacun d’eux on pouvait lire : « Pris à l’armée anglaise par les forces combinées de la France et de l’Amérique à Yorktown, en Virginie, le 19 octobre 1781 ; présenté par le Congrès à S.E. le comte de Grasse, comme un témoignage des services inappréciables qu’il a reçus de lui dans cette mémorable journée ».

Tilly_Plaque_commémorative_Amiral_de_Grasse

comte de grasse3Un autre marin francais a eu également un rôle dans la bataille de Chesapeake, mais ses actions et ses décisions sont sujet à caution.

Jean Baptiste Charles Hector, comte d’Estaing

destaingJean Baptiste Charles Henri Hector, comte d’Estaing, est né au château de Ravel dans le Puy de Dôme en 1729. Il fut guillotiné à Paris en 1794.

Vice-amiral pendant la guerre d’indépendance américaine  il reçoit en 1778 le commandement d’une flotte pour venir en aide aux américains. Il échoue devant Rhode-Island et New York et devant Sanannah où il est à nouveau blessé.

D’ Estaing dispose d’une puissante flotte de 25 vaisseaux et peut engager de nouveaux combats. Il porte alors ses efforts sur l’île de Grenade  qui est conquise sans coup férir en 1779 après une violente bataille navale contre l’escadre du vice-amiral anglais Byron. D’ Estaing ne saisit pas l’occasion de détruire l’escadre anglaise, malgré les demandes pressantes de ses adjoints  le Bailli de Suffren et le comte de La Motte Picquet.

L’ Amiral Comte de d’ Estaing avait la chance d’avoir sous ses ordres ses deux capitaines remarquables.

Le Bailli de Suffren

Suffren est considéré comme l’un des meilleurs capitaines de son époque.

Pierre André de Suffren, est né le 17 juillet 1729 au château de Saint-Cannat près d’Aix-En-Provence et décédé le 8 décembre 1788 à Paris.

suffrenNapoléon disait de lui : « Pourquoi cet homme n’a-t-il pas vécu jusqu’à moi, et pourquoi n’en ai-je pas trouvé un de sa trempe, j’en eusse fait notre Nelson, et les affaires eussent ris une autre tournure »

En 1778, sous les ordres de Charles Henry d’ Estaing,  il participe aux combats de la guerre d’indépendance des États-Unis sur le « Fantasque ».

En 1780, Suffren occasionne l’effondrement de la bourse de Londres pour avoir intercepté  un convoi de vaisseaux anglais dont la perte était évaluée à vingt millions de livres sterling.

Plusieurs navires ont par la suite porté le nom de ce brillant marin.

Picquet de la Motte

Toussaint-Guillaume Picquet, comte de la Motte est né en 1720 à rennes et décédé en 1971 à Brest.

La Motte-Picquet est né dans une famille de petite noblesse bretonne.

Lors de la guerre d’indépendance , il sert sous les ordres du vice amiral Destaing.

En 1778, la France reconnaît l’indépendance des États-Unis, et le 14 février La Motte-Piquet salue John Paul Jones  en faisant tirer une salve de coups de 9 coup de canons. C’est là le premier salut au drapeau américain donné par un navire étranger. Il est chargé, avec sept vaisseaux et trois frégates, de conduire au delà du Cap Finistère  un convoi américain, il remplit avec succès sa mission, malgré les attaques  de vaisseaux anglais.

La bataille de Yorktown

treize coloniesCi dessous une petite vidéo sur la contribution française à l’indépendance des USA

YorktownSi Lafayette, Rochambeau, et de Grasse marquèrent de leur emprunte cette guerre d’indépendance, d’autres bretons moins connus ont également été des artisans  de la victoire américaine.

trioVoici l’histoire de quelque uns d’entre eux.

De Parscau du Plessix

Louis-Guillaume de Parscau, du Plessix, Keryvon, est né en 1775 à Saint Malo et mort  en 1786.

Officier de marine, Il participe à la guerre d’indépendance.  En 1780, il commande le vaisseau « l’Intrépide » de 74 canons, sous les ordres de l’amiral comte de Guichen.

Le 5 septembre 1781, il commande le vaisseau de ligne de second rang de 80 canons « le Languedoc ».

Du Couedic de Kergoualer

Charles_Louis_Du_Couédic_de_KergoalerCharles Louis du Couedic, seigneur de Kergoualer est né au château de Kerguelen sur la paroisse de Pouldergat en 1740.

Officier de Marine, il a participé à la guerre d’indépendance sur la corvette  » l’Écureuil ».

En 1778 il commande la frégate « la Surveillante ». Il est décédé à Brest en 1780.

Fleuriot de Langle

Paul Antoine Marie Fleuriot, vicomte de Langle, est né au château de Kerlouet à Quemper-Guézennec en Côtes d’Armor.

Officier de marine, capitaine de vaisseau, il commande la frégate la « Résolue » dans l’escadre du Comte de Grasse, puis il est nommé « Chef de division » pendant la guerre d’indépendance des États-Unis.

avec-fleuriot-de-langle-et-la-perouse-1785-1788Il est sélectionné par son ami « La Pérouse » comme second de l’expédition »La Pérouse ».

Cette expédition commanditée par Louis XVI comportait les deux navires  « Astrolabe » et la « Boussole ». Il  commandait  la frégate « l’Astrolabe ».

Il est tué par les indigènes sur l’île de Manoua en 1788.

de langlePlaque de La Pérouse en hommage à son ami Fleuriot de Langle

Les restes de Fleuriot de Langle ont été inhumés dans le chœur de l’église Saint-Louis à Brest.

Tuffin de la Rouerie

Armand Charles Tuffin, marquis de la Rouerie est né à Fougère en Ile-et- Vilaine  en 1793.

de la rouerie2ll est décédé au château de la Guyomarais dans le Côtes-d’Armor en 1793 (dans le bois du château,une stèle a été dressée par l’ambassade des États-Unis).  Il a été un des héros de l’indépendance américaine, arrivé au secours des « Insurgents » trois mois avant le marquis de La Fayette.

de la rouerieIntégré dans l’armée de Washington avec le grade de colonel sous le nom de colonel « Armand ». Il paya de sa poche l’équipement de ses hommes avant de se retrouver à la tête du 1er bataillon de la légion de «  »patriots ».

Au printemps 1778, le marquis de  la Rouerie obtint l’autorisation du Congrès de créer une légion de « Chasseurs libres et indépendants » forte de 452 hommes et 14 officiers – une force considérable pour l’époque prise en charge par le congrès américain.

Il a été un des tout premiers chefs de la chouannerie. Il n’en reste pas moins méconnu, pour ne pas dire inconnu.

Du Bouexis de Guichen

Luc Urbain du Bouexic, comte de Guichen, est né à Fougère en 12712. Il est décédé à Morlaix en 1790.

Luc_Urbain_du_Bouëxic_de_GuichenPendant la guerre de sept ans, il est chargé de ravitailler la nouvelle France. Il parvient à passer au travers du blocus imposé par les Anglais, mais ne peut empêcher Louisbourg de tomber aux mains des anglais en 1758. Promu Chef d’escadre en 1776, le comte de Guichen se distingue surtout pendant la guerre d’indépendance américaine, apogée de sa carrière militaire.

Bien sur, il y eu beaucoup d’autres bretons à s’investir dans la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique et en faire l’inventaire complet nécessiterait de longues recherches.

Ci dessous, une petite vidéo sur le rôle joué par la marine royale française dans la guerre d’indépendance des USA:

De nombreux américains, ne connaissent par le rôle primordial que la France a jouée pour l’indépendance des États-Unis, sans contre-partie, uniquement pour se libérer du joug des Britanniques.

La constitution américaine est inspirée des idées de Montesquieu  » L’esprit des lois ».

En 1976, j’ai eu l’occasion de participer au bicentenaire de l’indépendance des USA dans les villes de Jacksonville en Floride et Wilmington en Caroline du nord.

JACKSONVILLEbi centenaire des USAWilmington mai 1976

la bouronnaisLe cuirassé North Carolina devenu un musée à Wilmington

north carolinaLa fête nationale américaine est célébrée le 4 juillet de chaque année,depuis 1776.

drapeu des USA

ruée vers l'orLe 24 janvier 1848, James Marshall, un menuisier,  découvre une énorme pépite d’or dans la scierie du Suisse John Sutter sur la rive de « l’ American River ». La nouvelle s’étant propagée comme une trainée de poudre ce fut le début de la ruée vers l’or en Californie.

A la découverte de l’ Ouest lointain (Far-West)

Je reviens à cette découverte du Far-West dont la principale porte (gate) d’entrée était à l’époque l’entrée de la baie de San-Francisco.

voie maritimeLA VOIE MARITIME

san francisco22Fondée en 1776, la ville prend réellement son essor lors de la ruée vers l’or en 1848. Elle compte de nos jours plus de 800 000 habitants.

Pour agrémenter la lecture du récit , lancer le clip vidéo ci dessous pour écouter la magnifique chanson de Scott Mac kenzie  » San Francisco » reprise par Johnny Halliday.

San Francisco doit son nom aux espagnols accompagnés de religieux de l’ordre de Saint François d’Assise qui débarquèrent dans la baie.

Des chercheurs d’or et des marchands asiatiques, commencèrent à arriver en 1849 en Californie qu’ils nommaient la « montagne dorée » (Gold Mountain), après la découverte de l’or dans la petite localité de Coloma au pied de la Sierra Nevada.

Les premiers immigrants venus d’Europe, à cause et d’un plus long trajet à parcourir, n’arrivèrent que fin 1849, les plus nombreux de la France  mais aussi d’Allemagne, d’Italie et d’Angleterre. Entre 1845 et 1852, San Francisco compte plus de 5000 français, ce qui est énorme pour l’époque car la ville ne compte que 25 000 habitants en 1850.

On estime à 20 000 immigrants arrivés en Californie en 1849.

La « Porte Dorée » de San Francisco

La « Porte Dorée » (the Golden Gate) ainsi nommée car de nombreux immigrants arrivèrent par bateaux dans la baie de San Francisco pour chercher de l’or.

golde gate« The Golden Gate bridge » (le pont de la porte d’or ») fut construit entre 1933 et 1937 pour relier les villes de San Francisco à Sausalito située de l’autre côté du détroit. Il mesure près de 2 km avec une hauteur de 70 mètres qui permet le passage de très gros bateaux. C’était le pont suspendu le plus long du monde jusqu’en 1964.

Golden Gate sans dessus dessous

San Francisco: les dessous du Golden Gate bridge

Pour voir les « dessous » du pont démarrer la petite vidéo ci dessous:

La « Maison Bleue » de San Francisco

maison bleueL’histoire de la « maison bleue adossée à la colline… »  telle qu’elle nous fut racontée par « Ned » notre guide américain.

Pour la situer dans le dédale des rues de San Francisco, il faut quelques indices.

–         Un chanteur français des années 1970, barbu et chevelu,

–         Des hippies du nom de Lizzard, Luc, Tom, Phill et Psylvia,

–         Une maison bleue adossée à la colline (San Francisco en compte 43),

–         Ceux qui y vivent ont jeté la clé.

Ned savait parfaitement ou se trouvait cette fameuse maison, car il connaissait bien les protagonistes de l’histoire et les lieux.

maison bleue 2Il s’agissait du chanteur français Maxime le Forestier, troubadour barbu et chevelu des années 1970 comme les hippies de l’époque avait suivi sa chanteuse de sœur Catherine, dans cette maison ouverte à tous les vents et amis de passage dont l’adresse lui avait été communiqué par un ami belge, acteur, Luc Alexandre.

La maison de style « victorienne » appartenait à l’époque à Psylvia Gurk, véritable égérie des lieux, qui y habitait avec d’autres membres de la communauté hippie gay Hunga Dunga.

Les autres locataires étaient Phill Polizzato, Tom, Lizzard, Luc Alexandre et beaucoup d’autres encore dont de nombreux anciens combattants du Viêt-Nam.

La maison bleue a failli être oubliée après avoir été vendue. Les nouveaux propriétaires, deux avocates,  l’avaient fait repeindre en un vert de gris assez terne.

En 2011, les propriétaires, ayant eu vent de l’histoire et de la chanson grâce à l’obstination du journaliste Alexis Venifleis et de  la pression de la biographe Sophie Delassein,  acceptent de la faire repeindre leur maison en bleu comme à l’origine.

« Polydor», la maison de disque de Maxime le Forestier, et « Ressource », une entreprise de peinture, sponsorisent les travaux. Le consulat de France à San Francisco  fait apposer une plage sur le haut du garage.

Nous voici dons arrivés dans la 18ième rue au N° 3841 devant la fameuse maison de bois de couleur bleue arborant fièrement le pavillon arc en ciel des communautés gay du quartier de Castro.

maison bleue 3Devant la maison, les paroles de la chanson me viennent tout naturellement en tête, quoi de plus normal étant de cette génération des sixties:

« C’est une maison bleue, adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et l’on vient s’asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir
San Francisco s’embrume
San Francisco s’allume
San Francisco, où êtes vous
Lizzard et Luc, Psylvia, attendez-moi… »

Car la « maison bleue » est bien plus qu’une chanson, c’est l’histoire d’une ville atypique, une ville qui ne ressemble à aucune autre et dont le mythe perdure encore de nos jours.

Démarrer la vidéo pour écouter la chanson de la « maison bleue » de Maxime le Forestier.

« Coit tower » (la tour de madame Coit)

coit towerLe quartier des pêcheurs « ficherman’s wharf »

port de peche

quartier des pêcheursQuartier très animé et surtout prisé pour ses crustacés et fruits de mer.

C’est du quai 33 que partent les ferries vers l’ilot d’Alcatraz.

C’est du quai 43 que partent les navettes la baie et le « Golden Gate ».

Le quai 39  « the pier 39 »

pier 39 2Le quai 39 est un des endroits favoris de balade des habitants de San Francisco.

On y trouve une pluralité de restaurants, de bars, de boutiques et de commerces ainsi que des manèges pour les enfants.

pier39 1Au bout du quai la vue est magnifique sur la baie, et l’ilot d’Alcatraz.

pier 39 3Des « lions de mer »  ont également élu domicile sur les pontons près du quai. Ils bronzent tous les après-midi, car le matin c’est plutôt le « quai des brumes », comme partout à San Francisco.

lions de mer

L’île d’Alcatraz avec son pénitencier

alcatrazLa ville de San Francisco, avec toutes ses spécificités a encore de nos jours, un pouvoir d’attraction qui la rend unique, fascinante et mystérieuse, même s’il n’y a plus d’or sur ses 43 collines.

On ne peut quitter San Francisco sans une promenade en « cable car ».

cable carOn estime à environ 50 % les immigrants arrivés par voie maritime et 50% par voie terrestre.

LA VOIE TERRESTRE

voie terrestre

routesLes autres arrivèrent par voie de terre après un très long et dangereux périple à travers les grandes plaines du Kansas,les montagnes Rocheuses, les zones arides de l’Utah et du Nevada, le plateau du Colorado et les montagnes de la Sierra Nevada.

Il existait trois grands voies vers l’ouest, mais toutes les trois devaient couper les territoires des indiens d’ Amérique, dont les plus connues étaient:

– les Sioux, les Cheyennes, les Shoshones au nord,

– les Hopis et les Navajos au centre,

– les Apaches au sud.

territoires indiensLes tribus indiennes n’étaient pas le seul obstacle dont devaient faire face les pionniers. Les déserts, les montagnes et les cours d’eau

Les statistiques ne donnent pas le pourcentage de ceux qui n’arrivèrent jamais, mais on peut imaginer qu’ils furent très nombreux.

Les trois principales voies terrestres

LES VOIES TERRESTRES 2La plus au nord, appelée route de l’ Orégon devait traverser les états du Wyoming et de l’Idaho  à travers le « grand désert américain » et les Montagnes Rocheuses.

La route centrale traverse les états du Colorado, de l’Utah et du Nevada. Elle passe par les territoires des Navajos, la Sierra Nevada et le désert de Mojave. La route bifurquait vers le nord en longeant le fleuve San Joaquim à l’ouest du mont Whitney, le plus haut sommet de la Sierra Nevada qui culmine à 4418 mètres. Dans la vallée du même nom étaient installés les amérindiens de la tribu « Yokut ».

La vallée était très fertile et de nombreux colons s’y installèrent. C’est ainsi que la ville de Fresno vit le jour en 1856.

La route du sud traverse l’état de l’Arizona, le territoire des indiens Apaches et le sud de la sierra Nevada.

La route centrale fut découverte en 1848/49 par Jean Charles Frémont.

fremont_j_cJean Charles Frémont né à Savannah en 1813,est  fils d’émigrant français.

Officier de l’armée américaine, il fut gouverneur de l’Arizona de 1878 à 1883.

Il décède à New-York en 1890.

C’est par cette route centrale que nous allons découvrir le Far-West.

La première étape est située dans l’Utah dans la réserve des Navajos.

Utah signifie dans la langue des Navajos: « Le peuple des montagnes ».

UtahDans  la « Monument Valley », un bigouden et un descendant de la tribu Navajo, un guide dénommé « Vincent » sous le regard d’un grand chef Navajo: Manuelito.

MANUELITO2

Manuelito était un grand chef de guerre Navajo né en 1818 dans l’ Utah.

la guerre des Navajos de 1860 à 1864

Cette guerre a débuté au Nouveau Mexique à la suite d’accrochages entre les Navajos et les forces militaires américaines. Au bout de quatre années de combats les Navajos se rendent au Colonel Christopher « Kit » Carson qui ordonne la destruction de tous leurs biens et il organise la « longue marche » (Navajo Long Walk), jusqu’au Nouveau Mexique.

9.000 hommes, femmes et enfants marchèrent plus de 560 kilomètres vers leur lieu de déportation. Après quatre années de souffrances, de malnutrition, de maladies, les Navajos signèrent un traité les autorisant à retourner sur leur terre natale dans le nord de l’Arizona, reconstruire leur communauté, sous la condition de rester dans leur réserve appelée « Navajoland ».

Après la déportation des Navajos, Manuelito fut l’un des chefs à signer le traité en 1868, les autorisant à retourner vers les quatre montagnes sacrées des Navajos. Il est décédé en 1894.

Les « messagers du vent » Navajos

windtalkersLes « Windtalkers » (les messagers du vent) étaient tous des indiens Navajos formés par l’armée américaine pour servir dans les transmissions durant la guerre du Pacifique. Les japonais ne purent jamais décoder (craquer)  le « code Navajo ».

Ci dessous la bande annonce du film.

Le chiffre  quatre est un chiffre sacré chez les Navajos. Leur territoire est délimité par quatre montagnes sacrées: la montagne bleue (San Francisco peak) au Sud-Ouest. la montagne turquoise au Sud-Est. La montagne blanche au Nord-Est et Navajo mountain (la tête de la terre-mère, comme la « patcha mama des incas) au Nord-Ouest.

Monument Valley « la vallée magnifique »

Monument Valley est situé au nord du territoire Navajos.

monument valleyLes indiens ont donné des noms aux différents rochers de grès rouge. On peut donc y voir avec un peu d’imagination: les trois sœurs, l’éléphant, le chameau, la tombe, la fenêtre du nord, les quatre doigts, le pouce etc…

JOHN FORD'S POINTC’est de ce point de vue que John Ford a filmé des scènes du film « stage coach » en français la  « chevauchée fantastique ». C’est sur le bout du rocher à droite que John Wayne à cheval surveilla piste en dessous.

JOHN FORD POINTJohn Ford

John Ford  est né en 1894 dans le Maine. Il est décédé  en 1973 en Californie.

Grand réalisateur de films en particulier les westerns  et les films de guerre.

Il fut également officier de réserve dans l’ U.S. Navy,  avec en fin de carrière, le grade de contre-amiral.

Il tourne  La «  chevauchée fantastique » (Stage Coach) pour la première fois en extérieur, à Monument Valley :

«j’ai été partout dans le monde mais je considère cet endroit comme le plus beau, le plus complet et le plus calme de la planète».

John Wayne

John Wayne de son vrai nom Marion Mitchell Morrison, est né le 26 mai 1907 dans l’Iowa, et est décédé le 11 juin 1979 à Los Angeles.

Immense acteur, il tourna principalement des westerns  et des films de guerre dont « la chevauchée fantastique » sous la coupelle de John Ford qui deviendra son mentor et son ami.

film john fordfilms john ford2fims john fordLe Lac Powel

lac powelLa ville de Page

La petite ville de page est située près du lac Powel sur le territoire des Navajos.

La ville s’est développée grâce  la construction du barrage de Glen Canyon (475 mètres de long et 160 mètres de hauteur) sur la rivière Colorado qui  entraîné la formation du lac Powel.

Un petit aéroport permet le survol de cette magnifique région avec des vues d’avion époustouflantes.

glen canyonBrice Canyon

Bryce Canyon est situé au nord du lac Powel.

bryce canyonLes mormons furent les premiers colons à découvrir ce magnifique canyon dont les concrétions de grès rouge, orange, jaune forment une palette infinie qui varie en fonction de la lumière. Ce canyon est vraiment magnifique et les mormons des gens accueillants.

mormons3Las Vegas « capitale des jeux & des spectacles »

las vegas 23Las Vegas est la plus grande ville du Nevada dans le désert du Mojave. Elle fut fondée par les Mormons en 1855.

Grâce aux lois libérales en matière de jeux de l’État du Nevada,  la ville a acquis une renommée mondiale pour ses casinos et ses spectacles.

C’est la ville du nouveau rêve américain ou le jeu est roi et les mariages éphémères.

Beaucoup reviennent de Las Vegas avec la « gueule de bois », le portefeuille plus léger et une nouvelle compagne pour…un temps. De toute façon, Reno, la capitale du divorce n’est pas bien, loin !

Des millions de dollars en liquide sont joués dans les différents casinos,  ce qui facilite le blanchiment et la fructification de l’argent issus de toutes sortes de trafics.

las vegas1Pour nous français, on est émerveillé par autant de lumières de bruits et de démesures. On s’en met plein les yeux et les oreilles faute de s’en mettre plein les poches. Pour un bigouden s’est de toute façon chose inconcevable de dépenser bêtement ses « gouenek » dans  des machines à sous.

Au temps de la ruée vers l’or, des villes champignons et éphémères comme « Bodie » en Californie, qui comptait plus de 10 000 habitants en 1880 ont vus le jour. Les « saloons » et les salles de jeux  de ces villes ponctionnaient l’argent des chercheurs d’or, de nos jours, ce sont les casinos qui s’en chargent. L’or a disparu et « Bodie » est devenue une ville fantôme.

Des spectacles grandioses sont proposés par les principaux Hôtels casinos  de Las Vegas comme le « Caesars Palace », le « Mirage« , le « Bellagio », le « Paris Las Vegas » et sa tour Eiffel de 165 mètres, le « Venitian Palazzo» (le Venise) avec son campanile, l’ Excalibur, le Circus-Circus, le Luxor et sa pyramide. C’est au Caesars Palace que Céline Dion présente actuellement son nouvel album de chansons.

paris venitian palaceLes vingt plus grands hôtels du monde sont à Las Vegas.

Le « Venitian Palace » est le plus grandiose des palaces au monde avec ses 7000 chambres ses 4000 suites, ses canaux, ses ponts, le Rialto et le « pont des soupirs », sa place St Marc avec le palais des Doges et le Campanile, ses rues et ses palais vénitiens.

circusLe « MGM Grand Las Vegas » est troisième avec plus de 5000 chambres. Le « Bellagio » est dixième avec près de 3930 chambres. Le « Circus-Circus » est onzième avec 3770 chambres. Le « Caesars » est seizième avec 3350 chambres  et le « Paris Las Vegas » vingtième avec plus de 2900 chambres.

Laughlin

La petite ville de Laughlin (du nom du fondateur) est située dans le sud du Nevada sur les rives de la rivière Colorado. Les jeux étant autorisés dans le Nevada, Laughlin est appelée le « petit Las Vegas ».

laugklin2A quelques kilomètres à l’ouest de Las Vegas se trouve une vallée  désertique tristement célèbre qui fait partie du désert de Mojave.

La vallée de la mort (the death valley)

vallée de la mort3La « vallée de la mort » dut son nom macabre aux valeureux «forty-niners »  (chercheurs d’or des années 1849),  qui tentèrent d’atteindre les lieux de prospection de la « Nouvelle Helvétie » en passant par les déserts du Nevada et de la Californie, et qui furent les premières personnes originaires d’Europe à traverser la vallée. Ces pionniers restèrent bloqués plusieurs mois dans cette vallée désertique située à moins 90 m au dessous du niveau de a mer et surtout écrasée par un soleil de plomb ou  désertique il n’y a presque aucune forme de vie animale ou végétale. Beaucoup succombèrent et ils donnèrent à ce lieu le nom de « vallée de la mort » (Death Valley). Les seuls survivants ne durent leur salut qu’en remontant sur les montagnes ou ils retrouvèrent un peu de fraicheur et surtout de l’eau.

zabriskie pointZabriskie point est devenu célèbre grâce au film d’Antonioni.

Le film raconte la contestation étudiante et la libération sexuelle des années 1960 de l’Ouest américain. C’est l’histoire d’une étudiante et d’un militant contestataire qui se rencontrent à Zabristie point.

Ci dessous un extrait vidéo du film « Zabriskie point ».

En descendant de Zabristie point par la route 190 on se trouve dans la petite oasis de « Furnace Creek ranch » situé à a coté du village des indiens Shoshone.

furnace creek ranchLe musée des pionniers de la ruée vers l’or et des mines du borax extrait de la vallée de la mort.

Le Grand Canyon du Colorado

grand canyonLe grand Canyon de la rivière Colorado est certainement une des merveilles de la planète. Il est situé sur les plateaux du Colorado dans l’État de l’Arizona. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité.

Les dimensions du grand Canyon sont gigantesques.

Il est long de 450 km entre le lac Powel et le lac Mead. Sa profondeur varie de 1300 à 2 000 mètres. Sa largeur varie de 5,5 km à 30 km.

GRAND CANYONKings Canyon/Sequoia park

sequoiaC’est dans ce parc que l’on peut trouver les plus grands et les plus vieux arbres au monde.

Los Angeles « la ville des anges »

naissance de los angelesCe sont les colons espagnols qui fondèrent la ville en 1781. C’est le roi Charles III d’Espagne qui ordonna la fondation de cette colonie.

NOTRE DAME REINE DES ANGESL’église de « Notre Dame Reine des Anges »  est fondée en 1814 sur les ruines de l’ancienne église «  Nuestra Senora a Reina de los Angeles Asistencia » construite en 1784 par les 11 familles (44 personnes avec les enfants) fondatrices de Los Angeles.

En 1848, la ville devient américaine après la victoire des États-Unis contre le Mexique.

La ville est située au sud de la Californie. Elle s’est développée entre les montagnes San Gabriel, Santa Monica et les grandes plages de sable de l’Océan Pacifique.

avila adobeLe ranch « Avila Adobe » situé dans le centre historique de Los Angeles est la plus vieille maison de la ville.

kid carsonElle fut construite en 1818 par Francisco Avila. Lors de la guerre contre les mexicains en 1847, elle fut occupée par l’État-major américain. La petite stèle devant la maison surmontée d’une flèche en bronze est dédiée à Kit Carson.

« Kit Carson » de son vrai nom Christopher Houston Carson est né en 1809. C’ est un des pionniers de la conquête de l’ouest. Il sert de guide à Charles Frémont durant les deux premières expéditions.

kit carsonIl sert ensuite de guide dans l’ U.S. Army pendant la guerre entre le Mexique et les États-Unis. Pendant la guerre de Sécession il est officier, il fait partie de l’armée fédérale avec le grade de général en 1865, trois ans avant sa mort en 1868.

Après le tremblement de terre de 1971, la maison fut restaurée pour servir de mémoire historique à la ville car du son passé de Los Angeles, il ne reste pratiquement plus rien, tout a été rasé pour faire place aux buildings.

L’arrivée du chemin de fer en 1876 permet à Los Angeles de se développer rapidement pour devenir de nos jours une mégapole de près de 4 000 000 millions d’habitants.

La gare centrale, construite en 1939 dans le genre art-déco a gardée son charme du passé avec ses grands halls et ses fauteuils de cuir, profonds, patinés et usés. On se croirait revenu à la période de la guerre des gangs, de la prohibition. Au temps ou Scarface (le balafré) semait la terreur. Depuis janvier 1939, Al Capone était « pensionnaire » non loin de là au pénitencier de Terminal Island après avoir séjourné dans le « club » très fermé d’Alcatraz.

GARE LO

Actuellement les communes périphériques sont englobées dans la mégapole comme Santa-Monica et Beverly-Hills.

La spécificité de Los Angeles réside aussi dans ses quartiers dont le plus célèbre est Hollywood.

Hollywood boulevard, ses étoiles et ses empruntes de pieds et de mains des vedettes.

hollywood boulevardJ’ai retrouvé sur Hollywood boulevard la plaque de Peter O’Toole qui avait incarné T.E. Lawrence dit « Laurence d’Arabie » et cela m’a fait plaisir de mettre mes pieds dans les siens, ayant foulé durant de nombreuses années ses pas dans le Hedjaz en Arabie Saoudite.

La réussite d’un voyage ne tient pas seulement dans la programmation, le choix des sites, la beauté des paysages, mais passe aussi, pour un très grande part, dans son accompagnement.

NedSans un bon guide, qui sait habiller les images comme un couturier, effectuer des commentaires sur l’histoire et la géographie des lieux, tel un conteur devant un feu de bois, la découverte du pays ne serait qu’un survol rapide et imagé.

Ned, notre guide pour ce périple de l’ouest américain, a parfaitement rempli son rôle de conteur et de couturier d’images. Il a su passionner les béotiens que nous étions pour cette « découverte du « Far-West ».

J’ai repris bon nombre de ses commentaires et anecdotes pour habiller mon récit et je l’en remercie.

Avant de quitter ce « Far-West » qui a fait rêver de nombreux colons européens en quête d’Eldorado, du « rêve américain », qui attire encore de nos jours pour une multitude de raisons à travers des modes de vies, des lieux magiques, des villes pleines de charme, des histoires d’indiens et de cow-boy et surtout les nombreux films qui sont réalisés dans cet ouest américain, un petit tour s’impose sur une route mythique: la route 66.

route 66_5route 66_6Assis sur la corniche face à « Frisco », une petite coupe de champagne californien s’impose en guise d’un « kenavo » (au revoir) à cette ville atypique, pleine de charme, cosmopolite et… mystérieuse, qui cache tous les jours sa pudeur sous un nuage de brume comme une mariée sous son voile. Lorsque le voile se lève elle apparait enfin dans toute sa splendeur.

kenavo san francisco« Kenavo ar wec’h all » à une prochaine fois pour une nouvelle aventure, un nouveau voyage.

Jean Claude Quideau

Novembre 2013

Cap à l’ouest vers la Nouvelle France « Terre des Bretons » »

En hommage à nos « cousins » de la « Nouvelle France »

En souvenir des navigateurs, explorateurs, ainsi qu’aux personnes qui ont marqué l’histoire, comme le Général de Gaulle, qui a « mis les pieds dans le plat » (qu’il avait grands) à Montréal, sans conséquence irréversible. Son intervention a eu le mérite de faire connaitre le Québec, Saint Pierre et Miquelon et La Gaspésie, au monde entier.

En souvenir de l’Amiral d’Yves de Kersauson de Pennendreff qui fut mon commandant sur le Colbert. Ce croiseur est lié à tout jamais à l’histoire de la province du Québec.

Merci à Ian  Beaulieu qui a su nous raconter avec passion l’histoire de son « beau pays »,« Quel beau nom pour un aussi Beau lieu »

Merci aussi à Stéphane Duguay pour nous avoir fait parcourir tout le beau pays avec sa  « Chaudière,  jamais à cours de vapeur ».

Le Québec n’est pas une « Province » mais un « Pays » comme le chante si bien Gilles Vigneault, mais un pays qui n’est pas toujours l’hiver, contrairement à ce que pensait le roi de France, Louis XV , sa maitresse madame de Pompadour, et toute sa cour, au point de l’avoir abandonné en disant:  » Que voulez-vous que l’on fasse avec un champ de neige »…

En 1763, après la guerre de sept ans, il cède la « Nouvelle France », une partie de la Louisiane, quelques îles des Antilles à l’Angleterre, sans doute par manque d’argent, ses maitresses lui coûtent très cher…

Ce récit est également l’histoire de marins, pour la plupart bretons, pêcheurs, navigateurs et découvreurs , visiteurs qui partirent Cap à l’Ouest vers de nouveaux horizons.

Les premiers,  pour gagner leur pain, les seconds pour découvrir de nouvelles contrées et en ramener les richesses.

D’autres pour devenir célèbre, pour la gloire, la quête de liberté, pour laisser leur emprunte pour l’éternité. 

Les derniers en villégiature à la découverte du pays de nos cousins, nos ancêtres bretons ou originaires d’autres régions de France.

LA ROUTE DE LA MORUE

La route des pêcheurs bretons vers les « Grands Bancs »

A partir du XV ème siècle, et durant plusieurs siècles, des marins bretons ont pratiqué la pêche à la morue dans l’Atlantique du nord-ouest. Une activité nécessaire, qui a traversé des périodes pénibles et connu bien des drames.

Les pêcheurs bretons disaient :

« Ar bara zo ahont (a izel) » : le pain est là-bas.

Pour gagner leur vie et donc acheter le pain pour nourrir la famille il fallait aller là-bas, très loin,  à l’ouest vers la « Terre des Bretons ».

Histoire Maritime de la Bretagne au 16 ième siècle est intimement liée à celle du Canada.

TERRE AUX BRETONSUne partie du Canada s’est appelée tout d’abord « Terre des Bretons »,en particulier les terres limitrophes du golfe du Saint Laurent, l’Acadie, la Gaspésie, l’ île Saint Jean.

Acadie_1754Les basques quand à eux utilisent surtout Terre Neuve pour y installer leurs bases de ravitaillement en eau et produits frais qu’il échangent avec les indiens.

Avant les voyages  de Jacques Cartier, sur la carte du navigateur Jérôme de Verrazano de 1529, on peut voir l’écusson et les hermines du Duché de Bretagne sur les territoires de l’ancienne Acadie (Nouvelle Écosse, Nouveau Brunswick).

drapeau_amiraute bretonneLe drapeau des bateaux des flottes bretonnes était constitué d’une croix noire avec quatre carrés d’hermines, puis à partir de 1532, un seul carré est maintenu (celui du haut à gauche).

La Morue et la religion

En 1454, les habitants de l’île Bréhat et les moines de Beauport organisaient déjà la  pêche à à la morue sur les bancs de Terre-Neuve.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la religion a également fortement influencée l’histoire bretonne de la pêche à la morue.

En ces temps-là, on ne badinait pas avec l’observation de l’abstinence alimentaire imposée, le vendredi,  et certains autres jours, par les commandements de l’Église.

On en comptait pas moins de cent cinquante jours dans l’année, carême compris.

Cette règle qui interdisait la consommation de viande causait, sur le plan pratique, de sérieux problèmes de nourriture à la population, principalement dans l’arrière-pays, où la présence du poisson de mer frais sur les tables était exceptionnelle.

Aussi les pêcheurs Bretons durent trouver des lieux de pêche prolifiques  de plus en plus loin vers l’ouest pour satisfaire les besoins de la population.

En ces temps-là, La morue était abondante entre la « Nouvelle terre »  et la « Terre des bretons ».

Dès qu’ils surent comment conserver le produit de leur pêche dans le sel, ils s’aventurèrent de plus en plus loin à l’ouest sur l’océan Atlantique.

En accostant dans les baies pour s’approvisionner en eau potable, ils firent connaissance des autochtones qui vivaient depuis plusieurs siècles ces contrées. Ce sont les amérindiens qui leur apprirent à sécher et fumer la morue.

Méthode de séchage et de fumage de la morue par les amérindiens de la tribu des Hurons.

Cette épineuse question du substitut à la viande étant réglée grâce aux apports des morutiers, avec le temps, une controverse s’ensuivit rapportée par les historiens. Il s’agissait, cette fois, de savoir qui des pionniers bretons avaient ouvert la route de Terre-Neuve.

Gravure de la ville close de Saint-Malo au XVII éme siècle

Il ne fait aucun doute que ce furent les marins Bretons originaires de Saint Malo ou des environs (Paimpol, Saint Brieux…) qui  accostèrent les premiers sur ces terres, car nombre de cap et de baies portaient les noms de Saint Malo, Saint Julien, Saint Lunaire, Boutitou… Les écrits du XV ème siècle plaident dans ce sens. Ils rapportent que la morue séchait partout sur les rochers et devant les cabanes à Saint Malo. Plus tard, vinrent les Basques, les Normands.

Certes, la pêche à la morue faisait le bonheur de la population bretonne, en dépit de la saumure qui coulait dans les ruisseaux et empuantissait l’atmosphère. Pour autant elle n’allait pas sans heurts avec les autochtones qui pratiquaient la chasse au « loup marin » (phoques) dans ces mêmes secteurs.

Les querelles entre les amérindiens (Micmacs, hurons, Iroquois) et les pêcheurs malouins, paimpolais et briochins tournaient parfois aux affrontements sanglants.

En 1610,  les morutiers de Saint-Malo se trouvèrent dans l’obligation de solliciter l’assistance de frégates royales pour assurer leur protection dans le contexte du conflit armé opposant alors la France à l’Angleterre au sujet de la « Nouvelle Terre » (Terre Neuve) de la « Terre des Bretons » (Gaspésie) et du Saint Laurent « la ou les eaux se ressèrent »  (Québec) , chacun revendiquant la possession de ces contrées.

Vaille que vaille, pourtant, l’armement morutier breton poursuivit son développement. Un recensement effectué en 1664 fait apparaître que Saint-Malo comptait à lui seul plus de 60 bateaux équipés pour cette pêche.

La pêche errante ou pêche à la morue verte

La pêche errante se pratiquait au large sur des navires à voiles de 30 à 100 tonneaux  sur les grands bancs. Les navires partaient pour une campagne de 6 à 7 mois avec des équipages de 20 à 30 marins.

Au tout début, les navires tiraient des lignes le long du bord à partir du pont. Au fil du temps, la technique évolua pour devenir plus performante.

Les navires embarquaient de petites embarcations appelées « doris » qu’ils mettaient à l’eau un fois arrivés sur les grands bancs.

Chaque doris était armé par deux hommes, un marin aguerri et un mousse. Le doris quittait le navire mère chacun dans une direction précise.

Avant de partir du bateau, le capitaine mettait dans son béret  8 numéros qui étaient tirés au sort. Il y avait des numéros à risque car dépendant des vents et des courants qui faisaient dériver « le bateau mère » et les doris plus ou moins vite et donc les  l’éloigner de leur base. En général les doris dérivaient plus vite, donc pour compenser cette fuite , les marins mouillaient une ancre flottante qui devait freiner la dérive.

L’ancre flottante était constituée d’un entonnoir de toile de jute qui était mis à l’eau à l’avant du navire. l’entonnoir se remplissait d’eau et constituait un poids mord que le bateau devait trainer ce qui freinait la dérive.

La pêche se faisait avec une ligne composée de un ou plusieurs hameçons, genre de « mitraillette » à maquereaux. L’appât était constitué de bulots ou de sardines conservés dans de la saumure. Ils restaient toute la journée à pêcher et devaient rentrer avant la nuit. Parfois, le doris étant plein de morues, menaçant de sombrer, le retour était nécessaire.

Beaucoup de drames eurent lieu pour différentes raisons. Beaucoup de doris se perdaient dans l’immensité de l’océan, la brume s’étant levée, ou sombraient car la mer s’était formée. Il arrivait parfois que l’un des marins tombe par-dessus bord et coulait à pic, ne sachant pas nager avec des vêtements alourdis par l’eau. Parfois encore le doris chavirait entraînant ses deux occupants qui n’avaient aucune chance dans ces eaux glacées.

De nos jours encore, pour gagner son pain,  « bara », en Bretagne, il faut aller pêcher.

Cette conviction perdure fortement dans le pays bigouden.

Un  armateur du Guilvinec a baptisé tous ses navires  un nom qui commence par « bara ».

Le tout nouveau  « Bara ar Vicher » (le pain  professionnel , de son métier)

Le « Bara Brenn » (le pain au son) se refait une beauté sur l’aire de carénage.

« Yann,  le bigouden,  est parti un beau matin

Embarqué sur un trois mats malouin,

Cap à l’ouest,  vers l’Alaska,

Pêcher la morue pour gagner son « bara ».

Mais il ne sait pas, si au pays il reviendra ».

LA ROUTE DES NAVIGATEURS

En 1497, Giovanni Caboto (Cabot), un génois au service du roi Henri VII, d’Angleterre, part vers l’ouest avec 18 marins sur le galion le « Mathew ».

Il découvre les côtes de « Newfoundland » (Terre Neuve) et navigue tout au long des côtes de Terre Neuve et de Gaspésie. Il donnera son nom à ce type de navigation le long des côtes: « le cabotage ».

Jacques Cartier

Jacques Cartier est né le 23 décembre 1491 à Saint Malo.

En 1534, Jacques Cartier quitte Saint Malo avec deux vaisseaux, après vingt jours de mer, il touche la terre dans une baie qu’il nomme la « baye à chaleur » (baie des chaleurs) en raison de la brume qui s’en échappe comme s’il y avait évaporation due à la chaleur des eaux. Il prend contact avec les autochtones, des amérindiens de la tribu des Micmacs. Les Micmacs appelaient cette baie « Mowebaktabaak » (grande baie).

Puis il remonte vers l’ouest et jette l’ancre à « Gaspé » havre connu par les pêcheurs bretons, qui donnera son nom à la Gaspésie.

Arrivée au Québec  en 1535

Le deuxième voyage a lieu après 1535.

Cette expédition compte trois galions:

La « Petite Hermine » de 60 tonneaux,

l’ « Émerillon » de 40 tonneaux,

la « Grande Hermine » de 120 tonneaux.

Grâce à leurs connaissances du premier voyage, Jacques Cartier remonte alors le Saint Laurent, découvrant qu’il navigue sur un fleuve lorsque l’eau devient douce. Il fait escale à l’île d’Orléans.

Le troisième voyage de Jacques cartier en 1541 est un voyage à la recherche des richesses de ce nouveau pays. Il ramène de la région de Saguenay de l’or et des diamants.

Aussitôt arrivé en France, il fait expertiser le minerai, apprenant qu’il ne rapporte que de la pyrite  et du quartz, sans valeur.

 » L’or des fous »

La pyrite aussi appelé « or des fous » à cause de sa couleur jaune ressemblant à de l’or. Elle  a égaré des prospecteurs peu compétents croyant avoir découvert des pépites d’or.

La mésaventure de Jacques Cartier est à l’origine de l’expression:

« faux comme des diamants du Canada »

Et du nom de:

« Cap Diamant » pour désigner l’extrémité du promontoire de Québec.

Jacques Cartier se retire dans son manoir de « Limoëlou » à Rothéneuf près de Saint-Malo.

rotheneufLe modeste manoir de Limöleou fut la demeure de Jacques Cartier au quinzième et seizième siècle.

Le manoir fut sauvé par la fondation canadiènne Macdonald Stewart.

Il décède en 1557. Il repose depuis dans la cathédrale de Saint Malo.

Rothéneuf est devenu célèbre grâce à Jacques Cartier mais également grâce à l’abbé Adolphe Fouré qui passa une grande partie de sa vie à sculpter les rochers entre Rothéneuf et Cancale.

L’abbé sculpteur

abbé fouréAdolphe Fouré est ordonné prête à Rennes. A la suite d’une attaque cérébrale, il devient sourd et muet. L’abbé se retire à Rothéneuf ou il sculptera plus de trois cents personnages, nobles, pirates et corsaires de Saint Malo, mais aussi des êtres fantasmagoriques évoquant les gargouilles des cathédrales médiévales.

Rochers de RothéneufSamuel de Champlain

Samuel de Champlain est né à la Rochelle, en 1569.

Après une formation de navigateur, il est soldat au service de la  Bretagne.

Il est surtout connu pour avoir ensuite fondé la ville de Québec, le 3 juillet 1308.

N’appartenant pas à la noblesse, Champlain agit en tant que subalterne d’un noble désigné par le roi.

A Québec, en tant que roturier, il n’ est que « lieutenant » du vice-roi de la Nouvelle France.

Jamais il n’obtiendra le titre officiel de gouverneur, même s’il en exerce les fonctions .

Samuel de Champlain fut considéré  le « Père de la Nouvelle-France ».

LA PROVINCE ENDORMIE DEVIENT UN PAYS

LA ROUTE DE LA FRATERNITÉ

Voici l’histoire du périple du croiseur Colbert qui appareilla de Bretagne le 15 juillet 1967 cap à l’ouest vers la « Nouvelle France » (le Québec) à l’occasion de l’Exposition Universelle.

Le Général de Gaulle, Président de la République avait répondu positivement à l’invitation du gouvernement de la province du Québec et il avait tenu à honorer de sa présence à cette manifestation organisée à Montréal. Cette exposition revêtait encore plus d’importance aux yeux du général car le thème choisi était « Terre des hommes » de l’ouvrage de Saint-Exupéry.

La France avait fait un gros effort pour construire un magnifique pavillon. Une structure en forme de diamant serti, conçu par l’architecte visionnaire Iannis Xennakis. D’origine grecque, réfugié politique en France en 1947 et naturalisé français, il a travaillé comme ingénieur pour Le Corbusier. Xennakis est décédé à Paris en 2001.

La structure perdure encore de nos jour car le pavillon a été transformé en un magnifique casino sur l’île Notre-Dame.

Le pavillon des États-Unis, une énorme biosphère, conçue par l’architecte Richard Bukminster est également visible sur l’île Sainte-Hélène.

Ce récit est émaillé de témoignages des participants de l’époque ainsi que d’anecdotes recueillies à chaud, ou bien plus tard, sur le croiseur Colbert.

Le croiseur lance-missiles Colbert

Le Colbert est le sixième bâtiment à porter le nom de l’illustre Ministre de la Marine de Louis XIX, Jean-Baptiste Colbert.

La construction du croiseur débute à Brest en 1953, mis à l’eau en 1956, il est admis au service actif en 1957. Affecté comme bâtiment Amiral de l’escadre de la Méditerranée, il rejoint Toulon son port d’attache en 1959.  A l’origine croiseur anti-aérien (C.A.A.), il sera transformé durant l’année 1960 en croiseur lance-missiles (C.L.M.).

Caractéristiques du croiseur:

D’une longueur de 180 m, largeur : 20 m et d’un tirant d’eau : 7.9 m, il déplaçait 11 000 tonnes de port en lourd.
Propulsé par une machine à vapeur  de 86000 CV. Sa vitesse maximum était de 32 nœuds ce qui est remarquable pour une telle masse.

Je me souviens du récit, émaillé d’ anecdotes, raconté par le capitaine de vaisseau de Kersauson de Pennendreff, dernier commandant du Colbert, lors d’un dîner au carré de l’Amiral, un soir en mer d’Oman.

Avant de passer à table, je demande au commandant la permission de me rendre aux toilettes. Le commandant me dit : « Faites, mon cher Quideau,  allez donc visiter le bidet de Tante Yvonne ! ».

Quel ne fut pas mon étonnement que de constater de visu qu’il y avait bien un magnifique bidet dans le cabinet de toilette de l’Amiral.

Ce n’était pas le bidet en bois de hêtre de Madame de Pompadour qui l’utilisait déjà en 1710 à Versailles, sous Louis XV, mais un bidet en porcelaine blanche made in France de Christophe des Rosiers.

Le bidet de « la Pompadour »

A mon retour, je demande au commandant le pourquoi de cette présence insolite sur un navire de guerre.

Le commandant de Kersauson de se fait pas prié et commence à raconter le périple du Colbert au Québec en 1967.

Le bidet ainsi que d’autres aménagements avaient été spécialement réalisés pour le voyage du Général de Gaulle pour l’Exposition Universelle de Montréal. L’épouse du Président (Tante Yvonne) était aussi du voyage.

Nous passons à table et la conversation continue sur ce voyage dont voici les grandes lignes.

Les buts de ce voyage sont culturels et….politiques

En mai 1967, Daniel Johnson, alors ministre de la province du Québec est en visite officielle à Paris pour inviter dans un « but culturel » le Général de Gaulle à l’exposition Universelle de Montréal pour «Permettre aux Canadiens français de se découvrir et au reste du Canada de se réveiller à la réalité française».

Daniel Johnson est né le 15 avril 1915 en Estrie, il est décédé le 26 septembre 1968 peu de temps après la visite de de Gaulle au Québec.

Daniel Jonhson et le général de Gaulle

Johnson ajoute:

«Ce qui me réjouit, c’est que nos gens vont se rendre compte qu’il est possible de vivre en français au Canada, je voudrais que le général fasse sentir aux Québécois le sens de la culture française».

Le deuxième objectif de Johnson est plus « politique » que culturel, il consiste à persuader de Gaulle de franchir l’Atlantique pour livrer le message suivant à Ottawa, et au monde entier qu’il y a aussi:

« Des Canadiens français, qu’il faut les respecter, et ce respect commence par l’égalité politique».

Il s’agit de secouer les mentalités et en même temps, de contrer la politique séculaire du gouvernement fédéral d’Ottawa qui masque le caractère français du Québec.

Combien de chefs d’État et de diplomates étrangers visitant l’Exposition diront au premier ministre du Québec:

«Nous nous excusons de n’avoir rien préparé en français. Nous ne savions pas qu’on parlait français ici. L’ambassadeur du Canada ne nous l’avait pas dit».

Le général, a bien pris note de cette réalité anglophone et rendra la pareille à certains officiels dès son arrivée dans le golfe du Saint Laurent.

La préparation au voyage, les aménagements effectués sur le croiseur

Le général, d’abord réticent à l’idée d’aller visiter l’Exposition Universelle de Montréal de 1967, fut finalement séduit par l’idée de s’y rendre en traversant l’océan sur un bâtiment  jusqu’à Québec, puis en remontant la vallée du Saint Laurent par la route comme le firent avant lui Cartier et Champlain. Un argument supplémentaire fut d’arriver ainsi Outre-Atlantique par un moyen de transport français, alors que par air, il aurait du emprunter un avion forcément américain (Boeing  ou Mac Donnell Douglas ). Le Colbert fut aménagé pour recevoir le Président de la République et son épouse Yvonne, en particulier les appartements de l’Amiral furent agrandis.

C’est « Tante Yvonne » qui a supervisé sa décoration. Elle avait fait embarqué des meubles du Mobilier National, des toiles de Dufy et Matisse, et avait demandé qu’on lui rajoute deux fenêtres autour de la cheminée. C’est pourquoi  le Colbert est le seul bâtiment de guerre, doté de deux fausses fenêtres qui encadrent une cheminée, fausse elle aussi.

Le terme « appartements » pourra sembler étrange à certains d’entre vous, mais il est d’usage dans la marine de parler d’appartements de l’amiral. Et c’était le cas pour le croiseur Colbert qui était avant tout un navire de commandement devant recevoir un amiral et son État-major.

Les appartements comprenaient un cabinet de travail avec un bureau en acajou, un salon et une salle à manger avec un office adjacent pour le maître d’hôtel, et une grande chambre avec son cabinet de toilettes.

Le lit dans l’appartement de l’Amiral fut agrandi. Les cabinets de toilette furent féminisés avec ce fameux bidet. Le téléphone secret rouge, et un autre noir en bakélite furent connectés au PC radio.

Une petite salle à manger avait été aménagée pour le commandant du Colbert, le capitaine de vaisseau  Delahousse et l’État-major particulier du Général dans un local situé dans la coursive de l’amiral.

De ce voyage, il restait encore en 1991,  le téléphone qui reliait le général de Gaulle à l’Élysée (ce combiné rouge était toujours présent, dans la chambre de l’amiral).

Cap à l’ouest, la traversée de l’Atlantique nord

Le 15 juillet, de Gaulle embarque avec son épouse à bord du croiseur Colbert à Brest.

Ce moyen de transport fut délibérément choisi pour lui permettre d’éviter le protocole qui commandait l’arrivée via Ottawa. Ayant été invité par le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, plutôt que par le premier ministre canadien, Lester Pearson, il ne pouvait être accueilli en premier lieu dans la capitale fédérale.

Au cours de la traversée, il aurait dit à ses proches :

« Je compte frapper un grand coup. Ça bardera, mais il le faut. C’est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France. »

Le Colbert fit escale à Saint Pierre et Miquelon le 20 juillet 1967.

Le commandant de Kersauson, après le plat principal,  continue cette l’histoire qui me passionne au plus haut point ainsi que les autres membres présents ce soir-là.

Après cette escale, le Colbert mis le cap à l’ouest et arriva à l’embouchure du Saint Laurent le 22 juillet ou un officier de liaison envoyé par le gouvernement fédéral embarqua à bord.

Ottawa,  avait bien pris le soin de désigner un officier ne parlant que l’anglais, pas un traitre mot de français,  pensant que cela obligerait les français à s’exprimer dans la langue de Shakespeare. C’était bien mal connaitre le général, qui avait beaucoup apprit des pratiques de la « perfide Albion » pendant son séjour en Angleterre.

De Gaulle l’invita à tous les repas à sa table et bien sur la conversation ne se fit qu’en français. Les rires fusaient parfois. Par politesse, l’officier riait aussi, par politesse comme il se doit pour un officier de marine, ne sachant pas le pourquoi de ces rires. S’il avait su, ……………il n’aurait certainement pas ri autant.

L’anse-aux-foulons, arrivée à Québec

Le dimanche 23 juillet,  par un beau soleil, le Colbert s’amarrait au pied de la citadelle de Québec à l’anse au Foulon.

Le Colbert abhorre les  pavillons français et québécois. Sur le quai, de Gaulle est reçu de façon protocolaire par le gouverneur général Michener, représentant le gouvernement fédéral canadien et par le premier ministre du Québec, Johnson.

de gaulle colbertTandis que la  » Marseillaise » soulevait une vive ovation, le « God save the Queen » provoquait aussitôt quelques huées et des tomates tombaient des collines sur les participants.

de Gaulle au Quebec 1967Après une courte escale à la citadelle,  résidence du gouverneur général, de Gaulle et Johnson se rendent à l’Hôtel de ville. Le président déclare alors :

«Toute la France, en ce moment, regarde par ici. Elle vous voit. Elle vous entend. Elle vous aime…». « Nous sommes liés par notre avenir. Mais on est chez soi, ici, après tout ! Ce que nous faisons ici et là-bas, nous le faisons toujours un peu plus ensemble. Toute la France, en ce moment, regarde par ici. Elle vous voit. Elle vous entend. Elle vous aime. ».

Puis, le président assiste à une messe à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dite par l’archevêque de Québec, Maurice Roy.

Le chemin du Roy, de Québec vers Montréal

Le Chemin du Roi, inauguré le 5 août 1734, relie Québec à Montréal en suivant la rive gauche du Saint-Laurent.

Tout au long des 270 kilomètres du parcours, il y avait des emblèmes français et québécois partout. Le cortège roulait sur un tapis de fleurs de lis blanches peintes au pochoir sur l’asphalte.

Il traversa et s’arrêta à :

Donnacona, La Pérade

La Pérade est célèbre pour ses pêcheries en hiver sur le lac gelé

la peradeDéjeuner au séminaire Saint Joseph de Trois-Rivières

seminaire st joseph de trois rivièresPhoto de l’association « Point du Jour Aviation »

Louiseville, Berthierville, Repentigny, Pointe-aux-Trembles.

À l’entrée de chaque village, il y avait l’écusson de la province française d’où étaient originaires ‘les habitants. Si Jacques Cartier et Samuel de Champlain, venaient de Bretagne, La France toute entière a contribué à peupler ces territoires. Sur le Chemin du Roi, c’est toute la vieille France qui acclamait le Général.

A chaque étape de Gaulle déclamait sous les acclamations :

« Maintenant, je vois le présent, le présent du Canada français, un pays qui est en train de devenir maître de lui-même, qui prend en mains ses destinées. Vous pouvez être sûr que le vieux pays, que la vieille France apporte et apportera à la Nouvelle-France tout son concours fraternel »…

Le 24 juillet sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal

« les pieds dans le plat, la phrase au bout du fil… »

Sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal, de Gaulle, exalté par l’enthousiasme de la foule, s’empare des micro, malgré les réticences du maire,Jean Drapeau, qui rétorque qu’il qu’il n’est pas branché.

Une voix venue de derrière le général dit: « je sais comment le faire marcher » .

Aussitôt connecté,  de Gaulle prend la parole et de sa voix de stentor déclame:

« Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive le Canada français et vive la France ! « 

Cette phrase fatidique et impérissable, déchaîna les passions, une clameur immense envahie la place et de Gaulle les bras levés en » V », les points serrés, salua la foule.

Qu’est devenu le quidam qui a osé connecter le micro? il aurait du aussi être reconnu pour sa réactivité et son audace…On ne le saura jamais. Dommage…

La visite officielle fut donc écourtée, de Gaulle renonça à se rendre à Ottawa.

Le 25 juillet à Montréal, après une réception de la colonie française au Ritz Carlton, de Gaulle  visite de l’exposition universelle, quand même, il était venu pour cela.

expo 67Le général reprit l’avion ( un D.C. 9) pour Paris dans l’après-midi du 25 juillet après avoir pris congé du maire de Montréal,il lui dit:

« Pendant mon voyage, du fait d’une sorte de choc, auquel ni vous ni moi ne pouvions rien, c’était élémentaire, et nous en avons tous été saisis , je crois avoir pu aller en ce qui vous concerne au fond des choses, quand au reste, tout ce qui grouille, et grenouille, et scribouille, n’a pas de conséquence historique dans les grandes circonstances ».

Une tension diplomatique s’établit entre la France et le Canada.

Lester Pearson, premier ministre du Canada, considère ces propos comme un affront, ce qui a entraîné l’annulation de la visite que devait faire le général à Ottawa, et son départ précipité pour la France.

Cependant, lors d’une conférence de presse le 27 novembre 1967, de Gaulle déclara:

«Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là.»

Le commandant de Kersauson précise que toute cette fameuse histoire a été raconté par les officiers français ayant participé à ce voyage et en particulier par  le capitaine de vaisseau Delahousse commandant le Colbert. Il y avait également du voyage, l’Amiral Philippon,  Chef de cabinet à l’Élysée, et l’aide de camp du Président le capitaine de vaisseau Flohic.

La Vénus du Croiseur Colbert

Ce magnifique tableau trônait dans le salon du carré des officiers du croiseur Colbert.

salon du carré du colbertLa salle à manger des officiers subalternes du croiseur Colbert

carre du colbert2Le tableau était accroché sur la cloison, à droite en rentrant, face au petit bar. Dans le coin sur une tablette, il y avait aussi une magnifique lampe chinoise que j’ai eu la chance de gagner à la tombola organisée lors du partage des biens de la « gamelle » du carré, bien sur lampe non-inscrite au patrimoine.

La salle à manger des officiers supérieurs du croiseur Colbert

CARRE DU COLBERTOn ne voyait que cette toile, lorsque l’on prenait au bar du carré. Elle ne pouvait pas passer inaperçue et suscitait bien des interrogations et on le verra plus tard des convoitises.

Lorsque j’étais Officier Détecteur sur ce fier vaisseau, en 1990 et 1991, je me posais la question :

Comment cette toile était arrivée là ? , qui l’avait peinte ?

Aucun officier du bord  ne connaissait la réponse exacte.

Certains disaient qu’elle avait été peinte par un ancien officier du bord qui avait pris pour modèle sa petite amie. Que nenni…fadaises….

Jean Rouffignac ancien officier sur le Colbert donne une version qui est la plus plausible :

 » Lorsque j’étais adjoint-missiles à bord du Colbert, nous avions comme info que ce tableau avait été donné par Domergue en remerciement des nombreux repas qu’il avait pris à bord du croiseur à Toulon. Elle aurait été un de ses modèles. On disait que c’était la propriétaire d’un beau restaurant-bar au coin du petit port de pêche du Mourillon.

Quand le croiseur Colbert fut désarmé, en 1991,  le président des officiers du Cassard, vint à bord mettre une option sur la toile. Comme elle ne rentrait pas dans l’inventaire officiel du patrimoine de la marine, elle lui fut attribuée par notre président. Depuis elle continue à  faire fantasmer les  officiers mais…. sur la frégate Cassard.

Il est vrai que cette toile est caractéristique d’autres toiles de femmes au buste dénudé que Jean Gabriel Domergue aimait peindre, comme celle intitulée « Fleur du Nord » mise en vente chez Christie’ s entre 7600 et 11000 dollars.

Il aimait peindre de jeunes artistes assez fluettes , ce n’est sans doute pas la propriétaire d’un bar du Mourillon, mais plutôt une danseuse de cabaret.

Quoiqu’il en soit, les toiles de Jean-Gabriel Domergue sont actuellement très recherchées et la « Vénus du Colbert » doit valoir maintenant son « pesant d’or ».

Jean-Gabriel Domergue

Le peintre est né à Bordeaux le 4 mars 1889  et il est décédé à Paris en 1962.
Il était le petit cousin de Toulouse-Lautrec.

Jean-Gabriel Domergue achète un terrain à la Cannes en 1926. Il conçoit, et fait réaliser la villa, sous le nom de « villa Fiesole ».  

villa domergueIl est très influencé par le style italien de la renaissance, et par une villa qu’il avait vue à côté de  Florence.

Son épouse, Odette Domergue, conçoit des jardins méditerranéens, les bassins et les cascades agrémentés de statues antiques.

Le couple réside ans la villa à partir de 1932 jusqu’à la mort du peintre en 1962.

Dix ans plus tard, Odette Domergue lègue la propriété à la ville de Cannes.

La villa accueille toujours des évènements mondains ou des manifestations officielles de la ville et est ouverte pour des expositions artistiques.

villa domergue 2Depuis les années 1990, la villa est l’endroit où se réunit le jury officiel du Festival de Cannes pour la délibération finale des  « palmes d’or ».

palais de cannesIl disait :

« Les femmes ne trouvent leur portrait ressemblant
que lorsqu’il ressemble à ce qu’elles voudraient être
»

domergueIl ne fait plus aucun doute, le tableau de la femme aux seins nus qui trônait au carré des officiers du croiseur Colbert et qui a été cédé aux officiers  de la frégate anti-aérienne Cassard est bien de Jean Gabriel Domergue. Quand au modèle le doute subsiste ?

Cette toile compte tenu de sa valeur devrait être inscrite au « Patrimoine de la Marine ».

La dernière mission du Colbert

« Salamandre »

Opération "Salamandre" après l'invasion du Koweït par les troupes irakiennes.Photo SCPA-D ( Colbert-Var-Clemenceau)

Le navire à bien tenu son rôle de « chien de garde » du porte-aéronefs Clemenceau lors de la mission « Salamandre ».

colbert proue poupeSalamandre, pourquoi ce terme pour la mission de l’été 1990 dévolue au croiseur « Colbert » et à ses partenaires, le porte-avion « Clemenceau » et le pétrolier ravitailleur « Var » ?

La salamandre était l’emblème de François 1er dont la devise était : « Nutrisco et extingo » (Je me nourris du feu et je l’ éteins).

IMG2_0003Le Colbert avait souffert quand il a accosté à Toulon après cette éprouvante mais passionnante mission en mer d’Oman et en Mer Rouge.

IMG2_0009Les taches de rouille sont bien visible sur la coque du croiseur

CO ColbertPar contre après un lifting, Il avait belle allure lors de sa dernière escale le 12 avril 2012 à Venise au quai des Martyrs près de la place Saint Marc.

Pendant cette dernière mission nous avions à bord, Serge Marko « Peintre Officiel de la Marine ». 

Superbe aquarelle de Serge Marko « le Colbert à Venise »

Sur la route du retour, vers Toulon, le Colbert participa avec brio à l’exercice « Sardinia » exercice avec la Force Navale de Méditerranée. Certains officiers de l’État-major en furent même offusqués de s’être fait « grugé » par la tactique employée par le staff opérations du vieux croiseur. Ils ne se doutaient pas qu’ en Corse,  « prendre le maquis » est un institution lorsque l’on vous recherche. Le Colbert fut introuvable, même par les Super-Étendards.

Mais ceci est une autre histoire…

Les aussières passées, le commandant de Yves de Kersauson ordonna « terminé barre et machine ». Dans les entrailles du navire, « le Chef », la larme à l’ œil, répercuta l’ordre à ses mécaniciens, lui qui était si fier de l’état irréprochable de ses machines devait à contre cœur s’en séparer (il assura toutefois  l’intérim du commandement  jusqu’au départ du Colbert vers Bordeaux), piètre consolation qui ne durera pas très longtemps.

Avant de quitter de quitter le Colbert, les comptes de « la gamelle » sont clôturés.

La gamelle est une allocation pécuniaire attribuée aux différents carrés pour leur permettre d’améliorer l’ordinaire.

Le « coqueron » doit être rendu vide. Le coqueron sur un navire de guerre est le nom donné à la cave ou sont stocké les bouteilles de vin.

Avant de se séparer une sortie fut organisée par le carré des officiers sur la jonque « La Dame de Cantons ». Le coqueron fut asséché au cours d’une journée mémorable.

Le croiseur fut désarmé le 24 mai 1991.

Le 12 juin 1993, après avoir été remorqué de Toulon à Bordeaux, il est transformé en musée flottant au quai Bacalan près de la place des Quinconces.

En mai 2007, Le croiseur fermé au public est transféré à Brest.

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Depuis juin 2007, il rouille au cimetière marin de Landévennec.

La tape de bouche du Colbert

Sur la « tape de bouche » du croiseur figure la couleuvre ondoyante du blason de la famille Colbert.

Pourquoi une couleuvre ? Couleuvre en latin se dit: « COLUBER ».

tape de boucheUne vidéo de Alexandre Gerbier sur le croiseur lance-missile Colbert

http://www.youtube.com/watch?v=RkQf30OS3AQ

enveloppe colbert

dix francs colbertLA ROUTE DU RETOUR VERS NOS « COUSINS D’AMERIQUE

Avec mon épouse, nous voulions à tout prix connaitre le pays de nos cousins canadiens et plus particulièrement ceux du Québec. Ce fut chose faite en septembre 2012.

Le départ vers l’ouest s’effectuera en AIRBUS A 380

Le bel oiseau se prépare pour la traversée

L’embarquement à bord s’effectue  sans problème malgré les 550 passagers

Bienvenue à bord de l’ A 380

La cabine

L’intérieur de l’A380 est très impressionnant

Décollage en douceur de l’ A 380

Décollage en direct vu par les trois caméras de bord (arrière, avant, dessous)

cockpi A380Ci-joint le lien qui permet de visiter le cockpit de l’Airbus A 380. En cliquant et en déplaçant la souris, la balade dans le cockpit de l’Airbus A 380 est impressionnante.

http://www.gillesvidal.com/blogpano/cockpit1.htm

Il faut restez cliquer sur la souris, pour agir sur les directions ou le zoom pour une visite à 360°.

La route vers l’ouest ne s’effectue plus en 20 jours, comme pour les voyages de Jacques Cartiers mais en moins de 8 heures à 11 000 mètres d’altitude.

En vue de la nouvelle France au Sud de Saint Pierre et Miquelon

Comme « l’Oiseau Blanc », la route parcourue par l’ Airbus A 380 fut une route orthodromique

L' »Oiseau Blanc » fut le surnom donné au « Spirit of Saint Louis », l’avion avec lequel Charles Nungesser et son navigateur François Coli tentèrent la première traversée de l’Atlantique en 1927. Ils disparurent en mer le 8 mai 1927, probablement au sud de Terre-Neuve (à la position de l’Airbus A 380 sur la photo).

Charles Nungesser et François Coli

Le « Spirit of Saint Louis » dans la tempête

L’orthodromie désigne le chemin le plus court entre deux points de la terre, c’est-à-dire un arc de cercle qui passe par ces deux points. Pour les navigateurs, la route orthodromique est la route la plus courte à la surface du globe terrestre. C’est la  distance dite « à vol d’oiseau ».

La loxodromie est une trajectoire constante, c’est une ligne droite. Elle ne représente pas la plus courte distance entre deux points, car la terre est ronde.

carte orthodromie loxodromieLa route orthodromique,  en rouge . La route loxodromique en bleue.

Grâce à notre guide et conteur hors pair Ian Beaulieu et à son compère « driver de Chaudière », Stéphane Duguay. Nous avons parcouru la belle province  bien installé à bonne température  dans la « Chaudière » et nous nous sommes imprégnés tout au long de ce parcours des histoires de ces pionniers venus de de Bretagne et des quatre coins de  France.

Voici en quelques images commentées tout au long de la route de la « chaudière » .

« Bretons, Normands, Vendéens, sont partis Cap à l’Ouest bravant les tempêtes pour découvrir un nouveau monde, des étendues vierges et sauvages et des populations dubitatives face à ces envahisseurs qu’ils ne connaissaient pas ».

A l’arrivée dans le golfe du Saint Laurent, les pionniers ont aperçus les cétacés et les otaries venir se nourrir de plancton et de petits poissons qui pullulent dans les courants devant le fjord du Saguenay.

La petite ville de Tadoussac (Toutouskak) « les deux mamelles » et son illustre hôtel

Le célèbre « café du fjord » avec sa charmante hôtesse « Marie-Ange »dite:

« Miss Caribou »

Le « Café du Fjord » rue du « Bateau Passeur » à Tadoussac

Les rorquals communs et les baleines bleues  font un petit tour en surface puis replongent pour se nourrir.

Les explorateurs ont eu également à faire face à la faune locale, en particulier les ours noirs, les ours blancs, les bisons, les bœufs musqués, les caribous et bien d’autres espèces locales.

Les ours noirs et bruns (grizzlis) ainsi que de nombreux animaux sauvages sont en totale liberté dans l’immense réserve de Saint Félicien près du lac Saint-Jean dans la province de Québec.

Ce sont les humains qui rendent visite aux animaux sauvages, dans des cages.

Les bisons , buffles, caribous et autres quadrupèdes vaguent librement indifférents aux bipèdes qui viennent les visiter.

Les pionniers qui se sont implantés ont su tirer parti de ces ressources animales pour se nourrir et pour faire du troc avec les amérindiens. Le commerce des fourrures fut tout de suite prospère (renards, lièvres, loups et surtout martres et castors).

La martre était et est toujours très recherchée pour ses poils très souples qui servent à la confection des pinceaux. Les pinceaux en polis de martre ont une pointe parfaite et un pouvoir de rétention d’eau qui en font les meilleurs pinceaux pour l’aquarelle.

martreLa peau de castor est surtout utilisée pour la fabrication de chapeaux en feutre et sa fourrure pour toutes sortes de vêtements dont les manteaux.

Plus tard, ils ont utilisé les ressources naturelles du pays, surtout le bois dans les immenses forêts pour la construction de maisons et de bateaux.

Il ont su tirer parti de  l’érable, arbre emblématique du Canada,  pour en extraire la sève et confectionner bon nombre de produits dérivés du sucre.

Les petites exploitations sont légion autour de Québec.

Sur le chemin du Roy, au 1447 de la petite bourgade de St Pierre sur la très belle île d’Orléans, arrêtez vous à la cabane à sucre de l’ En-Tailleur pour une escale gustative des produits locaux. Vous y serez accueillis en « cousins » dans une ambiance familiale chaleureuse « country rétro ».

CIMG1676Dans la boutique, les deux charmantes sœurs québecoise de la « cabane au Canada », Lise et Véronique, vous ferons goûter tous les produits à base de l’érable.

N’oubliez pas de gouter à la tire d’érable ou la tire à la neige

en tailleurLe sirop d’érable est chauffé jusqu’à ébullition puis déposé directement sur la neige ou la glace. Le sirop durcit pour devenir une succulente sucette.

salle des paysan entailleurSite de la cabane à sucre  :http://www.entailleur.com/

restaurant l'entailleurEn plus de la faune sauvage qui pullulait dans des forêts , les explorateurs ont du franchir des espaces naturels, des rivières et les lacs immenses.

la voie maltée 3la voie maltée 4Vous n’aurez que l’embarra du choix dans la voie Maltée

la voie maltée5La brasserie/restaurant la « Voie Maltée » située à Chicoutimi est un lieu convivial ou « il n’y a pas de malt à se faire du bien ».

Les chutes majestueuses comme celle de Montmorency à Québec et Niagara dans l’Ontario mais aussi des lacs gigantesques comme des mers.

La chute Montmorency près de la ville de Québec

niag1La chute canadienne en fer à cheval du Niagara

la chute américaine

niag3NIAG4niag5niag6

Niagara « by nigth »

niagara by nigthniagara9LA CAMPAGNE DU NIAGARA

GUERRE DE 1812fort georgeniagar on the lake2niagara on the lake3CROISIÈRE SUR LE LAC ONTARIO

mille ilesles îles du lac Ontario

Le lac Ontario et ses « milles îles »

Les pionniers ont su fraterniser avec les amérindiens pour fonder une nation et construire un « Beau Pays » dans l’entente et le commerce.

Malheureusement, les « Tuniques Rouges » alliées avec certains « Peaux Rouges » (les iroquois) sont venus pour annihiler tous les efforts entrepris, chasser les populations, mettant les autres sous leur joug. Le roi de France a laissé faire, les abandonnant à leur sort.

Reproduction de la bataille des plaines d’Abraham le 13 septembre 1759 sur le lieu actuel.

Plan de la bataille des plaines d’Abraham

Les deux généraux, Louis Joseph marquis de  Montcalm  le français, et James Wolfe l’anglais,  furent blessés durant la bataille et succombèrent de leurs blessures.

Montcalm mourant, demanda à son chirurgien :

« Combien de temps me reste-t-il à vivre ? »
« Quelques heures à peine »
« Tant mieux, je ne verrai pas les anglais dans Québec »

Sa devise était : « Mon innocence est ma forteresse ».

James Wolfe était sans pitié et il semait la erreur dans tout le pays.

Dans un manifeste il a écrit:   » je me propose de l’incendier par nos tirs de boulets, de détruire les récoltes, les maisons et le bétail, tant en aval qu’en amont, d’exiler le plus grand nombre possible en Europe, et de ne laisser derrière moi que famine et désolation; mais nous devons apprendre à ces crapules à faire la guerre d’une manière qui soit plus digne de gentilshommes ».

« Wolf » n’épargnera aucune ferme en aval de Québec sur les deux côtés du Saint-Laurent. Ceux qui lui résistèrent furent tués, les autres pendus.

C’était sans aucun doute, pour « Wolf », des manières de gentilshommes…qui bien sur n’avaient rien de gentils… Il ne devait pas connaitre la traduction française du mot « gentilhomme ».

« un loup (il portait bien son nom) rouge comme sa tunique, couleur sang »

La place forte et la ville de Québec fut prise par les britanniques 4 jours plus tard.

Le château Frontenac à Québec, photos Hélène Quideau

Beaucoup d’années se sont écoulées….dans l’oubli et l’ignorance. Les français de métropole avaient complètement oubliés leurs cousins du Québec, de l’Acadie et des autres colonies « francophones » du Canada passées sous le joug britannique.

« Heureusement, un général venu de France a réveillé un peuple soumis, en leur disant haut et fort de se redresser, de ne plus courber l’échine et d’être fier de leurs origines ».

la plus ancienne maison de quebecDe nos jours, la vieille ville de Québec, qui a connue les premiers colons, toujours enserrée entre ses fortifications percée de portes monumentales, est pleine de charme.

PORTES QUEBECL’architecture ne m’est pas inconnue car à certains endroits elle me fait penser à celle de l’ancien Toulon dont malheureusement il ne reste pratiquement plus rien si ce n’est la porte d’Italie, la porte Royale, la porte Malbousquet et les forts qui protégeaient la rade (le fort Saint-Louis, la Tour Royale, le fort Balaguier et celui de l’ Eguillette).

portes toulon quebecIl ne faut pas s’étonner des coïncidences car c’est un ingénieur militaire toulonnais qui a participé à la construction de nombreux monuments et des fortifications de la ville de Québec de Montréal et de fort Niagara. En 1720, il a modifié et agrandit la cathédrale Notre-Dame de Québec ou il repose pour l’éternité.

chaussegros de lery notre dame de quebecEn France, peu de personnes savent qui était Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry car, envoyé en mission pour une année, il a fait toute sa carrière au Québec (40 ans).

Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, est né le 3 octobre à Toulon, issu d’une dynastie d’ingénieurs militaires. Il apprend le génie militaire avec son père Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry qui avait travaillé comme maître-d ‘œuvre sous les ordres de Vauban. Son père avait participé à la construction de la porte royale d’entrée à l’arsenal militaire et celle du fort  de l’ Eguillette.

En 1716, ingénieur du roi, il est missionné et envoyé dans la Nouvelle France pour bâtir les défenses militaires en particulier à Québec et Montréal.

Il fait des recommandations sur les travaux à entreprendre pour assurer la défense de la jeune colonie inspiré par les préceptes de Vauban.

Il dessine les plans de la citadelle  de Québec, que les Anglais bâtiront entre 1825 et 1830 sur le cap Diamant, suivant les dessins de Chaussegros de Léry, manifestement d’inspiration Vauban.

Il est décédé le 23 mars 1756 à Québec et inhumé dans la cathédrale Notre Dame de Québec.

la « Place Royale » fut le premier lieu d’habitation des colons français. Cette place  chargée d’histoire est envoutante. Lorsque la nuit tombe, enveloppé dans un léger brouillard qui fait flotter les ombres sous des lampadaires à la lumière tamisée,qui paraissent d’époque,  on sent encore la présence des anciens colons qui séjournèrent en ce lieu. C’est comme un retour dans le passé.

PLACE ROYALEL’église « Notre-Dame » des victoires fut construite sur les vestiges de la maison de Samuel de Champlain.

Le Québec n’est pas une province c’est un Pays comme le chante si bien Gilles Vigneault. Les Québécois comme les Gaspésiens et les autres francophones sont pour beaucoup à l’origine du CANADA actuel. Je n’oublie tout de même pas les anglophones, qui ont également participé à la découverte de ce magnifique pays. Ce qui est plus gênant, c’est qu’ils ont voulu en faire une copie de leur pays d’origine sans tenir compte des spécificités des premiers habitants, les « amérindiens », et les premiers explorateurs qui s’étaient installés et qui, pour la plus-part venaient de Bretagne et parlaient le français.

Qu’auraient ils pensé, ces anglophones, si l’inverse se s’était produit, si on leur avait interdit de parler leur langue comme ce fut fait par le passé pour les québécois mais aussi chez nous, en France, pour les bretons, les corses, les basques ou les alsaciens.

Ils ne savaient pas quelle chance ils avaient, ces « tuniques rouges » de mettre un peu de « bleu de France » à leur uniforme, d’être bilingue « anglo-français » plutôt que de se dire: « les autochtones s’adapteront bien un jour et ils devront parler notre langue ».

Le « nombrilisme »  et le  » we are the best » n’a jamais fait progresser ni tourner la terre.

En 1905, Louis-Honoré Fréchette se battit pour que le drapeau du Canada français soit adopté pour la province du Québec.

Fréchette était un poète écrivain et homme politique né en 1839 à Saint Joseph de Levis et décédé en 1908.

Fréchette a écrit ce poème en l’honneur du drapeau québécois:

« Ô Montcalm ! ce drapeau témoin de tant d’efforts…

Et que la France, un jour, oublia sur nos bords !..

Qu’ils furent longs, ces jours de deuil et de souffrance !…

Nous t’avons pardonné ton abandon, ô France !

Ô drapeau ! vieille épave échappée au naufrage !
Toi qui vis cette gloire et qui vis cet outrage,
Symbole d’héroïsme et témoin accablant,
Dans tes plis qui flottaient en ces grands jours d’alarmes,
Au sang de nos aïeux nous mêlerons nos larmes…
Mais reste pour jamais le dernier drapeau blanc ! »

Les couleurs bleu et blanc avec les fleurs de lys et  la feuille d’érable en son centre, ornées de la devise :

« Je me souviens ».

De nos jours, toutes les plaques minéralogiques des voitures de la province du Québec portent la devise  » je me souviens ».

Finalement les quatre lys blancs dressés l’emporteront sur le fond bleu de la bannière de Montcalm, et le 21 janvier 1948, ce drapeau « fleurdelisé » que nous connaissons, claquera au plus haut mât du Parlement de Québec. Du blanc de France ne restera que la croix.

La description du drapeau est « d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lys du même ».

En héraldique,  » l’azur » correspond au bleu et « l’argent » au blanc.

La croix blanche représente le catholicisme et les fleurs de lys sont le symbole de leur attachement à la France.

Le salut au drapeau:

« Drapeau du Québec, salut !
À toi mon respect, ma fidélité, ma fierté.
Vive le Québec,
Vive son drapeau ! »

N’est-il pas beau ce pavillon bleu avec sa croix blanche et les quatre fleurs de lys blanches sur le « grand fleuve »

Une des plus belles chansons de Gilles Vigneault.

« Je crie à tous les hommes de la terre, ma maison, c’est votre maison »…

Cette chanson résume à elle seule la souffrance l’ouverture et le partage.

« Mon pays ce n´est pas un pays, c´est l´hiver
Mon jardin ce n´est pas un jardin, c´est la plaine
Mon chemin ce n´est pas un chemin, c´est la neige
Mon pays ce n´est pas un pays, c´est l´hiver « 

« Je crie avant que de me taire
A tous les hommes de la terre
Ma maison c´est votre maison
Entre mes quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
A préparer le feu, la place
Pour les humains de l´horizon
Et les humains sont de ma race »

http://www.youtube.com/watch?v=CH_R6D7mU7M

Une autre très elle chanson de Gilles Vigneault sur « les gens du pays »

http://www.youtube.com/watch?v=lHJ76KA7k4E

Nous aussi on se souviendra longtemps de ce merveilleux voyage chez nos cousins qui ont un réel plaisir à nous recevoir et nous faire connaitre leur « Beau Pays » dans ses plus belles couleurs d’automne

Tout au long du périple on est charmé par les couleurs, l’accent chantant, le sourire des québecois, les expressions croustillantes et pleines d’humour a nul autre pareil, dont voici un tout petit échantillon.

vu et entenduUn grand merci à Ian Beaulieu, notre guide, et Stéphane notre expérimenté « chauffeur de chaudière » qui ont su nous faire partager l’amour de leur pays avec compétence humour et gentillesse.

Ian dans la voie… maltée & Stéphane dans la voie… lactée (sobriété oblige, il aurait été préjudiciable que  la chaudière soit « chargée »).

Toronto underground, Ian et Stéphane à l’heure… des autographes…

torontoToronto, la ville souterraine

retour1Une dernière pour le vol !

L’ aéroport de Toronto

toronto2Kenavo le Canada, Québec ar wec’h all….! may be…

Jean Claude Quideau

Octobre 2012

Les galériens du sauvetage en mer

galériens du sauvetage en mer

Magnifique huile sur toile de Jonathan Florent en hommage aux sauveteurs en mer

http://www.jonathan-florent.tumblr.com/

Après les « Demoiselles au pompon rouge », des marins devenus fantassins malgré eux, voici une nouvelle histoire des gens de mer.

Dans ce récit, les marins retrouvent leur élément, Ar Mor (La Mer), quelque part sur les côtes du Sud-Finistère dans le pays Bigouden.

Surtout ne voyez pas cette appellation de « galériens » pour désigner les canotiers, comme péjorative, mais plutôt comme une souffrance,  comparable à celle des galériens arc-boutés sur leurs bancs de nage pour faire avancer leur canot dans des éléments déchaînés.

l’authentique histoire des « forçats » de la mer de Lesconil

carte lesconil

Huile sur toile de l’abri du canot de sauvetage de Lesconil et le bar

 » La Descente du Marin »

« Je dédie ces histoires de sauvetages, basée sur des faits réels, aux courageux et dévoués marins de la Station de Sauvetage des Naufragés de Lesconil ainsi qu’ à tous les sauveteurs en mer et plus particulièrement aux sauveteurs des toutes premières Sociétés crées pour le sauvetage sur les côtes bretonnes ».

l'herbe d'or PJ Helias

A travers cette phrase, Pierre Jackez Hélias, veut démontrer que le métier de marin est bien particulier, prenant et âpre à la fois, ou le destin en mer oscille entre la vie et la mort.

Les Hospitaliers Sauveteurs Bretons (H.S.B.) et la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (S.C.S.N.) prédécesseurs de la  Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M.).

HSB drapeauCette histoire est aussi un hommage à tous les péris en mer, à ceux qui ont perdu leur vie dans les eaux autour de Lesconil et en particulier à tout l’équipage du chalutier « le Korrigan ».

« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme… »

Cette belle chanson de Renaud résume à elle seule les risques encourus par les marins.

Cette histoire est aussi un hommage aux Quintric, plus particulièrement à mon arrière-grand-père, Pierre-Marie Quintric, ainsi qu’ à mon grand-père maternel, Pierre-Marie Quintric tous deux sauveteurs en mer à Lesconil.

canot de sauvetage de lesconilLe port de Lesconil dans les années 1930 avec l’abri du canot de sauvetage, la cale de lancement et à droite la petite maison des « douanes ».

Les premiers canots de sauvetage étaient des embarcations de 9 mètres à voiles sur deux mats rabattables et dix avirons pour une « nage en pointe » (un rameur par banc)  ou à couple (deux rameurs sur le même banc).

En général l’équipage était composé de dix canotiers, un sous-patron et un patron de canot.

Les canotiers à deux par rang (nage en couple)  souquaient ferme sur les avirons, comme le faisait les galériens, pour porter secours aux bateaux en détresse. Parfois même ils s’amarraient aux bancs de nage pour éviter d’être projeter par-dessus bord par les déferlantes.

Le rapprochement avec les galériens est encore plus probant, la seule différence,  la plus importante à mes yeux, est qu’il le faisait volontairement, pas pour sauver leur propre vie, mais celle des autres.

Les premières Sociétés de Sauvetage en Mer

La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (S.C.S.N.) est créée le 12 février 1865, suite à la volonté du gouvernement d’avoir un service privé et général de sauvetage en mer, et mise sous la protection de l’impératrice Eugénie qui offre le premier canot.

Son premier président est l’Amiral Rigault de Genouilly, sénateur et futur ministre.

Né à Rochefort en 1807, l’Amiral Charles Rigault de Genouilly, participe aux expéditions en Algérie (1830), de Crimée à Sébastopol (1854), puis d’Extrême-Orient à partir de 1856, où la guerre commençait entre la Chine, l’Angleterre et la France.

Le trois ponts « Ville de Paris » commandé par Rigault de Genouilly en 1854

Après avoir occupé la ville de Tourane (Annam), il arrive en Cochinchine, occupe Saïgon le 17 février 1859 et il débute la conquête de tout le delta du Mékong.

En 1867, il est nommé Ministre de la Marine. Pendant la guerre de 1870, il reçoit le commandement de l’escadre envoyée en Baltique, et se retire dans la vie privée à la chute de l’Empire. Il meurt à Paris en 1873.

rigault de GenouillyL’aviso colonial Rigault de Genouilly est construit et mis à flot à Bordeaux en 1932. Il est coulé le 4 juillet 1940 devant Alger par le sous-marin anglais HMS Pandora. Dans ce naufrage, 12 marins perdirent la vie. Le torpillage, selon l’amirauté britannique, serait dû à une erreur…

Pour la petite histoire, le Pandora fut à son tour coulé devant Malte en 1942.

Son vice-président est Théodore Gudin, dit le Baron.

Il est né le 15 aout à Paris.

Peintre Officiel de la Marine, Il disait : « Pour peindre la mer, il faut avoir navigué »

En 1854, Théodore Gudin voit son frère périr dans un naufrage, près de la côte.

Le peintre se démène pour que le sauvetage des naufragés soit enfin organisé.

Tableau de Théodore Gudin (photo Ouest-France)

Il est mort le 12 Avril 1880.

La société vit des dons et legs.

En 1866, vingt stations étaient en service, quinze en construction.

En 1883, la société est gère 70 stations de canot de sauvetage et 150 postes de lancement de fusées porte-amarre, utilisés pour installer des va-et-vient entre les bateaux en difficulté et la côte. Les canots, initialement à avirons et à voiles, doivent être remplacés par de couteux canots à moteur au début du XXe siècle. En 1967, la société dispose de 58 canots à moteurs insubmersibles et inchavirables.

C’est en 1873 que Henri Nadault de Buffon (1831-1890), grand naturaliste fonde, à Rennes la « Société des hospitaliers sauveteurs bretons » (H.S.B.) qu’il présida jusqu’en 1878.

C’était à la fois une « Institution de Sauvetage » et d’assistance mutuelle à tous les marins en difficulté sur la mer quel que soit la couleur du pavillon, d’assistance mutuelle, de bienfaisance et de moralisation des gens de mer.Elle installe des postes de secours en Bretagne, en Vendée puis sur l’ensemble du littoral français.

Au fil des années, la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons s’équipe de canots à rames et voiles et complète ainsi le dispositif de la « Société Centrale de Sauvetage des Naufragés   », qui officient sur les côtes et en particulier sur les plages.

La Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M.)

C’est en 1967 que les deux sociétés fusionnent pour donner naissance à la Société nationale de sauvetage en mer (S.N.S.M.). Celle-ci est reconnue d’utilité publique en 1970.

Les équipages des canots sont toujours constitués de volontaires. Une allocation est prévue pour les sorties et les exercices mais elle est si modique au regard des risques encourus que le bénévolat est de règle. La « S.N.S.M. » fonctionne grâce aux dons et aux subventions.

Le slogan de la S.N.S.M.: « Notre force, c’est votre soutien. »

La station de sauvetage des naufragés de Lesconil

C’est en 1878, que la demande de création de construction d’une station de sauvetage avec cale de mise à l’eau et abri d’un canot à rames et voiles est lancée.

La station de sauvetage de Lesconil, fut pleinement opérationnelle à compter de septembre 1879.

En 1880, la station reçut un certain nombre de dons dont un legs de 10 000 francs de Mlle Foubert de Bizy et un autre du Comte de Chatauvillard mais celui-ci étant contesté par la Baronne du Port, sœur du comte de Chatauvillard, il ne fut jamais remis à la station.

La station était dotée d’un abri pour le canot de sauvetage.

La station de sauvetage avec l’ abri et les rails pour le chariot de mise à l’eau du canot

La mise à l’eau s’effectuait grâce à un chariot de circulant sur rails.Le chariot fut confectionné au Havre. Il donnait entière satisfaction.

Au fond de l’abri, un treuil manuel actionné par deux « galériens » (treuillistes) permettait de faire descendre et de remonter le canot.

Les naufrages étant nombreux sur cette côte les Autorités Maritimes décidèrent de doter Lesconil d’une « maison des signaux »  appelée sémaphore de nos jours et d’une station de sauvetage des naufragés.

Sur la partie haute de la dune en arrière de la pointe du Goudoul, fut construit à partir de 1804, un sémaphore, qui fut inauguré deux ans plus tard.

Le bâtiment dans sa forme actuelle n’a été opérationnel qu’à partir de 1860.

Sur un grand mat, les guetteurs hissaient les boules et cônes noirs et des pavillons, signaux de détresse, de marées ou indicateurs de conditions météo.

Les marins de Lesconil les appelaient les «  pochous an amzer fall » (les poches ou, comme le disent encore les bretons, les « pochons » de mauvais temps).

Le sémaphore était le seul bâtiment de Lesconil  pourvu du télégraphe et du téléphone jusqu’en  1920.

Le sémaphore était pourvu d’un petit canon  que les guetteurs mettaient en œuvre pour signaler un naufrage.

Sur cette photo on remarque le mât haubané qui permettait de hisser les différents  pavillons et marques de mauvais temps. Le petit canon d’alarme  est positionné devant le bâtiment sous sa housse de protection.

En 1930, une pyramide de béton fut construite à côté du sémaphore qui servait d’amer pour les bateaux. Il servait de repère de vitesse pour étalonner le loch.

Le Normandie et plus tard le France ont utilisés la base de vitesse.

Jusqu’à la fin de la guerre le sémaphore était en activité, armé par du personnel de la marine de la spécialité: « des guetteurs sémaphoriques ».

Insigne actuel des guetteurs de la Flotte

De nos jours, le sémaphore est utilisé comme maison du tourisme de la commune de Plobannalec-Lesconil.

 http://www.ot-pontlabbe29.fr/

Les canots de sauvetage de Lesconil

Le  premier canot de sauvetage  fut  le « Foubert de Bizy », mis à l’eau en 1879.

Le nom donné au premier canot de sauvetage de Lesconil provient du nom de la famille des généreux donateurs, les « Foubert de Bisy » en hommage aux leurs.

Qui était « Foubert de Bizy »

Après quelques recherches, il y a bien dans les archives du service historique de l’Armée de Terre, Sous-série G.R.Y., Officiers Généraux, un Général du nom de « Bruno Nicolas Foubert de Bizy ».

Ce général né le 10 octobre 1733 à Paris, fut tout d’abord Lieutenant-général, Ingénieur du Roi. Après la révolution de 1789, Il servit dans l’armée révolutionnaire avec le grade de général de brigade (avril 1793)  et le premier Empire comme général de division à partir du 13 juin 1795. IL est décédé à Stotzheim en Alsace le 8 novembre 1818.

Il a eu deux fils, tous deux militaires comme lui :

Jean Baptiste Louis Bruno Foubert de Bizy né le 24 février 1785 à Dunkerque. Il est décédé le 23 avril 1857. Officier d’infanterie, Sous-Intendant militaire.

Charles Louis Bruno Foubert de Bizy né le 8 octobre 1791 en Alsace. Décédé le 10 juillet 1840. Officier d’Infanterie.

Tombe familiale des « Foubert de Bizy » à Montreuil

Le canot « Foubert de Bizy » était une embarcation de sauvetage du type présenté à l’Exposition Universelle de 1878 au Champs de Mars à Paris, à avirons (rames) et voiles.

Plan du canot à redressement

C’était un canot « type anglais » à redressement de 9,15 m avec deux voiles et dix avirons pour les « galériens du sauvetage » (canotiers). Poids de la coque: 2255 kg.

Le canot au fil des sorties a donné des résultats supérieurs aux chiffres prescrits par les règlements en matière de sauvetage en mer.

Essais de stabilité révèlent qu’avec 800 kg sur un des bords, le canot a une inclinaison de 23°3′. Le redressement spontané prend 6 secondes et l’ évacuation de l’équipage après redressement: 30 secondes.

Les essais ont lieu le 1er septembre 1880.

La mise à l’eau sur un chariot à quatre roues. Deux grandes vers le centre de gravité et deux petites sur l’avant.

Pour étayer cette histoire de « galériens du sauvetage en mer », je vais vous narrer quelques opérations de sauvetage effectuées par les canots «Foubert de Bizy» et «Amiral de Maigret» de la station de Lesconil.

Ces  résumés sont tirés des rapports et comptes rendus effectués par le secrétaire de la station de sauvetage de Lesconil. Le secrétaire était la plus-part du temps le chef guetteur du sémaphore : Mrs Goulard, Le Maon, Le Bihan puis le Maître Principal Le Cam vers les années 1950.

Première sortie de sauvetage du Foubert de Bizy

La première sortie du canot de sauvetage Foubert de Bizy eut lieu le 6 décembre 1881. Le canot fut mis à vers 10h00 pour aller secourir un petit cotre de 50 tonneaux « Le Coq » de l’Ile de Ré, qui se rendait à  Pont-l’Abbé.

Le cotre avait démâté et un tronçon du mât avait grièvement blessé un des 2 matelots.

Cotre démâte secouru par le canot de sauvetage

Le patron du « Coq » n’ayant plus que le mousse avec lui ne pouvait plus manœuvrer son navire.  Il demanda du secours  au sémaphore de Lesconil.  Se trouvant derrière les rochers des Enizans, sans sa voilure,  il dérivait dangereusement vers le plateau rocheux de Larvor.

Le « Foubert de Bizy » remorqua le cotre à l’Ile Tudy. Le matelot blessé fut conduit à Pont-l’Abbé.

Le retour du canot de sauvetage vers Lesconil fut périlleux face à une mer très grosse. Il n’y parvint qu’à 19h45 à la force des avirons de « ses galériens ».

Le patron était absent,  l’armement du canot était composé du sous-patron Le Moigne, du brigadier Théodore Goulard et des canotiers : Goulard, Guillamet, Divanac, Siniou, Morvan, Firmin, Charlot, Cariou, Coic, Stephan, Louis Charlot et Guirriec.

Le naufrage du « Saint Chamond »

 Le 24 novembre 1885, le vapeur français « le Saint Chamond » de la Rochelle venant Bayonne et se rendant en Angleterre, fut surpris par la brume et alla s’échouer vers 01h30 du matin sur les rochers en face du Goudoul. Le chef guetteur sémaphorique fit tonner le canon d’alarme. Le patron Trebern ainsi que les canotiers accoururent à l’abri du canot de sauvetage qu’ils mirent aussitôt à l’eau à 03h00 du matin.

Il assurait le commerce de 1883 à 1885 entre les ports anglais de Cardiff et Swansea et Bilbao en Espagne.

Le « Saint Chamond » était un vraquier de 85 mètres de long, de 1180 tonnes, propulsé par une machine de 700 chevaux vapeur. Il fut construit en 1882 par les chantiers « Palmers Ship building and Iron Company Limited » basés à Jarrow sur la rivière Tyne (au nord est de l’Angleterre) pour le compte de la Compagnie d’Orbigny Faustin et Fils.

Lancement du « Queen Mary » en 1912

Le chantier naval était réputé après la première guerre mondiale. Il a construit entre autre: le « Queen Mary » et surtout « l’Olympic » sister ship du « Titanic ».

A 4h15 le canot «  Foubert de Bizy » fut sur les lieux du naufrage, mais le vapeur alourdi par sa cargaison avait coulé à pic.

Les hommes de l’équipage du « Saint Chamond « avaient eu le temps de mettre leurs trois embarcations à la mer.

Le « Foubert de Bizy » pris à la remorque les embarcations qui comptaient les 18 hommes de l’équipage du vapeur et les ramena au port de Lesconil à 05h00 du matin.

Le patron Trebern était accompagné dans cette sortie par les canotiers : Maréchal, Théodore Goulard, Guillamet, Quintin, Henri Morvan, Louis Morvan, Louis Charlot, Jean Charlot, Faou, Le Moigne et Leroux.

Il reste encore des vestiges du vapeur visibles par 30 mètres de fond (Latitude: 47° 47’ 5’’ Nord, longitude : 004°13’22’’ Ouest).

De nos jours on peut encore apercevoir les restes du vapeur, malgré son « désossage » par un ferrailleur.

Les autres sauvetages du canot de sauvetage « Foubert de Bizy »

Le sauvetage du   » Bolivar »

Le 10 janvier 1889, vers 14h00 le canon d’alerte du sémaphore tonne plusieurs fois pour appeler l’équipage des sauveteurs du canot « Foubert de Bizy ». Le guetteur hisse au mât les signaux de détresse. En moins de dix minutes, l’équipage a rallié la station et le canot est mis à l’eau à marée basse. Sous voile et à force d’avirons il se dirige vers le navire en difficulté dans les parages d’Inizan ou il a talonné. Il s’agit du « Bolivar »d’un trois mâts barque commandé par le capitaine « Le Prohellec ».

Trois-mâts-barque « Bolivar » avait été construit à Bordeaux en 1878 aux Chantier du Sud-Ouest pour le compte de Monsieur R. Aradel, armateur bordelais.

Le trois-mâts barque ou « barquentine » pour les anglais, est un voilier au long cours avec à l’avant le mât de misaine qui supporte les focs et les voiles carrées. Le grand mât au milieu, avec les voiles carrées et les voiles d’étais. Le mât d’artimon à l’arrière a un gréement aurique. Ce gréement avait l’avantage d’offrir une bonne puissance au vent arrière avec stabilité de route et des capacités à remonter au vent grâce à ses focs et ses voiles d’étais (entre les mats).

Il existe encore un trois mât barque qui navigue sous pavillon français, il s’agit bien sûr du magnifique « Belem ».

Le Belem à quai en Amérique du Sud à la fin des années 1800

Les caractéristiques du trois-mâts barque « Belem »

Le « Bolivar » était plus petit que le « Belem ». Il jaugeait 291 tonneaux  faisait  environ 40 m de long  pour une largeur au maître bau de 7 m, un tirant d’eau de plus de 3 m.

Le trois-mâts venait de  Newportsmouth et faisait route vers Bordeaux avec une cargaison de charbon.

Après avoir talonné la roche, une voie d’eau se déclara à la proue et son équipage n’arrivait pas à colmater la brèche. Une partie des canotiers montèrent à bord pour aider l’équipage du « Bolivar » à étancher à l’aide d’un « pallier Makaroff » et actionner les pompes. La marée remontant, le navire retrouva sa flottabilité.

Le « pallier makaroff »………………kesako ?………………..

Système inconnu même pour beaucoup de marins, mais qui est très efficace pour obturer rapidement une voie d’eau.

Le pallier makaroff est composé d’un paillet de corde fortement tressée.  Pour assurer une bonne étanchéité, il est plongé dans du coaltar. Le coaltar est un goudron très épais obtenu par distillation de la houille. Il existe des paniers makaroff de différentes tailles.

 Le pallier makaroff était placé par l’extérieur sur la brèche et maintenu par es cordages.

La pression de l’eau plaquait le pallier contre la coque ce qui assurait une bonne étanchéité.

Pour remédier à l’inconvénient de positionnement du pallier par l’extérieur, des variantes furent réalisées.

Il fut inventé par l’Amiral de la marine Impériale Russe Stephan Makaroff d’où ce nom éponyme.

Le Vice-Amiral Makaroff, né en 1849,  est mort en 1904.

Son nom a été donne de nos jours au brise-glace nucléaire Russe le plus puissant du monde.

Le canot de sauvetage de Kérity arrivé sur les lieux, le pilote « Le Gall » monta à bord pour guider le bateau hors de récifs.

A cette époque, il n’y avait que deux canots de sauvetage pour toute la côte de Penmarc’h à Concarneau, celui de Kérity et peu de temps après celui de Lesconil.

L’équipage du « Bolivar », le Second et les matelots ne consentirent à conduire leur navire en lieu sûr qu’à  la seule condition que le « Foubert de Bizy » les escorte jusqu’au port de Concarneau.

Suivi par le canot de sauvetage de Lesconil, manœuvré par le pilote Le Gall et la moitié de l’équipage du « Foubert de Bizy« , le « Bolivar » fit son entrée dans le port de Concarneau.

Les causes de cet échouage sont bien sur dues, à des erreurs de navigation, mais aussi à l’inexpérience de cet équipage qui n’avait manifestement pas l’habitude de naviguer dans ces parages parsemés de « cailloux ». Je cite le patron Jacques Trebern du canot de sauvetage « Foubert de Bizy » :« Tout l’équipage, à l’exception des deux mousses, paraissait être un peu surexcité ».

L’équipage du Foubert de Bizy ne rallia le port de Lesconil que le lendemain vers 16h40 complètement épuisés et transis de froid. Le retour de Concarneau fut très pénible par temps couvert, pluie, mer grosse et vent du sud-ouest.

A l’arrivée à Lesconil, Monsieur Goulard, le Chef guetteur du sémaphore et secrétaire de la station les attendait avec une collation et un « cordial », sans doute un bon verre de rhum ou,  bien connu par tous les marins, un « ratafia ».

Durant ce sauvetage  le canot était armé par:

Jacques Trebern, patron; Armand Maréchal, sous-patron;  Théodore Goulard, brigadier. Les galériens du jour: Alexandre Quintric, Jean-Marie Guillamet, Yves Le Roy, Armand Bourligueux, Jean Charlot, Louis Charlot, Pierre-Jean Charlot, Jean-Marie Faou et Pierre Moigne.

Le naufrage du  « Comte de Hainaut »

Le 19 novembre 1889 le vapeur « Comte de Hainaut » trompé par le brouillard, talonne sur la basse « Men Du » située à 1 nautique au Sud Ouest du phare du rocher du « Men Ar Groaz ».

Le navire venant de Bilbao avec une cargaison de fonte et du goudron faisait route à destination d’Anvers.

Le « Comte de Hainaut » était un navire à vapeur de 567 tonnes construit en 1860 par les chantiers « Ceurvel » d’Amsterdam  pour le compte de la compagnie Belge  « P.C.Van Vlissingen and P.D. Van Heel ».

Caractéristiques: Longueur: 56 m, largeur: 8,3 m, tirant d’eau: 5,1 m.

Prévenu par la maison des signaux, le canot de sauvetage de Lesconil  » Foubert de Bizy » se rend à force de rames sur les lieux du naufrage et sauve les 16 hommes de l’équipage du vapeur.

Il ne fait aucun doute que dans ce cas encore l’erreur de navigation est flagrante.

Peut on encore incriminer le compas dévié par la cargaison de fonte, c’est aussi possible…

L’épave se trouve à la position: Longitude: 47° 46’4 N,  latitude: 004°14’3 W.

 Le naufrage du vapeur « Le Louvre »

Le 28 octobre 1892, le vapeur « Le Louvre » venant de Bordeaux les caves pleines de futs de vin  faisait route au Nord. Il se rendait au Havre pour y décharger sa précieuse cargaison destinée à des négociants parisiens.

Construit à Nantes en 1891 pour la Compagnie Parisienne de Navigation (C.P.N.), « Le Louvre » était un navire à vapeur de 53 mètres de long, 8 ,50 m de large et 3,60 m de tirant d’eau. Il jaugeait 475 tonneaux et était propulsé par deux moteurs actionnant deux hélices.

Vapeur du même type que « le Louvre »

Trompé par la pluie et la brume, poussé par une forte brise du Sud-Ouest et une mer très grosse, il vint de fracasser sur les « péripatéticiennes » plus communément appelées par les marins de Lesconil « Ar Guisty » (les putains).

Ces roches sont situées en face de la plage de Léchiagat, à 1,7 nautique de la côte.

La particularité du « Louvre » était que les deux propulseurs se trouvaient pratiquement au centre du navire assez rapprochées de part et d’autre de l’axe médian.

De nos jours, avec deux hélices chacune couplée à un moteur, il est possible de manœuvrer le navire sans utiliser le gouvernail. On peut mettre plus de puissance sur un bord pour compenser une dérive due au vent et au courant.

Peut cette disposition  hors norme fut elle une des causes de la catastrophe ?

Ou encore  perte d’un ou des deux moteurs ?

Autant d’hypothèses non résolues de nos jours.

Le sémaphore prévenu par un des marins qui avait réussi à rejoindre la côte poussé par les vents et les vagues, accroché à une épave provenant du vapeur qui s’était disloqué sur les rochers, donna l’alerte à station de sauvetage en tirant un coup de canon.

Le canot de sauvetage fut rapidement mis à l’eau, se rend sur les lieux du naufrage, mais à part les épaves du bateau et les futs de vin qui flottaient, il ne trouve aucun rescapé.

Le canot « Foubert de Bizy » rentra au port ou il apprit que deux rescapés avaient réussis à rejoindre la plage sur des épaves du vapeur.

Sur les 16 membres d’équipage du « Louvre » il n’y eu que 3 rescapés. 13 membres étaient portés disparus.

« Le Louvre » repose à 15 mètres de fond au pied des rochers « Ar Guisty » (les putains).

Le site est protégé, considéré comme zone de fouilles archéologiques, il est interdit de plonger sur l’épave.

L’armement du canot pour cette sortie était composée de: Patron: Armand Maréchal, sous-patron: Théodore Goulard, canotiers: Germain Cariou, Sébastien Guirriec, Jean Cariou, Pierre Cariou, Jean Marie Faou, Louis Morvan, Louis Tanneau, Hervé Autret, Nicolas Charlot et Pierre Jean Charlot.

De nombreuses barriques s’échouèrent sur le rivage pour disparaitre rapidement comme par enchantement.  Y avait-il encore des « naufrageurs » en 1891 sur nos côtes ?

Cela me rappelle d’autres histoires de barriques à la mer dont le contenu s’est évaporé…

Le naufrage du navire « Les Deux Frères »

En 1750, le brick «  Les Deux Frères » fait naufrage devant le rocher Goudoul. Il transportait du vin et les barriques viennent s’échouer à la côte. Les habitants du coin en profitent pour  compléter leur cave. Une perquisition permet de récupérer une partie de cette cargaison.

Le naufrage du vapeur   » Pasajes »

Le vapeur Passajes commandé par le capitaine « Colas » quitte l’Espagne Le 3 février 1897 avec un précieux chargement.

Après avoir traversé le Golfe de Gascogne, il fait route pour passer au large de la pointe de Penmarch , puis cap au  nord, en laissant l’île de Sein et l’île d’ Ouessant sur tribord pour pouvoir remonter la manche jusqu’à Rouen pour y débarquer sa précieuse cargaison.

Le 4 février, vers 21h00, talonne une roche à 1 nautique au sud de du rocher du Goudoul. rapidement Le bateau gite sur tribord et une partie de sa cargaison composée de 645 barriques de vin se retrouve à la mer. la chaudière explose et prend feu. La roche sur laquelle le bateau s’est encastré est sans doute « Reissant  » (Resken). Le « Pasajes » vapeur de 714 tonnes naviguait sous pavillon français.

L’équipage composé de 17 hommes sera secouru par le canot de sauvetage de Lesconil « Foubert de Bizy ». La cargaison composée de 645 barriques de vin qui pour la plupart flottaient sur l’eau seront en partie récupérées par les pêcheurs des environs.

Encore une erreur de navigation, mais cette fois ci,  impossible de l’imputer à la cargaison qui aurait fait dévier le compas…..

Quoique………les vapeurs d’alcool ont pu avoir des conséquences néfastes……mais on ne le saura jamais.

Par contre ce que l’on sait, c’est que sur la totalité de la cargaison, beaucoup d’alcool s’est évaporé…. De nombreux pêcheurs ont rapidement trouvé une utilité pour ses barriques…. vides. Elles ont servi à conserver la boëtte pour les casiers sur les misainiers.

Durant quelques jours après le naufrage, le patron du bar de la « Descente du Marin » Yvon Garrec, a constaté une baisse de fréquentation anormale de son établissement ?

Certains se sont quand même fait prendre avec des barriques pleines par les douaniers qui étaient sur place à Lesconil dans leur petite maison sur le port.

Les côtes bretonnes n’avaient  pas le monopole des histoires de « naufrageurs ».

Les côtes de la mer Méditerranée ont aussi les leurs.

Escampo Bariou, est une pointe escarpée de la presqu’île de Giens dans le Var. « Escampo Bariou »  signifie en provençal  « barriques échappées ».

L’histoire raconte qu’une gabare chargée à ras bord  passant devant la pointe fut  pris dans une mer déchainée. La houle fit  basculer par-dessus bord la cargaison de barriques de vin  qui étaient arrimées sur le pont.

Les barriques dérivèrent vers la côte portées par les courants, très forts en cet endroit, pour s’échouer dans la petite  crique d’ Escampo Bariou ou elles  furent subtilisées par les habitants.

Les  pilleurs furent capturés et envoyés aux galères à Toulon.

La fin du « Foubert de Bizy »

Le « Foubert de Bizy » est condamné en 1910.

En 1911 ce canot est remplacé par un canot insubmersible de 9,80 mètres de long baptisé « ’Amiral de Maigret ».

La donatrice principale pour la construction du deuxième canot de sauvetage de Lesconil fut la Comtesse de Maigret épouse de l’Amiral.

Marie Edgard Comte de Maigret est né à Hermon ville  le 8 mai 1841.

Il entre à l’École navale en octobre 1858.

En 1885, il est promu capitaine de vaisseau. Il est nommé commandant du cuirassé « Courbet ».

Il est promu Contre-amiral en 1891, Major Général à Cherbourg puis Directeur du personnel au Ministère de la Marine de1892 à 1894.

En 1895, il commande une division de l’escadre de la Méditerranée avec son pavillon sur « la Dévastation ».

Vice-amiral en mars 1897, Préfet maritime de Cherbourg.

En 1900, il est nommé Commandant en Chef de l’escadre de Méditerranée, membre du Conseil supérieur de la Marine en 1903. Président du Comité consultatif de la Marine en1904. Président de la commission permanente du Conseil supérieur de la Marine en avril 1905.

Il quitte le service actif en 1906.

Il est mort à Trouville le 13 octobre 1910.

Le canot « Amiral de Maigret »  effectue ses essais officiels le 17  juin 1911.

Lancement du canot « Amiral de Maigret » le 11 juillet 1911

Le canot était armé par douze marins: un patron et un sous-patron et dix canotiers qui souquaient ferme sur les avirons (les « galériens »).

Quelques histoires de sauvetage….du canot « Amiral de Maigret »

 La première sortie de sauvetage du canot « Amiral de Maigret »

 Le 31 mai 1913 à 15h15, le canot « Vieux Fayol » de Lesconil, qui revenait du Guilvinec  par une grosse tempête de sud-ouest et une mer démontée démâtât au vent des récifs du Men ar Groaz à l’entrée du port et le bateau pris dans les brisants fut jeté à la côte.

Voyant le danger, le patron Pierre Coïc,  fit armer le canot de sauvetage, qui se porta au secours du « Vieux Fayol » et de son patron Lucas.

Arrivé au vent des roches, à environ 30 mètres, il fit mouiller l’ancre et soutenu par les avirons de ses « galériens » se laissa dériver vers les rochers.

En essayant d’extraire des récifs le « Vieux Fayol », celui-ci se chargea d’eau et chavira en précipitant à la mer parmi les épaves le patron Lucas.

Il se serait infailliblement noyé sans la présence d’esprit du patron Coïc, qui se faisant tenir par les pieds par ses canotiers, fut assez heureux en se penchant par-dessus  bord du canot de sauvetage de saisir Lucas qui coulait.

Sauvetage de deux naufragés par le misainier le « Laffaux »

A peine revenus de la grande guerre, après avoir participé aux batailles de la Marne dans les fusiliers marins de l’Amiral Ronarc’h, mon grand-père et son frère commandèrent au chantier du Steir à Lesconil leur bateau.

Le navire de jauge brute de 1Tx96 fut mis à l’eau en 1920. C’était un canot non ponté de type misainier armé pour la petite pêche aux crustacés. Ayant tous deux participé à la fameuse bataille  du « Moulin de Laffaux » (voir le chapitre « les demoiselles au pompon rouge ») , le bateau fut tout naturellement nommé le « Laffaux » et immatriculé GV 4265 au quartier maritime du Guilvinec.

Le 17 septembre 1927, le Laffaux quitte port pour aller relever ses casiers. La mer est grosse, surtout quand elle brise sur les rochers de la Charrette « Ar C’har ». Il n’y a pas le choix, il faut relever les filières de casiers pour ne pas les perdre. Un autre misainier plus au sud au large, dans les parages des rochers « les Fourches » et « Ar Guisty » est encore plus malmené. Soudain c’est le drame, le bateau est pris par  déferlante et se retourne. Les deux membres d’équipage  sont projetés à la mer avec bottes et cirés ce qui risque de les entraîner rapidement par le fond. Ballotés, ils s’accrochent tant  bien que mal à l’épave en appelant à l’aide.

Les appels sont perçus par l’équipage du Laffaux qui abandonne ses casiers pour se porter au secours des naufragés. Au bout d’énormes efforts contre les éléments déchaînés, les deux hommes sont hissés sains et saufs sur le Laffaux.

Pour leur acte de courage Pierre-Marie Quintric et son frère Sébastien reçurent tous les deux une plaquette de bronze  de la Fondation Carnegie, accompagnée d’un diplôme et d’une somme de 500 francs.

Le moteur ayant supplanté la voile de misaine, le bateau fut remplacé par un navire du même nom (le Laffaux) immatriculé GV 5842 et s en service le 6 septembre 1930.

Le nouveau misainier Laffaux était canot non ponté d e 91 tonneaux équipé d’un moteur Baudouin de 5/7 C.V. Je me souviens très bien du bateau d’un joli bleu azur avec un franc bord noir.

Le « Laffaux » de Pierre-Marie Quintric devant les Enizans

Le Laffaux acheva tristement sa carrière dans le Steir « Nibilic » en 1960.

Mon grand-père qui ne voulait pas le voir se dégrader lentement dans la vase préféra y mettre le feu.

Le naufrage du vapeur anglais Bramhall

Le 27 septembre 1927 le canot de sauvetage « Amiral de Maigret » est armé pour aller secourir un bateau en perdition dans le parage des « Fourches » au sud du port du Guilvinec.

Le « Bramhall » était un bateau à propulsion vapeur de la compagnie « Bramhall SS. C.O Ltd London » Cie.

Caractéristiques: 73,3 m de longueur, 11 m de largeur, 6,5 m de tirant d’eau, 1481 tonneaux.

Mis en chantier sous le nom de « WarTweed », il est achevé sous le nom « Helvetier » pour la Lloyds Royal Belge. Il est vendu en 1922 à la Manor Line, de Londres et renommé « Action Manor ». De nouveau revendu en 1930 à la 1930, à la Henley SS C.O, London puis en 1934 à la Bramhall SS C.O. de Londres et rebaptisé « Bramhall ».

Pas moins de trois noms différents pour un même navire. Les anglais ne devaient pas connaitre la superstition et la malédiction qui pèse sur un bateau à qui on a changé le nom de baptême. Soit ils n’étaient pas superstitieux soit le navire n’avait pas été baptisé?

Je vais vous narrer ce qu’il arriva au « Bramhall. »

Le vapeur « Bramhall »  quitte le port de Bilbao de la côte Nord d’Espagne le mardi 24 septembre durant la nuit. Dès sa sortie du port, il rencontre une brume épaisse puis une mer formée dans le Golfe de Gascogne. Le navire n’ayant qu’une faible vitesse, sa dérive, accentuées par les courants, est très forte aux approches de la côte bretonne. Il navigue maintenant dans un brouillard épais, cap au nord- ouest pour passer au sud de la pointe de Penmarc’h.

Le Commandant Roberts se trouve à la passerelle avec l’officier de quart et l’homme de barre. La visibilité est quasi nulle. Le commandant se penche sur la table à carte pour voir le dernier point porté. Ce point est un point à l’estime, car il ne fut pas possible depuis la veille de pratiquer de point astronomique. Pas de point crépusculaire ni de point à la méridienne (midi). Il faut donc se fier à cette navigation et ce cap au 290.

Le commandant est  soucieux, car il connait les parages dangereux des Etocs dans le sud de la pointe de Penmarc’h. A 14h05, un énorme choc sur l’avant du « Bramhall » fait vibré tout le navire. le commandant Roberts comprend très vite ce qui se passe et ordonne immédiatement de « battre en arrière ». Le bateau s’ébroue mais ne bouge pas, il s’est encastré dans la roche.

Il s’est échoué sur les rochers du plateau des « Fourches » situé au sud-ouest de Lesconil et au sud du port du Guilvinec.

Sans le savoir le « Bramhall » est « passé à raser » les roches d’ « Ar Guisty » (les putains) et compte tenu de son cap il se dirigeait vers les « Etocs » ou son sort aurait été de toute façon scellé.

CARTE EPAVE BRAMHALL

Le commandant lance un appel au secours à la radio et fait sonner la sirène et la cloche. Il fait aussitôt mettre le canot de sauvetage du bateau à l’eau.

Inutile de préciser qu’ayant heurté les roches traitres de ce coin « mal pavé », la voie d’eau qu’il s’en suivie et le poids du minerai ont fait le reste, entraînant rapidement le navire vers le fond.

Voici les témoignages des officiers du « Bramhall »:

« Il était 14h00 heures moins cinq minutes  quand nous avons, touché » dit un officier.

Le premier lieutenant rajoute : »J’avais quitté la passerelle à midi, je faisais la sieste, j’ai été réveillé par la secousse. Je suis sorti sur le pont à peine vêtu. J’ai compris que c’ était pas un abordage, comme je l’avais craint, mais la perte irréparable du bateau. Presque aussitôt, à l’appel de notre sirène, des pêcheurs sont venus tout près. Le capitaine a fait évacuer. Le navire avait une profonde déchirure sur 30 mètres, au moins et l’on voyait les roches de tous côtés. Maintenant, le bateau s’est brisé par le travers de la cale n° 2. Le chargement a glissé, il n’y avait plus rien à faire « .

L’officier mécanicien précise : « Avec cette brume, on ne voyait pas à deux pas devant. Nous n’avons même pas entendu les signaux de brume du sémaphore de Penmarch ».

L’appel radio à été entendu par le sémaphore de Lesconil. le guetteur fait tonner le canon pour avertir les sauveteurs en mer de la station de sauvetage. Les hommes d’équipages de « l’Amiral de Maigret » se sont précipités pour mettre le canot à l’eau.

Arrivé sur les lieux du naufrage, les canotiers constatèrent que tous les hommes du Bramhall composé, en plus du Commandant Roberts  de 4 officiers et de 10 hommes d’équipage avaient déjà été secourus par les pêcheurs de Lesconil.

Ce qui parait impensable de nos jours,  c’est que le quotidien anglais qui relate les faits précise que parmi les hommes de l’équipage il y avait des « nègres » qui sont montés dans le canot du bord.

La position de l’épave  figure sur les cartes marines.

Position: Latitude;47° 45’6 N, longitude: 004° 16’6 W.

La cloche du navire fut découverte sur les Fourches portait le nom d’ Helvetier.

Ce naufrage est du manifestement à une erreur de navigation.

Il est probable que le chargement de minerai influença  aussi le compas.

Le naufrage du langoustier « l’Ursifan »

Le  7 août 1948,  une tempête d’une extrême violence s’abat sur les côtes.

Le vent venant du sud-ouest souffle avec force avec des rafales à plus de 50 nœuds. La mer est en furie ne formant plus qu’un brisant.

Le langoustier « Ursifan » immatriculé à Concarneau C.C. 2007 avec 8 hommes à bord, essaye de rentrer au port de Lesconil.

Il est en panne de moteur et sous voile, il ne peut manœuvrer pour éviter le plateau rocheux de Risten qui se situe à l’est du Men ar Groas. Il talonne et perd son gréement.

Le patron Zacharie Guirriec fait armer le canot « Amiral de Maigret » et se rend avec ses canotiers sur les lieux à 800 mètres à l’est du port.

Le langoustier poussé par les vagues gigantesques est déjà échoué sur la plage des « Sables Blancs ». Les hommes d’équipage restés à bord de « l’Ursifan » sont secourus par la terre, car la mer se retire. Le langoustier se retrouve complètement à sec.

Le langoustier « l’Ursifan » échoué sur les Sables Blancs devient un spectacle pour ces bigoudènes.

LE NAUFRAGE DU CHALUTIER  « LE KORRIGAN »

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Une des plus grande catastrophe maritime de l’après-guerre à Lesconil

Le dimanche 22 janvier 1950 à 09h30, les riverains de Larvor en Loctudy aperçurent des épaves flottantes sur la mer à un nautique et demi de la côte.

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Ils alertèrent aussitôt la station de sauvetage de Lesconil.

Le canot de sauvetage « Amiral de Maigret » avec pour patron Pierre Jean Charlot et pour sous-patron Pierre-Marie Quintric appareilla immédiatement et se rendit vers les lieux du naufrage situés à l’Est  des rochers des Enizans.

Pour la petite histoire, ce dimanche 22 janvier 1950, une fête était en préparation rue de Pontruche (de nos jours, 19 rue Joliot Curie) chez mes grands-parents maternels. Ce jour-là, c’était le baptême de mon frère Gérard. Mon grand-père n’a pas hésité un seul instant, il a tout quitté et s’est précipité en longeant le bord de mer vers l’abri du canot de sauvetage qui se trouvait à quelques minutes de la maison.

Dès la sortie du port, l’équipage du canot recueillit quelques débris qui permirent d’identifier le bateau naufragé. Il s’agissait du chalutier « le Korrigan » de Lesconil.

Le bateau jaugeant 18 tonnes, d’environ 15 m de long était immatriculé au quartier du Guilvinec sous le numéro d’immatriculation GV 5353.

Durant la guerre 1939/45, le chalutier avait été armé et transformé en patrouilleur côtier des Forces Françaises Libres. Le 20 juin 1940, le « Korrigan » avec le « Mouscoul » (cormoran) un autre « malamok » quittent le port du Guilvinec pour rejoindre l’Angleterre et les Forces Françaises Libres.

A l’issue du conflit, il avait retrouvé sa vocation première en septembre 1949, depuis que les familles Le Dréau, Le Cossec et Buannic avaient rachetés toutes les parts du bateau.

Il était armé par six hommes d’équipage sous le commandement d’un jeune patron de 24 ans.

En plus du patron Lucien Le Dréau, l’équipage dont la moyenne d’âge de dépassait pas 25 ans était composé de : son frère Eugène Le Dréau, ses cousins, Pierre Le Dréau, les deux frères Le Cossec, Louis et Corentin le plus âgé père de trois enfants, et un autre jeune, Gaston Lucas. Le mécanicien  Thomas Buannic était resté à terre pour cette marée.

L « Amiral de Maigret » après de longues recherches fini par repérer l’endroit exact où se trouvait le chalutier éventré sur le rocher du « Men Du » à environ deux nautiques et demi du port de Lesconil et un demi nautique de la côte de Larvor.

Le canot de sauvetage ne retrouva aucun des naufragés. Des canotiers inspectèrent les anfractuosités des rochers aux alentours sans résultat.

Le canot « Amiral de Maigret » retourna au port de Lesconil vers 13h00.

A  son retour, les canotiers furent informés que la mer avait rejeté à la côte cinq noyés qui avaient été déposés dans l’abri du canot de sauvetage.

De retour à la maison, mon grand-père, tellement touché et peiné, ne put rien avalé du repas de baptême. Il connaissait tous les marins du « Korrigan » en particulier le jeune et courageux canotier, Louis Le Cossec, qu’il avait eu sous ses ordres sur « l’Amiral de Maigret ».

Les sauveteurs en mer se sentent parfois coupables de n’avoir pu sauver les vies humaines qu’ils cherchaient à secourir.

Ils ont cette impression d’impuissance et de frustration d’avoir failli dans leur principale mission et leur devise: « pour que l’eau salée n’ait jamais plus le goût des larmes ».

Les causes du naufrage sont encore mystérieuses, mais, sans doute trompé par la brume dans une nuit d’encre et une mer houleuse, il s’est encastré sur la roche noire du Men Du qui à cette époque, n’était pas encore signalée. Il fallut le naufrage d’un chalutier de Loctudy pour qu’enfin les autorités maritimes prennent conscience de l’extrême dangerosité des lieux. Une balise de danger isolé fut placée sur le Men Du. Le tribut payé fut très lourd pour la communauté des marins du port de Lesconil. « La roche noire avait encore frappée ».

La température de la mer particulièrement froide ce jour-là, ne laissa aucune chance aux marins du « Korrigan » qui une fois dans l’eau furent rapidement pris d’hypothermie.

Les six membres de l’équipage du Korrigan perdirent leur vie durant cette nuit funeste. Cinq étaient de la même famille Le Dréau et Le Cossec. Tous étaient célibataires excepté Corentin Le Cossec qui laissa quatre enfants dans la peine.

Les cinq corps furent déposés dans la maison abri du canot de sauvetage.

Le corps du sixième marin, Gaston Lucas, malgré les recherches intensives ne fut pas retrouvé. Quelques jours après la mer rendit son corps à la famille qui pu enfin faire son deuil.

Tout Lesconil fut concerné par ce drame. Le cimetière s’avéra trop petit pour accueillir parents et amis qui accompagnaient les corps des marins disparus.

Je remercie mon ami Alain Le Cossec dont le père Corentin faisait partie des victimes du Korrigan, pour les informations et les photos. Il avait 18 mois le jour du naufrage.

Il y a aussi des zones d’ombre dans ce naufrage, comme les signaux émis par les marins sur leur chalutier qui sombrait. C’est une certitude car on a retrouvé les avirons dont les bouts des pelles étaient brulés. Ce qui démontre que les marins du « Korrigan » les avaient entourés d’étoupe ou de chiffons imbibés de gas-oil puis les avaient enflammés pour signaler leur présence

Ces signaux, bien visibles dans cette nuit noire ont sans doute été vus de la côte au moment du naufrage, mais ils n’ont pas été interprétés, car la personne qui en a fait mention était le plus souvent  pris de boisson. Il ne fut pas écouté et ses visions d’ivrogne, pourtant réelles,  n’ont pas été répercutées aux sauveteurs en mer de Lesconil. Ces informations m’ont été rapportées par un ancien pêcheur natif de Larvor.

Les témoins directs étant  probablement tous décédés à ce jour, il ne reste que du « bouche à oreille » et il sera très difficile de faire la part du vrai du faux, mais comme on dit, il n’y a pas de fumée sans feu ».

Depuis quelques années, j’essaye de dénouer les ficelles de ce drame pour en faire un roman, mais il y a comme une sorte « d’omerta » sur ce naufrage, comme beaucoup d’histoires des périodes sombres de la seconde guerre mondiale et de l’après. Les rancunes sont encore tenaces même de nos jours. Des familles se sont déchirées et comme le bigouden a la tête plus dure que le breton on ne connaitra sans doute jamais l’exacte vérité sur les circonstances de ce naufrage.

Le « Korrigan » informations complémentaires

Sans vouloir rouvrir des plaies encore mal cicatrisées par les familles des victimes et par la population lesconiloise, je vais vous faire part de témoignages complémentaires que j’ai recueillis auprès des habitants de Larvor en Loctudy et de Lesconil.

Ces informations complètent les informations de Monsieur Falguière Président du Comité de Sauvetage qui a rédigé le rapport concernant le naufrage du chalutier le  Korrigan le 22 janvier 1950.

Le samedi 21 janvier 1950

Comme je l’ai dit dans mon récit, tard dans la soirée, « Baudry Coz », un vieux marin de Larvor, épris de boisson, qui se trouvait sur le front de mer aurait vu les signaux de détresse au large et aurait entendu les appels des naufragés. Il en aurait fait part à d’autres personnes, qui compte tenu de la réputation du vieil ivrogne n’ont pas cru bon de prévenir les secours. Le calvaire des marins sur leur navire qui coulait ne faisait que commencer.

Deux d’entre eux, Pierre Dréau et Corentin le Cossec essayèrent de rejoindre la côte à la nage, mais malheureusement l’eau extrêmement froide eut raison de leur force et de leur courage.  On les a retrouvés le lendemain matin gisant inanimés sur la plage.

Dimanche 22 janvier 1950

De bon matin, les épaves et quatre corps sans vie sont retrouvés sur la plage. L’alerte est enfin donnée à 09h30.

Un petit caseyeurs dont ne saura le nom qui relevait ses casiers  repéra un corps flottant sur les eaux derrière les rochers des « Inizan ». Au lieu  l’embarquer à bord pour tenter de le ranimer, il le traina jusqu’au port de Lesconil. Lorsque le pauvre malheureux fut hissé sur la cale en pente du canot de sauvetage, le corps était encore tiède et il rendit l’eau ingurgitée. Ce marin n’était autre que le jeune Louis le Cossec équipier très courageux du canot de sauvetage de Lesconil que mon grand-père connaissait bien car il était formé sous sa coupe sur « l’Amiral de Maigret ». Sa perte ainsi que celle des autres membres de la famille causa à Pierre-Marie Quintric un immense chagrin.

Après ces révélations, plusieurs questions restent sans réponse et le resteront « ad vitam eternam ».

Pourquoi n’a-t-on pas cru les paroles du « vieux Tartar » ?

Pourquoi ce jeune marin fut remorqué au lieu d’être embarqué ?

De nos jours, cette tragédie aurait sans doute été évitée et son issue n’aurait pas été aussi tragique, j’en suis intimement persuadé.

l’équipage du canot « Amiral de Maigret » était composé de:

Patron: Pierre-Jean Charlot dit « Mogador »,

Sous-patron: Pierre-Marie Quintric, mon grand-père,

Les dix « galériens »: Eugène Faou, Cadiou Louis, Nicolas Quéméner, Michel Sinou, Victor Le Dréau, Alain Charlot, Jean-Marie Béchennec, Etienne Larzul, Guillaume Le Brun et Jean Le Floch.

korrigan23Rapport du Président du Comité de Sauvetage, Monsieur Falguière

terre et merhttp://www.youtube.com/watch?v=QHe_Q2NDgeg

Le patron du canot de sauvetage « Amiral de Maigret » lors de ce tragique épisode était Pierre Jean Charlot, surnommé  » Mogador » car il avait pratiqué la pêche dans de ce port du Maroc.

« Mogador » était le nom français donné au port d’ Essaouira

Essaouira est le plus important port de pêche de Méditerranée

Je remercie Madeleine le Cossec et son frère Alain Le Cossec (Il avait 18 mois le jour du naufrage) dont le père Corentin faisait partie des victimes du « Korrigan » , pour les informations et les photos qu’il ont bien voulu me transmettre.

Le souhait des familles Le Cossec et Le Dréau est qu’une plaque avec tous les membres du chalutier le « Korrigan » soit installée dans le carré des disparus en mer du cimetière de Lesconil. Il serait souhaitable que ce vœux se réalise pour leur mémoire.

La dernière sortie du canot Amiral de Maigret

La dernière sortie du canot Amiral de Maigret mentionnée dans les annales du sauvetage en mer se déroula le 27 décembre 1951 durant une tempête d’une  violence exceptionnelle. Les misainiers au mouillage derrière le brise-lame n’étaient pas à l’abri car des lames énormes passaient par-dessus, ce qui créait un important ressac mettant les chaînes de mouillage à rude épreuve. A tout moment elles menaçaient de céder.

Le malamok de 12 mètres de long, immatriculé GV 9835, jaugeant 23 tonneaux, « Messager de la paix » commença à chasser sur son ancre vers l’ilot du Men Ar Groas.

A 17h00, la mer descendant, le chalutier risquait de s’échouer sur le plateau rocheux.

Comprenant le danger, le patron Stanislas Guirriec et son équipage se rendirent à bord du malamoch à l’aide l’annexe. Le moteur fut mis en route et l’équipage tenta de remonter l’ancre. Celle-ci était crochée dans les roches sur le fond et toutes les tentatives  furent vaines.

Par manque de chance, l’amarre de l’annexe du « Messager de la Paix » se brisa. L’équipage se trouva en très mauvaise posture car la mer descendait et la nuit tombait.

Le canot de sauvetage fut mis à l’eau vers 18h00, sous les ordres de Pierre-Jean charlot ( Mogador), sous-patron, Pierre-Marie Quintric.

Les galériens: Louis Le Moigne, Pierre Quéméner, Pierre Le Lay, Armand le Brun, Prosper Quéméner,Pierre Jean le Capet quatre autres volontaires .

Plusieurs canotiers furent envoyés en renfort sur le « Messager de la paix »   pour manœuvrer les chaînes, sans résultat.

Il ne restait plus que la solution de filer la totalité des chaînes du puits et de démailler.

La perte de la chaîne et de l’ancre  était minime par rapport à la perte du malamok qui se serait brisé à marée basse sur les rochers.

Le « Messager de la Paix » fut escorté par « l’Amiral de Maigret » vers le fond du port.

Le compte rendu de cet ultime sauvetage fut rédigé par le Maitre Principal pilote Le Cam.

Le départ du dernier canot de Lesconil

« l’Amiral de Maigret » devenu obsolète car n’étant pas motorisé fut vendu le 1er septembre 1952 au Club du Centre de Formation à Paris, 8 rue Dantin, pour la modique somme de 70 000 francs. Plus tard il sera motorisé et servira de navette entre Concarneau et l’archipel des Glénan sous le nom de « Diligence ».

Pas très glorieux comme  utilisation  pour ce vaillant canot de sauvetage.

Au Glénan d’autres canots ont eu plus de chance en étant utilisés comme bateau de formation de type baleinière. Tous ces anciens canots s’appelaient tous Chose avec un prénom différent comme le « Marie Chose ».

Les sorties effectuées  par les deux Quintric Pierre Marie sur les deux canots

Pierre-Marie Quintric père et fils ont effectué 70 sorties avec les deux canots de 1881 à 1951.

P.M. Quintric Coz (vieux) : 33 sorties avec le « Foubert de Brizy » de 1881 à 1917.

Décoré de deux médailles de bronze et une d’argent avec diplôme de reconnaissance.

P.M. Quintric fils : 37 sorties avec le « Foubert de Bisy » et « l’Amiral de Maigret » dont il fut sous-patron et patron de 1917 à 1951.

Décoré de deux médailles de bronze, deux d’argent et une de vermeil avec diplôme de reconnaissance. Quelques années plus tard, il fut fait chevalier du Mérite Maritime.

C’est sous le règne du Roi Louis XVIII, qui, par une décision royale datée du 2 mars 1820, autorisa le ministre de la Marine, à décerner des médailles non portatives, en argent ou en or, aux marins s’étant signalés pour leur courage et leur dévouement en sauvant des personnes ou des biens du péril des flots.
Le 12 avril 1831, elle devient portative avec un ruban tricolore, par une décision du Roi Louis-Philippe.

Originellement, seule la médaille d’Argent existait, puis la médaille d’Or fut créée. A partir de 1849, le ministère de la Marine créa deux classes pour les deux médailles d’argent, puis en 1899 la médaille de Bronze apparut. Ce même ministère, ajouta aux cinq classes déjà existantes, une médaille de Vermeil et un Témoignage Officiel de Satisfaction (T.O.S.).

Au cours de ma carrière comme Officier Opérations sur le croiseur Colbert, j’ai reçu un T.O.S. pour le sauvetage de l’équipage d’un aéronef (type Alizé) qui  s’était abimé en mer.

La valeur de l’acte de sauvetage, au point de vue de l’attribution d’une récompense, varie suivant les circonstances.
C’est le risque couru, et non pas le succès du secours porté, qui doit servir de base d’appréciation pour classer les actes de sauvetage au regard des récompenses à accorder.
Un Témoignage Officiel de Satisfaction (T.O.S.) devant en principe, être attribué lorsqu’il s’agit d’un premier fait.
La médaille de Bronze est décernée, au titulaire d’un T.O.S. reçu pour un fait antérieur, ou à un sauveteur ayant réellement exposé sa vie.
La médaille d’Argent, pour le titulaire de la médaille précédente ayant à nouveau fait preuve de courage et d’abnégation.
La médaille de Vermeil, décernée avec extrême réserve, pour des actes d’une grande intrépidité et lorsque celui en faveur de qui elle est sollicitée a obtenu au moins deux médailles d’Argent.
La médaille d’Or, lorsqu’il s’agit de décerner un témoignage éclatant de reconnaissance publique à une personne qui a rendu, à plusieurs reprises, et au péril de sa vie, des services.

Le « tronc » (boite) de la station de sauvetage de Lesconil restauré. 

amiral de maigret

Le dicton de la S.N.S.M. que je préfère:

« Pour que l’ eau salée n’ait jamais plus le goût des larmes »

dicton de bigoudenMerci à Corentin Draoulec dit « Tintin » du « Bag Lescon »  pour les photos anciennes et les informations qu’il a bien voulu me communiquer.

Le « Bag Lescon » est une association de bénévoles de toute la commune de Plobannalec-Lesconil qui perpétuent le devoir de mémoire en remettant en état et en faisant revivre les choses du passé que le temps ou les vandales avaient dégradées.

Ses principales actions sur le patrimoine terrestre:

La « croix des amoureux » près du rocher emblématique du « Goudoul »

Cette croix fut volée par un paysan des environs pour en faire un linteau pour sa ferme.

La petite fille à droite est Anne Marie Charlot, ma grand-mère

La nouvelle « croix des amoureux »

Vous remarquerez que l’original penchait vers la mer et que celle mise en place par le « Bag Lescon » penche côté terre.

Le lavoir de « Porz ar Fuenten » à « Porz Riagat » dans les années 1920

Le lavoir de nos jours reconstruit par l’association « Bag Lescon »

Le four à goémon et les goémoniers près du rocher « Karrek an Diaoul »

Le four à séchage du goémon de nos jours

Les actions du patrimoine maritime:

Construction aux chantiers de Léchiagat d’un misainier, le « Sauveur des petits »

Ce misainier a été construit en 1992 sur les plans du misainier, le « Calmette » construit par les chantiers Le Cœur de Lesconil en 1936 et mis à l’eau en 1937. Longueur, 5.50 mètres, largeur 2.20 mètres.

Le « sauveur des petits » sous voile de misaine

Misainier au mouillage

L’annexe « Petit Sauveur » « enrochée » sur la place de la Roche à l’entrée de Lesconil

ND de la merCapitaine de Frégate (H)

Jean Claude Quideau

Les « demoiselles aux pompons rouges », le moulin de Laffaux

les demoiselles au pompon rouge, le moulin de laffauxPourquoi cette dénomination?

Ne cherchez pas un quelconque rapport avec les « belles demoiselles » qui lèvent la jambe lors des « french cancan » du Moulin Rouge, car il n’y a point de pompons uniquement des froufrous.

MOULIN ROUGECommençons par déchiffrer le terme de: « demoiselles » ?

Il n’y a pas si longtemps, le port de pêche de Lesconil avec ses soixante « Malamoks »  rentraient « plein gaz » les cales pleines de ces délicieuses « demoiselles » qui frétillaient dans les caisses.

arivée des bateauxLesconil était le premier port de pêche de France de langoustines fraiches que l’on appelait « les demoiselles  de Lesconil ».

langoustinesDébarquement des belles demoiselles

Les chalutiers de Lesconil ont presque tous déserté le port et ce terme de « demoiselles » a été repris depuis par les ports de Loctudy et du Guilvinec…   Pirates !….

Terminons par: « pompons rouges » ?

Peut-être une allusion aux œufs que les femelles portent sur l’abdomen ? Impossible, car les œufs sont verts sur la langoustine vivante. Ils ne rougissent qu’après cuisson.

La comparaison était pertinente, mais osée…

Il y a aussi un poisson que l’on nomme dans le pays bigouden « demoiselle ». Il s’agit en fait d’une espèce de « labrus bergylta » qui lorsqu’elle est  coquette est une  « labrus mixtus ». 

Pour être plus clair il s’agit simplement d’une « vieille commune ».

La couleur des vieilles diffère suivant leur environnement et leur habitat.

Et alors ou sont les pompons rouges de la demoiselle ?…..

Les pigments de la peau ?…..

Tout cela n’est pas crédible, il doit s’agir d’autre chose…

« Pompon rouge », il y a sans aucun doute un rapport avec la Marine Nationale ?

Le pompon rouge est le véritable symbole des marins qu’ils portent fièrement sur leur bonnet appelé « bachi ». Toucher le pompon porte bonheur, dit-on…

Plusieurs légendes courent sur son origine, mais ce ne sont que des légendes comme celle de l’Impératrice Eugénie:

Le 9 août 1858, l’Impératrice Eugénie était en visite sur un navire dans le port de Brest. Un très grand matelot, en se mettant au garde à vous à son passage, se heurta violemment le sommet du crâne au plafond de la coursive. Il saignait et l’Impératrice lui offrit son mouchoir en guise de pansement. Ce mouchoir taché de sang , placé sur sa tête, devint alors, en souvenir de son geste, le pompon rouge du bonnet (bâchi) du Marin.

La naissance du « bâchi » avec pompon rouge 

Au début des années 1800, L’ Amiral qui commandait l’escadre de la Méditerranée, voulut distinguer les différents équipages par des pompons de différentes couleurs, réservant la couleur rouge au vaisseau amiral. Il est fort possible que cette mesure fut à l’origine du fameux pompon rouge.

Depuis le décret du 1er avril 1808, un pompon orne le bonnet des marins (la couleur varie selon le numéro de la compagnie). Il disparaît en 1825, reparaît en 1856 sur le bonnet de travail sous forme d’une houppette. De nos jours, le pompon est toujours nomenclaturé sous le nom de « houppette » dans le service « Habillement, Casernement, Couchage » (H.C.C.) de la Marine Nationale française.

Pour un besoin technique de finir le fond du bonnet, il apparaît que la confection d’un bonnet se termine par « diminution » par un seul fil de laine et donc une seule couleur… Or la houppette initiale était constituée de fils bleus et rouges. Le « pompon » n’était en fait qu’une façon de finir l’ouvrage de laine, bien souvent tricoté par le marin lui-même. Actuellement, il est confectionné à la main par des ouvrières d’une manufacture de la Sarthe.

Le pompon a un diamètre de 8 cm, pèse 14 grammes et mesure 2,5 cm de hauteur. Il est teinté d’une couleur extraite d’une plante, « la rubia tinctorum », qui lui confère  sa couleur rouge garance.

En 1914-1918, le pompon est très gros et les brins de laine rouge sont collés sur un petit socle de bois.

Le « bâchi » des fusiliers marins ressemblait plus à une galette informe, ramolli et délavé par les pluies.

En fait,  le rapport avec « les demoiselles aux « pompons rouges » n’est pas évident, même si le lien avec la marine parait plus que probable.

Il y a pourtant une autre piste à laquelle je n’avais jusqu’à présent pas pensé, mais qu’un destin bien cruel est venu me la révéler: les Demoiselles de la Marine.

Les deux goélettes de la Marine Nationale la « Belle Poule » et sa sœur  » l’Étoile » sur qui le temps n’a pas d’âge, qui n’ont pas encore de remplaçantes dignes de leurs prestances sont appelées par les marins « les « Demoiselles ».

Les goélettes sont bien plus que des bateaux: on les appelle « les Demoiselles », car elles sont belles et on leur prête même une âme.
Elles ont su sauvegarder avec intelligence les traditions de la marine à voile et font partie du patrimoine vivant de la Marine nationale.
Aujourd’hui, comme hier et comme demain, elles hissent la toile pour éveiller le sens marin de ceux qui ont choisi de « mettre du sel dans leur avenir ».

C’est par ces quelques mots que Jean-Yves  Béquignon termine cet ouvrage, illustré de magnifiques photos qu’il a réalisées pendant son commandement de la goélette « l’ Étoile », avec d’excellents dessins d’André Rozen, commandant le groupe des goélettes et de la « Belle-Poule » pendant la même période.

Avec Jean Yves Béquignon nous étions Officiers sur le croiseur Colbert durant la guerre du Golfe. Le Capitaine de Corvette André Rozen, aujourd’hui disparu à la barre de son misainier  « Chance Vad » (Bonne Chance)  avait fait une carrière similaire à la mienne. Il était aussi résidant du quartier de Langoguen à Lesconil.

Le misainier « Chance Vad », GV 302809 d’André Rozen.

Ci-dessous le malamok « Chance Vad » des frères Cosquer avant sa déconstruction.

Le Capitaine de corvette André Rozen

Durant son adolescence, André avait été mousse sur le Malamok « Chance Vad » durant les périodes estivales.

Engagé dans la Marine Nationale, il avait fait carrière jusqu’au grade de Capitaine de Corvette. Il avait été commandant du groupe des goélettes.

hommage a A RozenPhoto d’André Rozen sur une très belle aquarelle du Peintre Officiel de la Marine, Michel Hertz.

J’ai rajouté ce paragraphe des «Demoiselles de la Marine» pour rendre un modeste hommage à André Rozen qui habitait à deux pas de mon domicile de dans le pays bigouden sur le port de Lesconil.

Croix de lescoEn fait, l’histoire des « demoiselles aux pompons rouges«  commence au début de la première guerre mondiale.

mobilisation generale 1914Lorsque la guerre de 1914 est déclarée, la Marine française dispose de fusiliers marins inemployés à bord des bâtiments de guerre car les principaux combats sont terrestres.

Pour utiliser ces hommes, il est décidé, le 7 août 1914, de créer une brigade forte de plus de 6000 hommes organisée en deux régiments qui seront les 1er et 2e régiments de fusiliers marins.

ordre de marche du bataillonLa brigade est constituée d’un État-major, des deux régiments et d’une compagnie de mitrailleuses. Chaque régiment est commandé par un capitaine de vaisseau et composé lui-même d’un état-major. Chaque régiment comprend 3 bataillons. Chacun d’entre eux est sous les ordres d’ un capitaine de Frégate. Chaque bataillon est composé de quatre compagnies de deux cents hommes chacune commandé par un lieutenant de vaisseau.

Dans les effectifs on remarque 700 apprentis fusiliers marins très jeunes (jeunes engagés ayant à peine seize ans et demi), des appelés et des réservistes, marins pêcheurs pour la plupart  du dépôt de Lorient. La première mission confiée est la défense de la Capitale et de sa banlieue d’où la garnison habituelle est partie sur le front.

maintient de l'ordre

L’extrême jeunesse des apprentis surprend les Parisiens qui leur donnent le surnom de :

« Demoiselles au pompon rouge »

fusilier marin 1914Des marins pêcheurs ou marins du commerce, qui vont se transformer rapidement en redoutables soldats de l’armée de terre. Le ciré jaune a été remplacé par la lourde capote kaki, les lignes de pêche par la baïonnette et le fusil.

Mon grand-père Pierre Marie Quintric appelé du contingent le 8 décembre 1913 (classe 13) fut affecté dans le bataillon puis dans la brigade des fusiliers marins du 2 avril 1917 au 1er mars 1919.

campagne de guerreMon grand-père Pierre-Marie Quintric

Pierre Marie Quintric fusilier marinMon grand-père et son frère Sébastien Quintric.

Pierre marie sebastien quintricLe commandement de la brigade des fusiliers marins est confié à Pierre-Alexis Ronarc’h qui vient d’être nommé contre-amiral.

amiral ronarc'hPierre-Alexis Ronarc’h est né le 22 novembre 1865 à Quimper.

A 15 ans et demi il est admis à l’École Navale. Il est nommé Lieutenant de vaisseau à 24 ans. Il participe à la campagne de Chine en 1900 en tant que commandant en second d’un détachement français de 160 marins qui résiste à la révolte des boxers. A 42 ans il est le plus jeune Capitaine de vaisseau de la marine française.

Pierre-Alexis Ronarc’h est décédé le 1er avril 1940 à Paris.

Les « Demoiselles aux Pompons rouges » de l’Amiral Ronarc’h

Le bataillon s’est particulièrement  distingué par sa bravoure dans la Somme, à Hailles, du 4 au 14 avril 1918, pendant la bataille de Hangard-en-Santerre, résistant à l’offensive allemande.

La plus belle action de guerre du bataillon , fut l’attaque et la prise du moulin de Laffaux, dans le secteur de l’Ailette, le 14 septembre au 1er octobre 1918.

BAIONETTE AU CANONLe moulin de Laffaux situé près du village éponyme est un lieu hautement stratégique qui domine la vallée de la rivière l’Aisne.

Laffaux est un petit village picard de la vallée de l’Aisne situé sur un plateau entre Laon et Soissons près de la nationale 2. Il comptait en 1914 environ deux cents âmes.

village de laffauxlaffaux 25

Laffaux est le point de départ du « Chemin des Dames » qui correspond à une petite route, actuellement la départementale D18.

chemin des damesPourquoi ce nom  « Chemin des Dames » ?

Ne cherchez pas non plus, après les demoiselles un quelconque rapport avec ces dames qui arpentent les pavés en vendant leurs charmes.

les dames du cheminchateau de la bove au 18 iemeLe château de la Bove en 1914

Le « Chemin des Dames« en 1914

tranchée allemandesOctobre 1914, les fusiliers marins partent au front

front

Pierre Loti, qui a repris du service dans l’armée de terre à l’âge de 64 ans, la marine n’ayant pas voulu le réintégrer, s’offusque du peu de considération de l’État et de la Nation vis à vis de la brigade des fusiliers marins qui dit il n’avaient même pas de drapeau.

Loti entre mer et terreLe 11 janvier 1915, Henri Poincaré remit enfin un drapeau à la brigade.

drapeu des fusmarEn raison de la guerre sous-marine, les be­soins en hommes se faisaient de plus en plus sentir dans les ports, pour l’armement des petits bâtiments, la brigade des fusiliers marins fut dissoute le 10 décembre 1915. Le Contre-Amiral Ronarc’h fut promu Vice-Amiral.

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La Marine conserva un bataillon de fusiliers-marins sur le front (900 hommes).

Le bataillon
Ce bataillon fut formé le 30 novembre 1915.
Ses commandants successifs furent :
– Le capitaine de frégate Lagrenée, jusqu’au 10 avril 1917,
– Le capitaine de frégate de Maupéou d’Ableiges (du 11 avril 1917 au 15 novembre 1917),
– Le capitaine de corvette Monier (16 novembre 1917 au 12 juin 1918),
– Le capitaine de frégate Martel (13 juin 1918 à la dissolution du bataillon).

Le bataillon fut d’abord envoyé dans le secteur de Nieuport, puis il participa aux combats :
– de Possele et Drie-Gratchen du 31 juillet au 16 août 1917,
– de Saint-Jansbeck les 26 et 27 octobre 1917,
– de La Somme, à Hailles, du 4 au 14 avril 1918, pendant la bataille de Hangard-en-Santerre, résistant à l’offensive allemande,

Enfin, sa plus belle action de guerre, l’attaque et la prise de Laffaux, dans le secteur de l’Ailette, du 14 septembre au 1er octobre 1918.

La bataille du moulin de Laffaux en septembre 1918

La reprise du moulin de Laffaux le 14 septembre 1918 d’après le compte-rendu des opérations du 9 au 14 septembre 1918 rédigé par le Capitaine de frégate Martel tiré du « Livre d’Or de la Marine pour la guerre 14/18 ».

« L’ordre n° 69/3 de la Division d’Infanterie prévoyait une attaque sur les positions ennemies depuis la tranchée du Grappin (au Sud-Est du village de Laffaux) jusqu’à la forêt de Pinon.
Pour cette attaque les troupes étaient divisées en 4 groupements :
– 1er groupement : 141 ième Division d’Infanterie,
– 2ème groupement : 3 ième Régiment d’Infanterie,
– 3ème groupement : 2 ième et 3 ième bataillons du 165 ième Régiment d’Infanterie,

– 4ème groupement : bataillon du 165 ième Régiment d’Infanterie et le bataillon de fusiliers marins, sous le commandement du Capitaine de Frégate Martel.

En exécution de ces différents ordres, le groupement qui bivouaquait (1er bataillon du 165 ième à Clamecy et bataillon de fusiliers marins à la Montinette) releva dans la nuit du 9 au 10 septembre le 3 ième R.I. dans la tranchée de départ (grappin) depuis l’ X de Laffaux en contact avec le 165 ième R.I. jusqu’en 90.29 en liaison étroite avec le 169 ième R.I. et dans les positions de soutien en arrière de la tranchée du grappin ».

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Les troupes sont prêtes à l’assaut.

PREPARATIFSL’attaque des fusiliers marins sur Laffaux est fixée à 05h50, le 14 septembre 1918.

Les fusiliers marins, désignés comme troupe d’assaut, dont mon grand-père, Pierre Marie Quintric, sortirent de la tranchée de départ d’un seul élan à l’heure exacte et collèrent au barrage roulant, bouleversant tout sur leur passage ; renvoyant à l’arrière les grenadiers du 3 ième régiment de la 1ère division prussienne d’un seul geste afin, comme l’avaient prescrit leurs capitaines, de ne pas se laisser distraire de leur tâche.

Au court de ce premier assaut, mon grand-père fut blessé à la cuisse. Il se fait soigner et repart au combat.

progression des compagniesA 05H58, huit minutes après, les troupes arrivent au moulin de Laffaux.  A 06 h13 elles sont dans la tranchée du Rouge-Gorge.

debut de l'attaque.jpgA 6h20, les premiers prisonniers envahissent le Poste de Commandement du Régiment d’Infanterie. A partir de ce moment, il en arrivera à chaque instant ; ce sont tous ceux qui sont débusqués des différents nids de mitrailleuses organisés dans les tranchées du Rouge-Gorge, du Môle, du moulin de Laffaux et de Fruty.

tranchées principalesA 7h 45, l’objectif paraît être atteint de la gauche à la droite, mais la résistance au moment de l’arrêt se fait sentir et les troupes supportent des pertes assez sévères surtout à la droite, 3ème compagnie.
Les comptes rendus des capitaines précisent l’action.

A gauche, la 2ème compagnie, sous les ordres du capitaine Valteau, a dépassé de 150 mètres la position pour la purger d’ennemis offensifs qui occupent la lisière du bois de Pinon ; elle les réduit vite et les fait prisonniers : 70 à 80 allemands.

foret de pinonA droite, le terrain à conquérir s’allonge, car la ligne à atteindre est très inclinée sur l’axe de marche ; la 3 ième compagnie (Capitaine Marrast) trouve fortement occupée la tranchée de Fruty; elle perd successivement son lieutenant (enseigne de vaisseau Dubois) et son capitaine ; le troisième officier (officier des équipages Péron) a déjà été blessé; elle reste commandée par un adjudant (premier-maître Potin) qui fait preuve, dans ces circonstances, de sang-froid, de capacités techniques hors de pair et d’aptitude au commandement. Il combat l’ennemi, se met en liaison à droite (169 ième Régiment d’Infanterie) et recherche le contact perdu à gauche. Il réussit à se maintenir dans une position très critique.

Lorsqu’à 8h10, les renseignements me parviennent au Poste de Commandement du Régiment d’Infanterie. Je décide de porter mon Poste de Commandement plus en avant.

poste radio a galèneLe chef de bataillon des fusiliers marins,le lieutenant de vaisseau Anger, m’a informé par radio. Mon plan est de le rejoindre.

Jusqu’à la tranchée du « Grappin », aucune difficulté, mais à partir de ce moment, le bombardement est général et la progression devient compliquée pour une liaison aussi forte.

Sur la route de Maubeuge que nous avons ralliée pour chercher le Poste de Commandement Anger, nous sommes pris à parti par des mitrailleuses qui nous obligent à procéder de trous d’obus en trous d’obus. Nous obliquons suivant l’axe de marche (Nord-Est) sans avoir pu apercevoir le commandant du bataillon.
Chemin faisant, nous rencontrons le premier officier blessé du bataillon, soutenu par un prisonnier : c’est le lieutenant de vaisseau Feuillade qui a la cuisse gauche traversée par une balle de mitrailleuse et qui gagne le P.S (poste de secours). Il a laissé le commandement de sa compagnie à son lieutenant blessé lui-même légèrement (enseigne de vaisseau Péron Paul). Nous nous arrêtons d’abord dans la tranchée de Fruty.

carrieres de FrutyJe me mets à la recherche du capitaine de la 2 ième compagnie, lieutenant de vaisseau Valteau, blessé mais qui a gardé le commandement de sa compagnie et qui se trouve au voisinage. J’espère avoir par lui des renseignements sur l’emplacement des troupes.

Nos recherches sont vaines et dangereuses. Je suis obligé, en compagnie de mon officier adjoint, de faire de fréquents arrêts dans des trous d’obus pour éviter les obus et les balles de mitrailleuses.

Pendant ce temps, le commandant Durand a découvert un abri bétonné vers lequel nous nous dirigeons et que nous atteignons sains et saufs. Il est 10h05.

Cet abri, dont la mitrailleuse est abandonnée au dehors, a dû être nettoyé par les éléments Valteau.

A 13 heures, les premiers renseignements commencent à me parvenir, c’est le commandant Legret du 169 ième Régiment d’Infanterie qui m’annonce qu’à 6h50 il était en liaison à gauche avec la 3 ième compagnie de marins.
A 13h50, le capitaine Valteau passe à mon poste de Commandement et me rend compte de la situation. Il a été dépassé par le 165 ième (1er bataillon), mais celui-ci n’a guère progressé et ne doit pas être à plus de 3 à 400 mètres en avant du Poste de Commandement.

positions acquisesJe rédige un message au colonel Le Bouhelec pour lui rendre compte que la progression est arrêtée et que les troupes sont trop éprouvées pour pouvoir la reprendre.

Puis, ayant constaté que je suis tout à fait à l’avant-garde des positions et qu’une contre-attaque un peu vive bousculerait le commandant et son État-major, je décide de me replier et de regagner Le Poste de Commandement du Régiment d’ Infanterie à la carrière.

En arrivant au Poste de Commandement de la Carrière, après une marche difficile, j’apprends que le bataillon de fusiliers marins doit être relevé sur sa position par le 1er bataillon du 165 ième Régiment d’Infanterie.

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Bilan de la journée pour le groupe d’assaut Martel

Le bataillon d’assaut composé du bataillon de fusiliers marins et d’une compagnie de nettoyeurs du 3 ième Régiment d’Infanterie auxquels était adjointe une section de lance-flammes s’élançant à 05h50 exactement le 14 septembre atteignit son objectif en même temps que le barrage roulant ; il déblaya 120 hectares de terre française occupée par l’ennemi, enlevant sur son passage le Moulin de Laffaux, une défense composée de cinq lignes de tranchées organisées, et occupant les carrières de Fruty en faisant de nombreux prisonniers sur son parcours et en fin de course dégageant une grande quantité de matériel de guerre représentée par des mitrailleuses, des fusils, des munitions et des objets d’équipement auxquels il convient d’ajouter un canon de 77 et un mortier de 77 pris par la 3 ième section de la 3 ième compagnie à l’est, dans la tranchée de Fruty.

positions allemandes de LaffauxLe capitaine de frégate de réserve Martel conclut son rapport par ces lignes:

« Ne visant qu’au but à atteindre, aucun d’eux n’a regardé en arrière ; animés du même désir de vaincre, ils ont bousculé l’ennemi sur une bande de terrain de 600 mètres de large et de 1900 à 2150 mètres de profondeur, et ne sont arrêtés qu’au terme assigné par le commandement. Je ne puis m’empêcher de relater l’expression d’enthousiasme qu’ils tirèrent d’un de leurs capitaines ayant plus de 3 ans de front dans les régiments d’infanterie : « Ils tirent même en marchant ».

« Ils ont soulevé l’admiration des troupes voisines avec lesquelles ils collaboraient.
Sans examiner maintenant en détails les actions d’éclat et les traits d’héroïsme qui se sont manifestés et que j’exposerai plus tard en demandant qu’ils soient récompensés, j’ai le droit d’affirmer hautement que les fusiliers marins ont maintenu la bonne renommée de bravoure qu’ils s’étaient acquise antérieurement dans les annales de la guerre ».

Signé : Martel

Rapport du lieutenant de vaisseau Anger, Commandant le bataillon de fusiliers marins, pour les opérations de la journée du 14 septembre.

« J’extrais du rapport du capitaine Valteau ce qui suit : « Nos hommes attaquant avec beaucoup de mordant, les positions allemandes comprenant 5 lignes successives de tranchées et le Moulin de Laffaux furent enlevées très rapidement. L’ennemi fortement bousculé ne se défendit que faiblement 50 minutes après l’attaque. L’objectif final de la compagnie, la tranchée de Fruty était atteint ».
« Dès notre arrivée à cet objectif, nous dépassions ce dernier pour attaquer un groupe ennemi d’environ 100 hommes qui, de la partie du bois placée au nord de la tranchée de Fruty, nous mitraillait avec vigueur. Après 3 bonds de 50 mètres et une charge à la baïonnette, la partie du bois était à nous ainsi que 70 prisonniers. Le bois purgé d’ennemis, nous reprenions en bon ordre nos emplacements d’arrivée dans la tranchée de Fruty, en liaison gauche avec le 165 ième R.I. et à droite avec des éléments de la 1ère compagnie. »
« La 3 ième compagnie a rencontré de la résistance dans le bois du Moulin et le bois de Fruty ».
« La 1ère compagnie, en soutien de bataillon, avec un peloton équipé de lance-flammes était spécialement chargée de dégager les carrières de Fruty. Cette opération terminée, la compagnie s’établissait dans des trous d’obus ».
« La section de réserve, a dû appuyer la gauche de la 2  ième compagnie pour battre l’ennemi en retraite dans la direction du Mont de Laffaux ».
« Une des pièces a été mise en batterie à l’entrée d’un abri où se trouvait un fort détachement de 150 à 200 hommes qui ont été faits prisonniers ».

Il conclut par ces mots :
« En cette journée du 14 septembre 1918, le bataillon de fusiliers marins, sortant des tranchées avec une bravoure et une coordination remarquables, a donné l’exemple de l’obéissance stricte et efficace aux ordres reçus. Il a conquis le Moulin de Laffaux où l’ennemi avait placé des troupes d’élite, mettant un point d’honneur à garder ce sommet historique, tête du Chemin des Dames. »
Signé : Anger

Liste des pertes pour la seule journée du 14 septembre 1918

Officiers:

– 3 tués : Lieutenant de vaisseau Marrast, Enseigne de vaisseau de 1ère classe Dubois, Enseigne de vaisseau de 1ère classe Le Breton,

– 6 blessés : Lieutenant de vaisseau Feuillade, Lieutenant de vaisseau Ladonne, Enseigne de vaisseau de 1ère classe Jeannin, Enseigne de vaisseau de 1ère classe Renon, Officier des Équipages de 2 ième classe Russef, Officier des Équipages de 2 ième classe Péron Gilles,

– 2 blessés non évacués : Lieutenant de vaisseau Valteau, Enseigne de vaisseau de 1ère classe Péron Paul.

Officiers-mariniers et marins:

– 36 tués ,

– 14 disparus,

– 142 blessés évacués,

– 12 blessés non évacués,  dont Pierre Marie Quintric, mon grand-père.

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Le 24 septembre, comme un bout de la tranchée de Fruty est encore occupé par l’ennemi, une section de la compagnie, sous les ordres de l’enseigne de vaisseau Le Grand, décide un coup de main pour s’en emparer. On se battit avec acharnement à la grenade pour avoir ce bout de tranchée qu’on occupa définitivement. Trois fois les Allemands contre-attaquèrent et furent repoussés, une quatrième contre-attaque très forte parvint à chasser les marins qui n’avaient plus de munitions, ayant même usé toutes les grenades allemandes qu’ils trouvèrent sous la main. L’enseigne de vaisseau le Grand fut tué.

citation de PetainLe 28 septembre, les allemands décrochent, poursuivis jusqu’à quelques centaines de mètres de l’Ailette.

Le 29 septembre, la 1ère compagnie tenta le passage du canal sans être sérieusement soutenue à droite, mais dut y renoncer devant une contre-attaque puissante déclenchée par l’ennemi, au cours de laquelle l’enseigne de vaisseau de 1ère classe Péron, commandant la 1ère compagnie et l’officier de 2 ième classe des Équipages Abaziou, commandant la compagnie de mitrailleuses, furent tués en même temps qu’un grand nombre de leurs hommes.

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 CITATION A L’ORDRE DU BATAILLON

Il fut décoré de la croix du combattant et obtint une citation à l’ordre du bataillon signé du Capitaine de Frégate Martel, Commandant le bataillon.

deco

les marins du bataillon recevant leurs décorations

Les pertes considérables du bataillon. Le bataillon de fusiliers-marins perdit près de la moitié de son effectif (430 tués et blessés), les trois quarts de ses officiers (18). Il faut souligner que les officiers du bataillon chargeaient à la tête de leurs troupes pour montrer l’exemple, ce qui était plutôt rare à l’époque.

La FauxLe bataillon après avoir été relevé par le 165 ième régiment d’infanterie, quitte les tranchées du grappin, les carrières de Fruty, le devoir accompli. Ils laissent derrière eux le moulin et le village de Laffaux en ruine, comme en témoigne les photos ci dessous.route vers le moulin

RESTES DE L'EGLISELe 1er octobre, le bataillon des fusiliers marins est envoyé au repos.

Le 8 novembre, le général Deville, commandant le 16 ième Corps d’Armée organisa à Vervins une entrée solennelle des fusiliers marins et du 165 ième régiment d’infanterie.

Le 11 novembre, jour de l’armistice, le bataillon était à Tenailles.

Le 8 décembre, à l’entrée triomphale des troupes françaises à Metz, le bataillon était représenté par un détachement de 100 hommes servant de garde à son drapeau.

Ordre n° 87 en date du 17 février 1919 du Général Barthélemy, Commandant la 29ème Division d’Infanterie
« La 29ème division perd son bataillon de Fusiliers Marins. Trois ans de souffrances communes, de dangers partagés, de glorieux combats menés côte à côte, ont créé entre le bataillon et les autres unités de la Division des sentiments d’inaltérable estime et de profonde sympathie. Son départ sera vivement regretté par tous ».
En saluant une dernière fois le drapeau du Bataillon, le Général commandant la 29ème division tient à rendre hommage à l’esprit d’absolu dévouement, d’abnégation et d’héroïsme dont les officiers et marins ont toujours fait preuve au cours de cette longue campagne.
« Dixmude, Nieuport, Poesele, le Saint-Jansbeck, Hangard, le Moulin de Laffaux en marqueront, pour les Fusiliers Marins, les étapes glorieuses ».

Signé : Général Barthélemy

Les marins rescapés montraient fièrement leur « bâchi » au pompon rouge en exhibant les casques à pointe pris aux allemands.

bachi

Je me souviens que mon grand-père avait beaucoup de déférence envers l’Amiral Ronarc’h, le capitaine de Frégate Martel ainsi que les autres officiers de la brigade et du bataillon qui se battaient au milieu d’eux, simples marins pêcheurs, appelés mobilisés devenus de féroces combattants.

petainLe bataillon rentra à Lorient le 14 février 1919 sous les acclamations de toute la population, puis fut disloqué, ne conservant qu’une seule compa­gnie. C’est sans doute celle-là qui participa aux fêtes de la Victoire les 13 et 14 juillet 1919 et défila sous l’Arc de Triomphe.

Retour du bataillon à Lorient

lorient

De retour à Lesconil mon grand-père se maria en tenue de fusilier marin avec Anne Marie Charlot le 20 janvier 1919.

Image6On peut remarquer qu’à cette époque, la coiffe bigoudenne n’avait pas encore la hauteur de celles des années 1950/1960.

Mon grand-père, après une dernière affectation à l’ École Navale  fut démobilisé le 2 septembre 1919.

Pierre-Marie Quintric, un appelé de la « classe 13 »
Du 2 aout 1914 au 2 septembre 1919, il a passé 5 années et 1 mois sous les drapeaux.
Cinq années en campagne de Guerre, dont 25 mois dans les combats de la Somme et du chemin des Dames, ce qui est absolument inimaginable et démentiel.

Au retour à la vie civile, avec son frère, ils firent construire à Lesconil un misainier pour la pêche aux crustacés entre l’archipel des Glénan et la pointe de Penmarc’h.

carte de combattantMaquette du misainier « le Laffaux » de Lesconil

laffaux (2)Ils avaient tellement souffert durant la guerre dans le bataillon des fusiliers marins qu’il était logique et normal de nommer leur bateau « LAFFAUX » en souvenir de cette mémorable bataille.

C’était surtout pour perpétuer la mémoire de leurs camarades qui avaient péris autour de ce moulin. Tous les deux, ils s’en étaient sorti sans trop de dommage, un vrai miracle au vu du grand nombre de tués et de blessés du bataillon.

laffauxLe Laffaux immatriculé dans un premier temps à Quimper navigua pendant près de trente années de janvier 1920 à septembre 1949.

PM Quintric

Les misainiers de Lesconil

les bateaux de lesconil

Louis Aragon

Aragon

listes des morts du bataillon septembre 1918La plupart de ces fusiliers marins étaient d’origine bretonne, marins des différentes marines (Nationale, Marchande et Pêche).

monument

Le « Menhir » de Laffaux

monument des fusiliers marins de LaffauxChant de marche des fusiliers-marins

chant des fusiliers marins Chaque année une cérémonie de commémoration du combat des fusiliers marins a lieu devant le « menhir » érigé à la mémoire  des fusiliers marins

ceremonie laffaux2Le village de Laffaux fut décoré de la croix de guerre et citée au journal officiel 28 octobre 1921. La commune de Laffaux est prise par les Allemands, le 1er septembre 1914 et pendant 4 ans sera le théâtre sanglant de rudes combats, d’où sa destruction totale.
Différents régiments ont combattu à Laffaux donnant un bel exemple d’inébranlable confiance dans la victoire. Deux monuments furent érigés sur la commune de Laffaux :
– Celui des « Crapouillots » en l’honneur des artilleurs de l’armée de terre ( le crapouillot était le nom donné au mortier car la trajectoire de sa munition ressemblait à celle d’un saut de crapaud).
– Celui des fusiliers marins élevé en 1938 dédié aux marins du bataillon

monuments laffaux

Pierre Marie Quintric

Balade à Lesconil sur les « rivages du sel »

balade rivages de selDe la pointe de Larvor en passant par le port de Lesconil jusqu’au rocher du Goudoul et la Grande Plage.

Pour visionner ce diaporama, cliquer sur le lien ci dessous

diaporama _balade sur les rivages de sel

Laisser vous guider dans cette balade des « sables blancs » à  » l’éléphant blanc » accompagné par une superbe mélodie  écrite par le « barde » breton Dan Ar Braz : « Borders of salt » (les frontières, les bordures ,du sel).

les sables blancs

LA PLAGE DES SABLES BLANCS. AU FOND, LE PORT DE LESCONIL

 Chantée par Hélène Morgan accompagné par le bagad Kemper.

bagad KemperLa « balade sur les rivages de sel » peut également être consultée avec mes autres publications,en particulier, l’insaisissable et non mois fameuse:

« anguilles sous roches » 

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